Mercato: Quand Dimitri Payet faisait déjà grève il y a quelques années (spoiler: ça n'avait pas du tout marché)

FOOTBALL Le milieu offensif de West Ham refuse de jouer pour le club londonien...

Romain Baheux

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Dimitri Payet fête un but avec les Verts en avril 201..
Dimitri Payet fête un but avec les Verts en avril 201.. — PHILIPPE MERLE / AFP

En quelques minutes, le temps d’une conférence de presse où son coach Slaven Bilic a déballé l’histoire jeudi matin, Dimitri Payet est passé de meilleur joueur de West Ham à gréviste prêt à tout à quitter le club londonien. Si l’envie de l’OM de le faire revenir est très importante, on est sûrs d’une seule chose pour le moment : le bonhomme a déjà refusé de mettre les crampons pour pousser ses dirigeants à le céder pronto.

On saute dans la machine à remonter le temps et les mercatos, et nous voilà le 29 janvier 2011. A deux jours de la fin de la fenêtre hivernale des transferts, le Réunionnais, alors atout offensif majeur des Verts, disparaît dans la nature. Ciblé par le PSG, le joueur somme ses dirigeants d’accepter l’offre dehuit millions d’euros des Parisiens, pas encore passés sous contrôle qatari.

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Six ans plus tard, le directeur sportif du PSG de l’époque nie toujours avoir demandé au jeune homme d’entamer ce bras de fer. « Je sais à quel point c’est insupportable pour des dirigeants d’avoir à subir cela, je me sentais embêté vis-à-vis d’eux, raconte Alain Roche. Nous, on insistait auprès de Saint-Etienne mais il a décidé lui-même, avec son entourage, de se lancer là-dedans. »

31 janvier, Payet déboule gare de Lyon

Persuadé que le club du Forez va finir par céder, Dimitri Payet clame son amour d’un « projet qui l’intéresse beaucoup » et évoque « une cassure » avec ses dirigeants. Cassure qu’il finit par ressentir quand le 31 janvier, alors qu’il a rallié la capitale par train dans la matinée, ses patrons ne répondent pas à ses appels leur intimant d’accepter l’offre parisienne. Le mercato se finit le soir même, et le joueur regagne piteusement la Loire.

«Il s'était excusé devant tout le groupe et il avait assumé les sanctions, expliquait en juin dans L'Equipe son entraîneur Christophe Galtier. Même quand c'était tendu avec lui, c'était agréable. Car Dimitri est un garçon honnête. Ce n'est pas un filou ni un fouteur de merde. Dans la vie, il est joueur comme sur le terrain. Des fois il gagne, des fois il perd, mais il assume toujours.»

La clé de cette histoire, c'est que les Verts n'avaient pas un besoin vital des huit millions d'euros du PSG. « Ça reste quand même le nerf de ces situations, souligne Roche, pas refroidi à l’époque par le comportement de l’homme. L’envie de le recruter est plus forte que ça. Mais on se dit quand même que s’il a fait ça une fois, il est capable de récidiver. »

Une phrase que doivent se repasser en boucle les dirigeants de West Ham, qui l’ont prolongé jusqu’en 2021 il y a un an et refusent évidemment de le céder. Pour espérer gagner ce bras de fer, Dimitri Payet n’a pas attendu les deux derniers jours du mercato cette fois. C’est aussi ça, l’expérience des grands rendez-vous.