PSG: Franchement, Unai Emery ne serait-il pas en train de faire taire les sceptiques?

FOOTBALL Ça n’est pas encore parfait, mais son Paris a de la gueule…

Romain Baheux

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Unai Emery lors du match entre Arsenal et le PSG le 23 novembre 2016.
Unai Emery lors du match entre Arsenal et le PSG le 23 novembre 2016. — Thomson/JMP/Shutterstoc/SIPA

Il y a des semaines comme ça où la vie d’un club s’accélère et où le poids d’un entraîneur doit se faire sentir. Unai Emery et le PSG sont en plein dedans, et pour l’instant, l’Espagnol s’en sort bien. Avec ce nul à Arsenal (2-2) et la prise de la tête de son groupe de Ligue des champions, il a montré ce qu’était « son Paris » avant l’important déplacement à Lyon dimanche. Et soyons francs, il a de la gueule.

Une équipe qui sait se relever

Une première période solide gâchée par une bourde de Krychowiak et un penalty donné aux Anglais. Une entame moyenne après la pause, puis un but contre-son-camp d’une malchance sans nom de Marco Verratti et des joueurs le nez dans le gazon. Franchement, on se disait que ça sentait le boudin et que ça allait revenir de Londres avec la deuxième place et des regrets. Ben non.

« Mon erreur nous a perturbés mais on a ensuite su se relever ensemble », admet l’international polonais. « A aucun moment, on n’a lâché », souligne Blaise Matuidi. Ce dernier, titularisé ailier gauche comme à l’aller, incarne l’un des bons choix tactiques d’Emery tant son apport offensif – une passe décisive pour Cavani – que défensif – ah, ce sens du pressing – ont pesé sur les Gunners.

Alors OK, le coach parisien s’est planté en titularisant Grzegorz Krychowiak. Mais :

  • Il a eu l’intelligence de ne pas s’entêter et l’a sorti alors que son équipe perdait pied à 2-1
  • Il a fait rentrer Hatem Ben Arfa et n’a pas hésité à passer du 4-3-3 au 4-2-3-1
  • Entre les lignes, on comprend qu’il reboosté un Lucas, « nul en première période » de son propre aveu

Résultat : Le Brésilien a été bien plus actif après la pause et a provoqué le but contre-son-camp d’Iwobi sur un corner du Français. Alors, on dit bravo Unai ? « Je suis très content de l’esprit montré par l’équipe » a juste lancé l’Espagnol.

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Une équipe qui dégage quelque chose

Quatre tirs pour Arsenal, quinze pour le PSG et 45 premières minutes d’une extrême solidité. « On n’a pas encore gagné de gros matchs cette saison, mais au niveau du contenu, c’est comme une victoire », se félicite Blaise Matuidi. De la défaite à Monaco en août en passant par le nul à la maison contre les Anglais et ce 2-2, les Parisiens ont progressé à chaque sortie contre les « gros », montrant qu’ils comprenaient de mieux en mieux les demandes de leur coach.

Les Parisiens fêtent le but de Lucas contre Arsenal le 23 novembre 2016.
Les Parisiens fêtent le but de Lucas contre Arsenal le 23 novembre 2016. - Greenwood/IPS/Shutterst/SIPA

« On les a souvent mis en danger par notre possession et notre pressing », poursuit Blaise Matuidi. Quelques mètres plus loin, Marco Verratti se félicite « du grand nombre d’occasions des Parisiens ». « On a mis beaucoup d’intensité. Si ça continue comme ça, on peut aller loin. » Preuve ultime ? La bénédiction d’Arsène Wenger : « On a joué contre une équipe de grande qualité, et on a eu du mal à trouver la bonne place sur le terrain. »

Tout ça se testera très vite, entre Lyon dimanche, la capacité des Parisiens à prendre la tête de la Ligue 1 et à moyen terme, l’avenir du PSG en Ligue des champions. Mais en se plaçant à une victoire à domicile contre les Bulgares de Ludogorets le 6 décembre, Emery a presque rempli son objectif le plus important de cette première partie de saison.

Une équipe où tout le monde semble tirer dans le même sens

On n’est pas dans l’intimité du vestiaire, mais dans la zone mixte de l’Emirates on a parlé à des mecs plutôt solidaires. On a vu Marquinhos défendre le pourtant difficilement défendable Grzegorz Krychowiak, Thiago Motta souligner spontanément la bonne entrée d’Hatem Ben Arfa, le directeur du football Patrick Kluivert passer l’éponge sur les nouveaux ratés de Cavani et Emery trouver le moyen de vanter la -pourtant très discrète- entrée de Jesé.

« Il n’y a aucun joueur à retirer du PSG, lance Thomas Meunier, titularisé à la place d’Aurier, dont le visa avait été refusé par le ministère de l’Intérieur britannique. Tous ont la même valeur. C’est d’un très haut niveau. Chacun peut remplacer un autre. On ne devait pas douter à cause des blessures de Di Maria, Pastore et l’affaire de Serge. » En tout cas, Unai Emery a tout fait pour l’éviter.