France-Suède : Les Bleus peuvent dire merci à Payet (ça ne vous rappelle rien ?)

FOOTBALL L’équipe de France s’en est sortie très difficilement face à une très bonne équipe de Suède (2-1)…

Julien Laloye

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Dimitri Payet a permis à la France de venir à bout de la Suède, vendredi au Stade de France
Dimitri Payet a permis à la France de venir à bout de la Suède, vendredi au Stade de France — FRANCK FIFE / AFP

Au stade de France,

Ce fut dur, beaucoup plus qu’annoncé. Un temps, on a même pensé au drame, une défaite qui aurait remis en cause toute la hiérarchie de ce groupe A et obligé la France à cravacher jusqu’au bout, une sale habitude quand il faut aller se qualifier pour une Coupe du monde. Mais la bande à Deschamps a tout renversé en cinq minutes grâce à Pogba et Payet. La voilà en tête de sa poule avant un dernier match amical contre la Côte d’Ivoire mardi. Cette fois, il ne s’agira que de plaisir.

>> Le match à revivre en direct comme à la maison (2-1)

Ce qu’on n’avait pas prévu : une équipe de Suède qui joue au foot

La dernière fois que la Suède avait visité le Stade de France, cela avait donné un match à vomir contre l’Irlande, peut-être le pire du dernier Euro. La faute à une équipe sans idées et sans plan de jeu à part centrer sur Zlatan en espérant que ça marque sur un malentendu. Et bien avouons que sans son dictateur préféré, la Suède s’est drôlement améliorée en six mois. Elle a défendu en bloc et de manière intelligente, sans jamais oublier de diffuser une menace constante sur le but français. Avant le coup-franc «juninhesque» de Forsberg qui a réussi à nous faire douter de Lloris, injouable au mannequin challenge sur le coup (54e), il y avait déjà eu un sauvetage de Koscielny devant Toivonen (23e) et un gros frisson sur un duel sagouiné par le Bordelais Thelin face à Lloris. Récente championne d’Europe chez les espoirs, la Suède n’aura peut-être pas à attendre le prochain Ibrahimovic pour exister au haut niveau.

Ce qu’on avait prévu : qu’on allait encore remonter, pardi

L’équipe de France a visiblement décidé de jouer ses éliminatoires en se fixant un petit challenge pour corser l’affaire. Attendre de prendre le premier but au Stade de France pour se bouger les fesses. Comme face à la Bulgarie il y a un mois de ça, les Bleus ont passé la deuxième une fois menés. Tout est allé plus vite sans prévenir et le mur jaune a cédé presque immédiatement, avec un peu de chance, il faut le dire. Le coup-franc de Payet sur Pogba était imparable, et sans l’arbitrage très permissif de M.Mazic, qui n’avait décidé de relever que les crimes de guerre, la charge de Griezmann sur le gardien suédois aurait été sifflée avant le deuxième but inscrit par Payet. Ce renversement de situation avait d’ailleurs des airs de France-Roumanie de juin dernier. Griezmann et Giroud n’ont pas pesé beaucoup, et le Réunionnais s’est occupé de tout. Same old story.

Ce qu’il faudrait prévoir : un plan B quand le plan A marche pas

Avec le retour de Giroud et sans compter celui de Varane, qui aurait dû être là, Deschamps a retrouvé peu ou prou l’équipe qui a été à un poteau de lui faire gagner le championnat d’Europe, dans ce 4-3-2-1 imaginé pour placer Griezmann dans les meilleures conditions possibles. Cela n’exonère pas le staff tricolore de réfléchir à une alternative : parfois, les Bleus frisent un peu la caricature avec Payet et Sissoko qui rentrent à l’intérieur et des latéraux qui centrent à tort et à travers pour personne si ce n’est les grandes gigues suédoises qui n’attendaient que ça. Malgré cet entêtement visible et des niveaux individuels disparates (Sissoko et Giroud pas au top), DD n’a fait qu’un changement anecdotique à cinq minutes de la fin (Kanté pour Griezmann). Il y avait pourtant des profils intéressants sur le banc pour essayer autre chose. Mais Dembélé, Fekir et Gameiro ont stressé jusqu’au bout… sur le banc.

En bonus : La Marseillaise a cappella et la minute de silence en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre. Deux belles émotions pour commencer la soirée