Equipe de France: Adrien Rabiot maîtrise tellement bien sa communication, c’est indécent

FOOTBALL Le milieu de terrain parisien a donné sa première conférence de presse de joueur international…

J.L.

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Adrien Rabiot > Louis XIV
Adrien Rabiot > Louis XIV — Montage/20 minutes (featuring Rigaud)

A Clairefontaine,

C’est une image qui nous vient souvent à l’esprit quand on voir jouer Rabiot, et encore plus quand on l’entend parler. Son visage à la place de celui de Louis XIV dans le célèbre tableau de Rigaud. Parce que le gars court la tête haute, et parce que tout ce qu’il raconte ressemble à une conquête du pouvoir irrémédiable, comme si tout lui était dû depuis toujours. Rien de péjoratif dans cette remarque. Si le garçon pouvait parfois piquer des crises d’adolescent pré-pubère à ses débuts, il garde désormais un équilibre parfait en toutes circonstances. Sa première à Clairefontaine, par exemple, était un véritable sans faute truffé de messages cachés. Extraits.

Adrien Rabiot > Louis XIV
Adrien Rabiot > Louis XIV - Montage/20 minutes (featuring Rigaud)

Phase 1 : Faire preuve d’humilité, le plus possible


C’est la figure imposée aux petits nouveaux du groupe France. Passer derrière tout le monde à la cantine, prendre la dernière chambre disponible du château, dire bonjour au petit personnel, bref la jouer profil bas en attendant de faire partie des meubles. Rabiot, déjà présent en mai avant l’Euro, pourrait passer à l’étape d’après mais il a l’intelligence de rester à sa place.

« J’ai beaucoup à apprendre ici. Je possède un autre statut en club, mais j’ai beaucoup de respect pour ceux qui sont déjà là. Je suis venu pour prendre mes marques ».

Phase 2 : En faire beaucoup sur l’amour du maillot


Ca ne coûte rien, et c’est important, en ces temps de patriotisme exacerbé. Rappeler qu’on aime le maillot bleu, voire qu’on se prosternait devant chaque soir avant d’aller se coucher quand on était petit.

« Je ne pensais pas qu’il y avait la photo officielle, quand on est dessus, on se dit qu’on fait partie d’un groupe qui représente son pays au plus haut niveau, entouré des meilleurs. C’est un sentiment spécial. Je suis vraiment très heureux ».

Phase 3 : Rappeler qu’un entraînement, ça sert à gagner sa place, pas à faire des photos


Quand on s’entraîne tous les jours avec le PSG, un tennis ballon à Clairefontaine ne doit pas être bien effrayant. N’empêche, le faux pas est vite arrivé. Dhorasoo a été blacklisté pendant cinq ans pour avoir osé un petit pont sur Deschamps du temps de sa splendeur. Il faut donc se montrer tout en restant discret, sachant que DD n’accorde qu’une importance relative aux mises en place d’avant-match. On peut y perdre sa place, à la rigueur (cf Mangala pendant l’Euro), mais difficilement la gagner.

« J’ai hâte de commencer l’entraînement, c’est court, j’ai envie d’en profiter au maximum. Mais je n’ai pas envie non plus d’en faire trop. Je suis venu pour montrer ce que je sais faire. C’est sûr que le niveau technique doit être proche de celui du PSG, mais je pense que je peux apprendre de chaque joueur ».

Phase 4 : Mettre la pression sur le sélectionneur l’air de rien


Là aussi, un exercice difficile duquel Rabiot s’est relativement bien tiré en évoquant sa préférence dans son positionnement sans en faire une condition définitive, puis en rebondissant subtilement sur une question d’un collègue : le deuxième match du rassemblement est un amical (contre la Côte d’Ivoire), DONC c’est plus facile pour faire rentrer le petit dernier. N’est-ce pas Didier ?

« Je préfère jouer en tant que relayeur dans un 4-3-3, qui est le système que je maîtrise le mieux, mais je sais aussi jouer en 4-4-2 s’il le faut. Si on fait appel à moi, je répondrai présent. J’aimerais honorer ma première sélection, c’est peut-être plus facile en amical, mais si je n’entre pas, ça me motivera encore plus pour revenir la fois d’après ».

Phase 5 : Ne SURTOUT pas personnaliser le débat


Au PSG comme en équipe de France, tout le monde a bien compris qu’à terme, Rabiot remplacerait Blaise Matuidi. Parce qu’il est plus juste techniquement et qu’il est presque à son niveau athlétique, LA grande qualité de Blaisou. Mais ça, tout le monde a le droit de le penser sauf Rabiot, qui joue parfaitement le rôle de l’élève désireux d’apprendre.

« Blaise c’est un modèle, on peut le voir comme un rival aussi car on évolue au même poste, mais c’est surtout un exemple, un mec qui ne lâche jamais rien. C’est la bonne mentalité, il nous tire vers le haut. Avoir des joueurs comme ça devant moi c’est bénéfique »