Nice-Lyon: On a parlé à l’auteur de polar qui permet à Favre de rouler sur la L1

FOOTBALL L’entraîneur de l’OGC Nice se détend les jours de match en lisant la trilogie de Bernard Minier…

Julien Laloye
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Lucien Favre, l'entraîneur de Nice, en septembre 2016.
Lucien Favre, l'entraîneur de Nice, en septembre 2016. — CIAMBELLI/SIPA

De Lucien Favre, l’entraîneur suisse de l’équipe frisson du début de saison, l’OGC Nice, on pensait tout savoir. Son génie tactique, , sa volonté de faire jouer les jeunes, son sens de la pédagogie pour faire revivre Mario Balotelli. Mais on était peut-être passé à côté de l’essentiel.  , auteur d’une trilogie à très grand succès ces dernières années (Glacé, Le Cercle, N’éteins pas la lumière, aux éditions Xo). Vous vous demandez ce que les lectures de l’ancien coach de Mönchengladbach viennent faire dans ce papier ? On y vient, avec l’aide de Daniel Jeandupeux, ancien sélectionneur de la Näti et grand pote de Favre.



« Un jour, on prend des nouvelles au téléphone, et il me dit : "Daniel, j’ai découvert un livre incroyable en ce moment. et je le lis les jours de match pour échapper à la pression, ça marche du tonnerre." Il avait raison, c’est bluffant. » Un bon polar au bon moment. Et si on tenait le secret   (avant que ça change) ? On s’est renseigné sur le phénomène directement à la source avec Bernard Minier, amusé par la proposition. « Je ne savais que j’inspirais les entraîneurs de foot, mais c’est une bonne surprise. Je suis plutôt supporter de Monaco, mais avec ce que vous m’apprenez, je vais être à fond derrière Nice. »

 

Tout le contraire  de ses enquêtes policières, le commandant Servaz. « Plutôt le genre à faire des citations latines et à écouter de la musique classique, un type hors du temps et un peu élitiste qui déteste le sport. D’ailleurs, dans le deuxième tome, qui se déroule pendant la Coupe du monde 2010, mon personnage se retrouve obligé d’emmener ses collègues regarder le match des Bleus alors qu’il n’en a rien à faire. » Dommage : ce n’est donc pas Servaz qui a eu l’idée de faire jouer Nice en 3-5-2 à partir d’un indice trouvé sur les lieux du crime.

Mais alors qu’est-ce qu’on trouve dans ce polar qui peut servir pour inspirer Jean-Michel Séri  le soir venu à l’Allianz Rivera ? Bernard Minier a pris le temps d’y réfléchir avant de nous parler. « N’allez pas écrire que c’est évident et que je conseille mes livres à tous les entraîneurs de L1, mais un meneur d’homme peut se retrouver dans le personnage de Servaz. Il s’agit d’un exemple pour ses collègues, très dévoué à son métier, un type droit qui ne transige pas, avec certaines qualités morales et une véritable opiniâtreté. » Deuxième élément, l’histoire se déroule à chaque fois dans la région toulousaine,   lorsqu’il était joueur.

 

« Je vis dans le coin aussi, et c’est vrai que ça a participé à mon intérêt, confirme Jeandupeux. Mais il faut d’abord prendre cette trilogie comme un formidable moyen d’accélérer le temps lors des avant-matchs.  pour un entraîneur. On ressent la pression et on est parfois tétanisés par l’enjeu. Je me souviens d’une fois où j’avais eu l’impression de me faire une entorse sur mon canapé, tellement j’étais mal. Quand Lucien m’a dit que lire Minier l’aidait à oublier à ce qui l’attendait, je me suis dit que je devais essayer. Je n’ai pas été déçu, on ne pense qu’à ça quand on est dedans ». Et plus du tout   Nabil Fekir ou Alexandre Lacazette dans l’arrière-garde niçoise vendredi soir.