Euro 2016: France-Portugal, est-ce qu’on peut reprocher quelque chose aux Bleus ?

FOOTBALL L’équipe de France s’est inclinée face aux Portugal en prolongations après avoir longtemps dominé les débats (0-1) en finale de l'Euro 2016…

Julien Laloye

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Giroud et Griezmann ont manqué de réalisme contre le Portugal.
Giroud et Griezmann ont manqué de réalisme contre le Portugal. — Michael Sohn/AP/SIPA

Au Stade de France,

C’était ce qu’on s’était dit avant, et on continue à le dire après. La France était meilleure que le Portugal, elle a fait le match qu’on attendait d’elle, et si on devait rejouer cette finale de l’Euro, sans doute la gagnerait-elle neuf fois sur dix. C’est d’ailleurs le plus triste, finalement, on a beau chercher, que reprocher aux Bleus après cette défaite crève-cœur, au-delà des limites qu’on leur connaissant avant dimanche et qui n’allaient pas disparaître par magie ? Pas grand-chose.

Est-ce que les Français sont passés à côté ? Non

Leur entame de match a même été très séduisante, dix premières minutes qui nous ont laissées penser que la remarquable organisation tactique du Portugal ne résisterait pas au talent individuel offensif des Bleus. On a eu droit à l’opposition qu’on attendait, entre une équipe capable de pousser fort par à-coups et une autre capable d’encaisser les vagues adverses sans broncher. Les Bleus n’ont pas concédé une seule occasion (vraiment) dangereuse avant le but d’Eder tout en créant un danger constant sur celui de Rui Patricio, c’est donc le signe qu’ils ont su garder un certain équilibre. Personne ne s’est fait manger par la pression et tout le monde a évolué à son niveau, ou à peu près.

Deschamps : « Je n’ai rien à reprocher à mes joueurs, ça s’est joué à peu de choses. Cette finale, on l’a jouée, pas de regrets par rapport à ça. L’équipe n’était pas tétanisée. On n’a pas raté notre match contre une équipe qui sait faire déjouer l’adversaire ».

Est-ce qu’ils auraient pu mieux faire sur leurs occasions ? Franchement, non

On les a disséquées une par une

  • La première tête de Griezmann : Il ne peut pas mieux la mettre, Rui Patricio est monstrueux.
  • Les frappes de Sissoko : Elles auraient pu faire lucarne, ok. Mais bon, comme en vouloir à l’ancien toulousain, le meilleur joueur du match et de loin.
  • La deuxième tête de Griezmann : Sur l’instant, elle semble immanquable pour un joueur aussi fort dans le jeu aérien. Sur le ralenti, on s’aperçoit que le ballon arrive un tout petit peu derrière, ce qui empêche le Madrilène de rabattre sa tête comme il l’aurait souhaité, d’où ce ballon qui file au-dessus.
  • Le poteau de Gignac : Tout est splendide dans l’action… sauf cette frappe écrasée (et un peu ratée). Mais c’est aussi parce qu’elle est ratée que surprend Rui Patricio et Pepe, qui auraient sans doute été sur la trajectoire.

 

Matuidi : « Ça c’est joué à peu de choses, on a vu qu’on s’est procuré des occasions, il nous a manqué un peu de fraîcheur, un peu de jus, on va dire. Malgré tout, on a eu des opportunités de marquer, on a eu le ballon plus qu’eux ».

Est-ce que le coaching de Deschamps aurait pu être meilleur ? Un (tout) petit peu

Et encore, c’est pour être tatillon. On aurait lancé Martial avant Gignac, pas transcendant depuis le début, mais l’ex-Marseillais a eu la balle de match au bout du pied. Sinon, Coman est entré très vite à la place d’un Payet fatigué, et tous les autres étaient irréprochables. Avec ces 23 là et vu la tournure du match, Deschamps n’avait pas grand-chose d’autre à proposer. Et on ne peut pas lui reprocher d’être reparti avec les onze qui avaient battu l’Islande et l’Allemagne.

Est-ce que le but d’Eder était évitable ? Oui, forcément

On ne sait pas qui répétait sans cesse comme un mantra « le jeu demande faute », mais c’est la vérité éclatante du but d’Eder, ou plusieurs joueurs tricolores ont fait la toute petite erreur qui coûter cher.

  • Koscielny a pris un jaune (immérité) sur l’action d’avant, alors il se retient un peu au duel.
  • Umtiti est surpris que son coéquipier soit éliminé et il oublie de monter pour gêner Eder dans sa frappe.
  • Lloris à son tour ne se détend peut-être pas assez vite, lui aussi surpris par les deux mauvais choix de sa défense centrale.

La morale de ce match ? On a eu ce qu’on attendait, et les Bleus ont manqué de réalisme, c’est le foot, c’est pour ça qu’on l’aime, c’est pour ça qu’on le déteste là tout de suite. Mais pas la peine de crier à l’injustice où de se plaindre du spectacle proposé par le Portugal. Payet a eu une réflexion très juste en passant : « On a les occasions, on tape le poteau, c’est ce qui fait les matchs comme ça. Contre l’Allemagne, c’est ce match-là mais dans l’autre sens ». Dit autrement, un coup ça sourit, un coup non. La France n’avait pas assez de marge pour gagner sans compter sur la chance. Celle-ci nous a laissé en rade au pire moment.