Euro 2016: Tristesse éternelle pour les Bleus, ça va être dur de se remettre de ce France-Portugal

FOOTBALL Le Portugal a remporté l'Euro en prolongation, grâce à un but d'Eder...

Julien Laloye et Nicolas Camus

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Le remplaçant Eder a permis au Portugal de battre la France et remporter l'Euro (1-0 ap), le 10 juillet 2016 au Stade de France.
Le remplaçant Eder a permis au Portugal de battre la France et remporter l'Euro (1-0 ap), le 10 juillet 2016 au Stade de France. — Frank Augstein/AP/SIPA

Au Stade de France,

C’est terrible, parfois, le football.Il peut rendre fou d’excitation, d’espoir, de rêve d’une soirée pour l’éternité, et puis tout reprendre, comme ça, en une seconde. C’est ce qu’ont vécu les Bleus et tous les Français, hier, quand Eder, dans la seconde période de la prolongation, a déclenché une frappe des 25 mètres qui a trompé Lloris (109e). C’est toujours un crève-cœur de perdre une finale, mais alors de cette façon… Les Français n’ont pas été étincelants mais ont montré infiniment plus que les Portugais. Gignac aurait pu les récompenser, mais le poteau n’était pas d’accord (91e). Quand les larmes auront séché, on pourra parler de cette génération Griezmann amenée à grandir, encore. Mais c’est encore trop tôt ce soir. Bravo au Portugal, qui ramène au pays le premier titre de son histoire.

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Ce poteau de Dédé Gignac, on va en pleurer des nuits entières

Des années même. On jouait les arrêts de jeu d’un match beaucoup trop stressant, et l’ancien marseillais, entré juste avant, a fait le geste parfait. Contrôle dos au but en s’appuyant sur Pepe, feinte de tir pour mettre dans le vent le défenseur du Real Madrid et frappe au premier poteau, le seul endroit où il restait encore un peu de place. Malheur de malheur, sa frappe écrasée juste comme il fallait prenait le poteau de Rui Patricio plein pot. Les Bleus, qui pouvaient déjà regretter une tête un tout petit peu trop enlevée de Griezmann autour de l’heure de jeu, ont été à cinq centimètres, dix maximum, de remporter leur Euro. En prolongations, ils ne se sont jamais approchés aussi près de la surface portugaise. Leur chance était passée.

Rui Patricio, tu nous as mis les glandes

C’est souvent la même histoire avec les gardiens portugais depuis Vitor Baia. Ils ne ressemblent pas à grand-chose, personne n’en veut en dehors du Sporting ou de Benfica, et puis ils te sortent un match à la Neuer sans prévenir. Notre ami Rui Patricio a dégoûté les Bleus à lui tout dimanche soir. Sa première parade, peut-être la plus belle, a donné le ton (10e).Une claquette en reculant sur une tête lobée de Griezmann remarquablement dosé. Il a continué son chantier devant Sissoko, deux frappes qui venaient sur lui (33e, 83e), et surtout devant Giroud, lancé comme dans un fauteuil par Griezmann (64e). Si la France pleure toutes les larmes de son corps ce soir, c’est aussi à cause de Rui Patricio.

Eder, le héros improbable

Ses allures de grande girafe infoutue de contrôler un ballon ont suscité les moqueries depuis son arrivée à Lille, en janvier. Mais ça, Eder, s’en fout. Sifflé par ses propres supporters avant l’Euro, l’avant-centre portugais a tout changé dans cette finale. Il a fait du petit bois d’Umtiti dans les airs, a obtenu le coup franc (qui n’y était pas) envoyé par Guerreiro sur la barre, avant son chef-d’œuvre : un contrôle orienté humiliant sur la tête de Koscielny, Umtiti qui ne monte pas assez vite pour empêcher le drame, et une frappe soudaine dans le petit filet de Lloris. Le dernier héros de cet Euro est aussi improbable que son équipe, l’une des moins spectaculaires de la compétition. Pourtant, c’est bien le Portugal qui est champion d’Europe, il va falloir s’y faire.

La sortie sur blessure de Ronaldo, l’instant tristesse

Qu’on l’aime ou pas, le voir sortir comme ça aux prémices de ce qui représentait sans doute sa dernière chance de remporter un titre avec sa sélection, c’était un crève-cœur sans nom. La finale de Ronaldo a duré moins de dix minutes, le temps de voir son genou tourner méchamment sur une charge virile de Payet, qui avait d’abord pris le ballon. La star du Real Madrid a essayé de revenir, deux fois, mais c’était peine perdue. Sa sortie prématurée n’a pas été un bienfait pour le spectacle : pour le dire gentiment, l’absence rapide de CR7 n’a pas encouragé le Portugal à tenter des folies dans le camp français, déjà que ce n’est pas une équipe follement joueuse au départ.