Euro 2016: Sérieux, ce serait pas le meilleur coach du monde, Antonio Conte?

FOOTBALL La réussite du sélectionneur italien depuis deux ans a connu son apogée (pour l'instant) face à l'Espagne, en 8e de finale de l'Euro...

Nicolas Camus
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Antonio Conte laisse éclater sa joie, devant son banc de touche, après la qualification de l'Italie face à l'Espagne (2-0) en 8e de finale de l'Euro, le 27 juin 2016 au Stade de France.
Antonio Conte laisse éclater sa joie, devant son banc de touche, après la qualification de l'Italie face à l'Espagne (2-0) en 8e de finale de l'Euro, le 27 juin 2016 au Stade de France. — Francois Mori/AP/SIPA

Antonio Conte, capitaine adoré de la Juventus Turin pendant de nombreuses années à la fin du siècle dernier, était un brillant milieu de terrain. Eh bien, sur le banc, c’est encore mieux. Honnêtement, ce que fait cet entraîneur est très impressionnant. Arrivé à la tête de l’Italie en 2014 après avoir passé trois ans à marcher sur la Série A avec la Juve, il a fait de cette sélection sans Fuoriclasse une vraie équipe, qui vient de tranquillement sortir l’Espagne en 8e de finale de l’Euro après un match quasi parfait. Tout sauf un hasard, à l’écouter.

« Depuis le début, il y a deux ans, j’ai toujours dit que le seul chemin qu’on pouvait suivre pour connaître des satisfactions serait de fonctionner comme un club, pas une simple sélection. Il est inutile de cacher qu’on vit en Italie une période difficile au niveau du talent. On doit donc se débrouiller autrement. Cela a été une bataille pour faire comprendre les choses. Aujourd’hui, on est une équipe, et je suis content. Les joueurs ont tellement donné, ils ont tout mis en œuvre pour surprendre les gens. Et ils y sont parvenus. »

Conte ne dira jamais que c’est grâce à lui. Il préfère mettre en avant ses joueurs, toujours. Alors pour comprendre son importance dans cette vitalité retrouvée de la Squadra, il faut aller directement en parler à ses protégés. « Il nous donne quelque chose en plus à l’intérieur de nous », juge Chiellini, premier buteur du jour. « Le Mister est très important. C’est un entraîneur qui sait donner une idée de jeu claire, qui motive toujours plus ses joueurs, complète Bonucci. On a moins de bons joueurs, il fallait former une équipe avec un projet de jeu bien défini. Et pour ça, il est un maître en la matière. »

Les hommages sont toujours plus beaux après une victoire, c’est vrai, mais ce qu’on a vu sur la pelouse du Stade de France correspond parfaitement à ces propos. Dans le jeu, déjà, avec des Italiens intraitables derrière, qui n’hésitent pas à se projeter à quatre ou cinq très vite devant pendant 90 minutes et qui ne se trompent jamais. «Je veux les rendre plus serein, alors on prépare les rencontres sur tous les points», dit le coach. 

Dans l’attitude, aussi. Observer Conte dans sa zone technique - voire un peu en dehors, presque sur la ligne de touche - en train de crier, replacer, engueuler, s’exciter, taper dans le ballon quand il est énervé, c’est un spectacle hallucinant. Et un souffle infini pour son équipe.

« Je suis comme un animal au bord du terrain, en plaisante l’intéressé. Mais c’est parce que je suis quelqu’un qui a beaucoup d’affections pour les personnes avec qui il travaille. » On ne peut pas lui enlever ça. La prochaine étape pour lui, c’est la préparation du quart de finale contre l’Allemagne. « La meilleure équipe de cet Euro, et de loin », dit-il. S’il nous refait le coup de l’Espagne, là on pourra définitivement crier au génie.