Euro 2016: L'Italie sort l'Espagne après une improbable démonstration

FOOTBALL Les Italiens l'ont emporté 2-0, et ça aurait pu être bien pire pour les tenants du titre...

Nicolas Camus
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la joie de Chiellini après le premier des deux buts de la victoire italienne face à l'Espagne, le 27 juin 2016 au Stade de France.
la joie de Chiellini après le premier des deux buts de la victoire italienne face à l'Espagne, le 27 juin 2016 au Stade de France. — Antonio Calanni/AP/SIPA

Au Stade de France,

N’ayons pas peur de le dire, l’Italie est merveilleuse. Oh, on la pensait bien capable d’embêter l’Espagne, lundi, dans le choc des 8e de finale de l’Euro. Et pourquoi pas de la battre, même, avec sa légendaire solidité défensive et un petit brin de réussite. Mais l’éliminer après une telle démonstration, que le score final de 2-0 ne reflète même pas, ça jamais. « J’ai applaudi les joueurs en rentrant aux vestiaires, raconte Antonio Conte. Ils ont fait quelque chose de grand, de très grand. »

Il fallait être sacrément fort, ou fou, pour imaginer les Italiens capables de marcher ainsi sur les tenants du titre. Ces derniers ont eu beau se bouger un peu plus dans la dernière demi-heure, ça n’enlève rien à l’impression générale laissée par cet affrontement. L’Italie, à l’image de son bouillonnant sélectionneur Antonio Conte, a mangé son adversaire du début à la fin. Le premier but du match en est la démonstration. Certes, De Gea n’est pas irréprochable en repoussant le coup franc d’Eder juste devant son but, mais il n’a pas été aidé par ses défenseurs, devancés par les morts de faim Giaccherini et Chiellini. C’est le second qui la poussera au fond, pour un but dix fois mérité (33e).

Il ne faut pas être trop dur avec De Gea. Car si l’Espagne n’est pas rentrée au pays avec trois ou quatre buts de plus dans les valises, c’est grâce à lui. Un retourné de Giaccherini dévié sur son poteau (11e), un ballon sorti de sa lucarne sur une frappe de ce même Giaccherini (45e), un face-à-face remporté devant Eder (55e)… On va s’arrêter là, mais ça donne un bon aperçu de la performance énorme de l'Espagnol, et par la même occasion du jeu déployé par cette Italie qu’on disait défensive et qui n’a jamais hésité à débouler à cinq joueurs dans la surface adverse. « On a mis de l’agressivité, mais pas que. On a même été beaux à certains moments ! » estime Bonucci. Il a raison.

Pour l’Espagne, la fin de règne est définitivement entérinée. Deux ans après avoir perdu son titre de champion du monde, elle lâche celui de champion d’Europe face à l’équipe à qui elle avait mis 4-0 en finale. Cette dernière a bien meilleure tête aujourd’hui. Ça tombe bien, son parcours du combattant ne fait que commencer. C’est désormais l’Allemagne qui l’attend en quarts de finale, et on ne sait pas pourquoi mais on a l’impression qu’il n’y a qu’elle pour sortir les champions du monde.