PSG: Voilà ce qu'on retiendra du passage de Laurent Blanc à Paris

FOOTBALL Le technicien aura engrangé les trophées, mais échoué en Ligue des champions…

V.B.

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Au PSG, Laurent Blanc a été élu deux fois meilleur entraîneur de Ligue 1.
Au PSG, Laurent Blanc a été élu deux fois meilleur entraîneur de Ligue 1. — Michel Euler/AP/SIPA

Le faux suspense a pris fin. Le PSG a divorcé officiellement ce lundi avec son entraîneur Laurent Blanc. Une étape préalable à des fiançailles attendues avec l’ancien stratège du FC Séville, Unai Emery, qui remporté les trois dernières Ligue Europa. Que retiendra-t-on des trois saisons de Blanc dans la capitale ? Des trophées, une polémique, et des échecs en Coupe d’Europe qui lui ont coûté son poste.

Sa petite palanquée de trophées

Ses derniers titres dataient de 2009 avec les Girondins de Bordeaux. A la tête de l’armada parisienne, Blanc en aura conquis bien d’autres : onze depuis l’été 2013, dont deux quadruplés Ligue 1-Coupe de France-Coupe de la Ligue-Trophée des champions ces deux dernières saisons. Par ailleurs, le Cévenol aura été sacré deux fois meilleur entraîneur du championnat par l’UNFP, en 2015 et 2016. Cette « conquête laissera une trace importante dans la grande histoire du PSG », lui a rendu hommage ce lundi Nasser Al-Khelaïfi, le président du club. « Je souhaite le meilleur pour le PSG et ses supporters ainsi que bonne chance à mon successeur », a indiqué Blanc dans la foulée.

Sa gestion de l’affaire Aurier

C’est le plus gros problème interne qu’il ait eu à gérer en trois saisons. Et l’incendie n’est pas venu d’un Ibra, d’un Di Maria ou d’un Thiago Silva, bref de l’une des « stars » de l’effectif, mais de Serge Aurier, un jeune joueur prometteur recruté à Toulouse à l’été 2014 sur les conseils de… Laurent Blanc. Les faits ? Une vidéo sur le réseau social Periscope dans laquelle l’entraîneur parisien est traité de « fiotte » par son latéral droit, finalement mis à pied un mois. « J’ai fait une connerie, je suis impardonnable », regrettera l’Ivoirien. Blanc finira par passer l’éponge, le rappeler et le bombarder titulaire à un moment où personne ne s’y attendait : lors du quart de finale aller de Ligue des champions face à Manchester City (2-2)... Avec les conséquences que l’on connaît. Aurier, absent de l’équipe depuis deux mois, passera complètement à côté : à court physiquement et fautif sur l’égalisation mancunienne.

Son 3-5-2 face à City en Ligue des champions

Quatre fois de suite, le PSG s’est heurté au mur des quarts de finale en Ligue des champions. Les trois dernières fois, c’était avec Laurent Blanc. Mais son échec le plus retentissant, celui qui a précipité son départ, restera sans doute le dernier, face à City en avril (2-2 au Parc, puis 1-0 à Manchester). La faute à une compo inédite au retour : un 3-5-2 (avec dans l’axe Aurier, fraîchement sorti du placard) qui voulait perturber les Mancuniens, et qui au final aura désorienté les Parisiens, incapables de se procurer la moindre occasion. « Les joueurs sont responsables quand on gagne, l’entraîneur l’est quand on perd », assumera Blanc à la fin du match. Un naufrage absolu.

Son massacre du français 

On sait Blanc en délicatesse avec notre langue. Lors de ses conférences de presse, ça tourne parfois au massacre. Alors quand l’entraîneur parisien se permet de reprendre son milieu de terrain italien Marco Verratti sur une formule avant le match face à City, l’occasion est trop belle pour le sniper de « J + 1 » sur Canal +, Julien Cazarre, de dégainer un petit montage de ses plus belles pépites. Attention c’est gratiné. A partir de 2’. 

Ses indemnités de départ

La séparation s’est déroulée dans un « climat serein », nous apprend le communiqué du PSG ce lundi. Tu m’étonnes. Laurent Blanc restera comme le premier entraîneur de Ligue 1 à gagner au Loto grâce à la perte de son job. L’ancien sélectionneur des Bleus, qui avait été prolongé début février jusqu’en juin 2018, partira avec un chèque de 22 millions d’euros, a révélé L’Equipe la semaine dernière. Des indemnités ahurissantes qui ont fait tousser dans le milieu. « Indécent » pour le président de Lyon Jean-Michel Aulas, « atterré », qui a dénoncé « des indemnités qui doivent représenter le chiffre d’affaires de la plupart des clubs de première division ».