Euro 2016: Le Portugal a 10 bonnes raisons de ne pas paniquer avant son dernier match décisif

FOOTBALL Ronaldo et ses coéquipiers se sont mis dans une situation difficile en ne battant ni l’Islande ni l’Autriche lors de leurs deux premiers matchs…

Nicolas Camus

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Ronaldo réconforté par Nani lors de Portugal-Autriche, le 18 juin 2016 à l'Euro.
Ronaldo réconforté par Nani lors de Portugal-Autriche, le 18 juin 2016 à l'Euro. — Martin Meissner/AP/SIPA

Le Portugal a peur. Dominateurs mais pas brillants, les joueurs de Fernando Santos n’ont pu faire mieux que deux petits matchs nuls face à l’Islande (1-1) et l’Autriche (0-0) lors de leurs deux premiers matchs de l’Euro. Résultat, avant le dernier face à la Hongrie, mercredi, le Portugal sent dans son cou le frisson de la honte de se faire sortir dans le groupe le moins relevé de la compétition. « On ne peut pas s’apitoyer sur notre sort, disait le sélectionneur après l’Autriche. On a une finale à jouer, déjà. On va essayer de garder le positif ». Message reçu. Voilà 10 bonnes raisons de se détendre pour les Portugais.

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Ronaldo va bien finir par en mettre un (ou cinq)

20 tirs, zéro but. Voilà le bilan de Ronaldo sur les deux premiers matchs de cet Euro. Et ce penalty raté dans le dernier quart d’heure face à l’Autriche fait vraiment tâche. Mais on ne voit pas dans quel univers ça pourrait continuer comme ça pour un mec qui reste sur six saisons à 50 buts ou plus. « Il était un peu abattu après l’Autriche, mais il réagit fort dans l’adversité », dit Santos.

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L’intéressé, lui, préfère parler en image : « C’est comme le truc que j’avais dit avec le ketchup », a-t-il fait remarquer. Le truc avec le ketchup, c’est cette théorie où vous appuyez et rien ne sort, désespérément… jusqu’à ce que tout vienne d’un coup. « Bientôt, je vais marquer à nouveau », assure-t-il. Bon, ce ne sera sûrement pas sur coup-franc, mais on peut lui faire confiance.

Nani n’a jamais semblé aussi fort en sélection

Ronaldo tire la langue, mais son compère Nani a l’air de bien se porter, lui. Attaquant de grand talent, l’ancien de Manchester a souvent péché par manque de consistance. Cet Euro pourrait être la compétition qui change tout. Buteur face à l’Islande, il a failli récidiver face à l’Autriche, mais ce soir-là c’était atelier poteau pour les Portugais.

On n’oublie pas non plus sa petite passe de la tête plein axe pour Ronaldo au cœur de la première période, qui aurait dû être décisive. Le wingman de CR7 est chaud.

L’exemple de 2012

Il y a quatre ans, l’Euro avait également mal commencé pour les Portugais, avec une défaite d’entrée face à l’Allemagne. Ils avaient joué leur survie sur le dernier match contre les Pays-Bas, et s’en étaient sorti grâce à un doublé de Ronaldo (2-1). Il n’y a que l’injouable Espagne qui avait pu en venir à bout ensuite, en demi-finale. Et encore, aux tirs au but. Une bonne expérience sur laquelle s’appuyer.

Pas deux fiascos de suite

Souvenirs toujours, mais bien plus douloureux. Deux ans après un Euro plus qu’encourageant, le Mondial brésilien devait être celui du Portugal - c’est Ronaldo qui l’avait dit. Peut-être pas pour la victoire finale, mais au moins pour égaler les deux demi-finales de 1966 et 2006. Raté, et pas qu’un peu. Une rouste d’entrée face à l’Allemagne (0-4), un nul arraché aux Etats-Unis (2-2), une victoire insuffisante contre le Ghana (2-1), et voilà les Portugais éliminés dès les poules. Pas deux fois de suite. Et puis les Portugais ne se sont jamais arrêtés en poule dans un championnat d’Europe.

Ils se sont ressourcés en famille

Dimanche, malgré les résultats, c’était sortie en ville avec la famille pour tout le monde. « Cette coupure était prévue. C’est très important de casser la routine, justifie Fernando Santos. La fraîcheur mentale sera primordiale. » Rien de mieux que se faire remonter les bretelles par madame pour se bouger les fesses.

Carvalho court toujours

Il ne faut pas croire. Au sein de la charnière Pepe-Carvalho, c’est le second, 38 ans, qui rattrape les approximations du premier. Et ce n’est pas une mince affaire, tant le Madrilène est parfois gênant dans ses choix. Face à l’Autriche, il a tout bien fait. Papy Ricardo veille, et on n’est pas près de revoir le air-marquage du premier match.

Guerreiro est le futur meilleur arrière gauche du monde

La grosse satisfaction des deux premiers matchs côté portugais, c’est lui. Raphaël Guerreiro, le petit latéral gauche de 22 ans, a convaincu tout le monde en même pas 10 sélections. Il défend très bien et attaque encore mieux. Révélé à Lorient cette saison, il vient de signer à Dortmund. Les journalistes allemands ne le connaissaient pas, et ils sont tout content de la surprise. On le voit bien dans trois ans se trimballer avec le label « meilleur arrière gauche du monde ». En attendant, le Portugal peut compter sur lui pour survivre dans cet Euro. Enfin, si Cricri ne gâche pas ses caviars.

Le point stats

Le Portugal fait partie des meilleures nations de cet Euro en termes de tenue de balle, de précision et de nombre de tirs. On ne gagne pas avec des stats - coucou la Grèce -, mais ça en dit quand même long sur la maîtrise ou non d’une équipe.

Ça va finir par payer...
Ça va finir par payer... - UEFA

La mère de Ronaldo a déposé un cierge

L’anecdote est rapportée par L’Equipe de lundi. Présente à Marcoussis, le camp de base des Portugais, la mère de Ronaldo a confié à un journaliste de Marca qu’elle ne se faisait aucun souci. « Notre-dame-de-Fatima sera avec nous. Je vais allumer un cierge, et nous allons gagner ». C’est du tout cuit alors. Il faut juste espérer qu’elle n’ait pas oublié.

Non et puis ce n’est que la Hongrie, sérieux

On s’inquiète pour les Portugais, on cherche désespérément des raisons d’y croire, mais en fait, il faut juste regarder l’adversaire. La Hongrie… La Hongrie quoi ! Des mecs qui n’avaient pas vu un Euro depuis 44 ans, troisièmes de leur groupe éliminatoires derrière l’Irlande du Nord et la Roumanie et passés par les barrages.

Car il ne faut pas l’oublier : une victoire et les Portugais terminent premiers de la poule (sauf si l’Islande bat les Autrichiens sur un score plus large qu’eux, mais on n’y croit pas beaucoup). « Eux joueront le nul, il faudra abattre ce mur », prévient Santos. Ce n’est quand même pas un gardien de 40 piges en survêt’qui va commencer à les embêter.

Gabor Kiraly, ou une certaine idée du style.
Gabor Kiraly, ou une certaine idée du style. - SIPANY/SIPA