Euro 2016: Et si l’Allemagne déconnait et se mettait sur la route des Bleus en 8e de finale?

FOOTBALL Les champions du monde ont la pression avant leur dernier match de poule contre l’Irlande du Nord, mardi…

Nicolas Camus

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Jerome Boateng lors du match Allemagne-Pologne, le 16 juin 2016 lors de l'Euro.
Jerome Boateng lors du match Allemagne-Pologne, le 16 juin 2016 lors de l'Euro. — SIPANY/SIPA

On ne sait pas si c’est le temps so british (et so désespérant) qu’il fait sur Paris en ce début de semaine, le match tristoune face à la Pologne ou notre passion naissante pour les Irlandais de manière globale, mais il y a une petite part de nous qui ne peut s’empêcher de penser à une éventualité assez effrayante : et si c’était l’Allemagne, ce fameux troisième de poule que les Bleus doivent rencontrer en huitièmes de finale ?

Certes, il faudrait une conjonction d’événements assez incroyable pour parvenir à un tel scénario. Mais envisager cette possibilité, ce n’est pas forcément faire preuve d’un pessimisme à rendre jaloux Jean-Pierre Bacri. A y regarder de plus près, cela n’est pas à exclure. Explications avant le décisif Allemagne-Irlande du Nord, mardi au Parc des Princes.

Déjà, le tableau est formel

Même s’il faut Bac + 15 pour comprendre le système pondu par l’UEFA pour les huitièmes de finale (et qu’on ne les a pas), on a malgré tout pigé une chose : la France a 9 chances sur 15 (ou dit autrement 60 %, on a quand même poussé jusqu’au collège…) de se taper le troisième du groupe C, à savoir celui des Allemands.

Actuellement premiers à égalité avec la Pologne avec quatre points, les champions du monde en titre sont talonnés par l’Irlande du Nord, qui a battu l’Ukraine. Et vu que la Pologne va manger tout cru les Ukrainiens, seulement descendus à Marseille pour profiter du soleil sur le Vieux-Port avant de rentrer à la maison, l’Allemagne se retrouverait troisième en cas de défaite.

Tremble, l'Allemagne...
Tremble, l'Allemagne... - 20 Minutes

Les Allemands ne sont pas au top…

« L’Allemagne qui perd contre l’Irlande du Nord, vous êtes sérieux ??» Il y a un peu plus d’une semaine, on se serait gentiment pris un rendez-vous chez le psy si on avait su qu’on allait écrire ça… mais oui, c’est possible. Déjà parce que ça grogne un peu chez nos voisins. La petite victoire sur l’Ukraine et le nul face aux Polonais ont fait naître des doutes. Très critiquée au pays, notamment par d’anciens joueurs qui déplorent le manque de caractère sur le terrain, la sélection passe son temps à éteindre les incendies.

« De toute façon, vous n’êtes jamais vraiment contents de nous. Sauf le jour du 7-1 contre le Brésil à la Coupe du monde », s’est énervé Thomas Muller après la Pologne. « C’est de la comédie tout ça, et franchement c’est fatiguant », a ajouté lundi le sélectionneur adjoint Thomas Schneider lors d’une conférence de presse où ne s’est pas présenté Joachim Low. Officiellement souffrant d’un mal de gorge, le patron n’a pas non plus dû harceler sa mamie pour dégoter un remède miracle et pouvoir se présenter face aux médias.

Au moins, staff comme joueurs concèdent que le rendu offensif est insuffisant. On est loin du Brésil, quand les Allemands avaient désossé le Portugal d’entrée (4-0) pour donner le ton. Cette statistique concernant Thomas Muller, 10 buts en 12 matchs de Coupe du monde mais incapable d’en planter un seul lorsque c’est l’Euro, n’est pas faite pour rassurer.

… Et ils ont beaucoup trop envie de finir premiers

Ça peut se comprendre, mais ça peut aussi jouer des tours. Lorsqu’il lui a été demandé si son équipe allait se tenir informé du score de la Pologne, Mats Hummels ne s’est pas caché : « Bien sûr que ça peut influencer notre match. Si la Pologne mène 3-0 et nous seulement 1-0, il nous faudra marquer plus ». Inutile de dire qu’à trop pousser, on peut s’exposer à de mauvaises surprises. Les Nord-Irlandais l’ont bien noté dans leur plan de bataille.

L’Irlande du Nord a déjà gagné son Euro

En décrochant une victoire face à l’Ukraine (2-0) pour leur première participation à un Euro, les Nord-Irlandais ont déjà épaté tout le monde. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Le fossé semble immense entre les hommes de Michael O’Neill et les champions du monde, mais les Britanniques ont absolument zéro pression et leur discours le montre bien.

« Ils sont plus forts, et c’est l’un des plus grands challenges de notre histoire, mais ils ont eu des changements importants depuis la Coupe du monde, estime le sélectionneur. Cette équipe a des faiblesses. On a déjà montré notre force en contre-attaque, nous pouvons leur faire mal et se créer des occasions, j’en suis persuadé. » Et si Will Grigg entre enfin en jeu

D’ailleurs, ça leur ferait quoi aux Allemands de retrouver la France en 8e ?

Ils tremblent, bien sûr. Ou alors ils sont juste polis avec leurs hôtes. « La dernière fois qu’on s’est joué, ça ne s’est pas bien passé pour nous, rappelle Hummels. Nous savons qu’ ils sont forts, une des meilleures équipes de l’Euro, en plus avec un gros public. Si on doit les jouer, on acceptera le défi mais autant terminer premier pour être sûr de les éviter. » Pour être honnête, Mats, on pense nous aussi que ce ne serait pas une mauvaise idée.