VIDEO. Euro 2016: Dimitri Payet «ne rêve pas d’être le meilleur joueur» de la compétition

FOOTBALL Le meneur de jeu tricolore est pourtant la seule star des Bleus après ce premier tour…

Julien Laloye

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Dimitri Payet lors du match Suisse-France, le 19 juin 2016.
Dimitri Payet lors du match Suisse-France, le 19 juin 2016. — DENIS CHARLET / AFP

Etre traité comme Dieu le père Zidane et garder les pieds sur terre quand même. Un exercice pas facile duquel Dimitri Payet s’est sorti avec brio ce lundi à Clairefontaine, pour le premier - et dernier - point presse d’un joueur tricolore avant vendredi, à deux jours d’un huitième de finale à la vie à la mort, signe qu’on va enfin rentrer dans le dur de cet Euro.

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Restons avec notre Réunionnais préféré et admirons sa métamorphose. Lui a qui a souvent pensé qu’il était meilleur que les autres dans tous les clubs où il est passé sans chercher à le cacher outre mesure, est devenu d’une modestie éclairante. Un vrai moine bénédictin en retraite. « Je suis très calme, je prends cet engouement autour de moi très bien, parce que ça veut dire qu’on attend des choses de moi. Je reviens de très loin, je ne m’imaginais pas être ici il y a quelques mois, encore moins sur le terrain, j’ai envie de profiter de ça, de m’éclater sur le terrain. La pression n’est pas sur moi. »

Il est vrai qu’elle s’est beaucoup concentrée sur Paul Pogba et Antoine Griezmann depuis le 10 juin. L’équipe de France, comme pour n’importe qui au bureau, c’est d’abord une question de hiérarchie à respecter, et le meneur de West Ham, pourtant cent fois au-dessus de ses coéquipiers depuis dix jours, n’oublie pas les convenances. A un journaliste portugais qui lui a demandé s’il se voyait comme le meilleur joueur potentiel de ce championnat d’Europe, il a habilement modulé sa réponse pour en faire un modèle de préoccupation collective : « Non, je ne rêve pas d’être le meilleur joueur de l’Euro, on parlera encore de Griezmann ou de Pogba, ils ont énormément de talent. On a besoin d’eux, c’est eux qui peuvent nous guider pour aller loin. »

Peut-être qu’il y croit vraiment, cela dit. Pourtant les suiveurs n’ont guère de doutes. Si Payet a le malheur de tousser du moteur, on ne donne pas cher de la peau des Bleus lors des deux prochains matchs, ou ce sera encore une histoire de but à la dernière minute, si ce n’est en prolongations, contre des équipes qui vont défendre à onze dans les six mètres. L’ancien marseillais en a un peu conscience quand même, ou alors il n’aurait pas quitté l’assemblée sur ces mots : « Plus on avancera dans la compétition, plus les adversaires seront armés pour nous répondre. Il faudra élever notre niveau de jeu. Si je veux être plus pointilleux, je me dis que face à la Suisse, ma volée doit rentrer et pas taper la barre. Je peux encore m’améliorer. » Vu de notre fenêtre, c’est même essentiel pour les Bleus.