Euro 2016: «La seule chose qui a changé chez N'Golo Kanté? Son portable», sourit José Saez

FOOTBALL Bénévole pendant l'Euro 2016, l'ancien joueur de Valenciennes a cotoyé le milieu de terrain des Bleus de très près dimanche soir au stade Pierre Mauroy...

Francois Launay

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M'Golo Kanté.
M'Golo Kanté. — FRANCK FIFE / AFP

C’est sans doute le bénévole le plus célèbre de l’Euro. Ancien joueur de Valenciennes et Caen, José Saez, toujours à la recherche d’un club, a voulu participer à sa manière à la compétition. Passionné de foot, il a décidé de devenir volontaire au stade Pierre Mauroy. « C’est pas du boulot, c’est du plaisir. Voir six matchs de l’Euro à cinq minutes de chez soi, c’est énorme », se marre le Nordiste.

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Avant les matchs, sur la pelouse, il veille à ce que le cérémonial se passe bien. Et pendant les rencontres, il fait partie des rares privilégiés à pouvoir suivre la rencontre du bord du terrain. Dimanche, après France-Suisse (0-0), le milieu défensif de 34 ans a même eu l’occasion d’échanger longuement avec  N’Golo Kanté, son ancien coéquipier. Il nous raconte sa soirée.

Comment avez-vous vécu cette soirée spéciale avec les Bleus ?

C’était vraiment particulier car, contrairement aux autres rencontres qui se sont jouées à Villeneuve d’Ascq, j’ai eu l’occasion de croiser des joueurs avec qui j’ai joué en Ligue 1. Et notamment N’Golo Kanté, mon ancien coéquipier à Caen, avec qui j’ai pu discuter plus d’une demi-heure après la rencontre. Je l’ai croisé à la fin du match dans le couloir des vestiaires. Vu qu’il n’avait pas joué, il m’a dit qu’il arrivait tout de suite et j’ai attendu qu’il prenne sa douche pour discuter.

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De quoi avez-vous parlé ?

Ce qui est drôle, c’est que c’est lui qui m’a posé des questions sur ce que je devenais. C’est incroyable car il n’a pas changé depuis Caen. Le mec est champion d’Angleterre avec Leicester, titulaire chez les Bleus et il reste toujours le même que j’ai connu quand on jouait ensemble en Normandie. Ça fait vraiment plaisir. Il m’a même proposé de venir voir des matchs à Leicester. C’est un mec bien et à l’écoute. Il y avait un copain à moi qui était avec nous quand on discutait. Il a halluciné sur la simplicité et le respect de N’Golo. Des fois, tu parles deux secondes avec des joueurs mais là on a pu discuter pendant plus d’une demi-heure et encore, c’est parce qu’il devait partir sinon on aurait continué.

Ce n’est pas le genre de joueur à vous prendre de haut…

Ah pas du tout. J’ai joué deux ans avec lui à Caen (2013-2015) et on a vécu une montée en Ligue 1 ensemble. Il m’écoutait beaucoup car je venais de Valenciennes où j’avais joué plusieurs années en Ligue 1. On était souvent à deux après l’entraînement. J’ai énormément d’estime pour lui et lui a de l’estime pour moi parce qu’on a quand même vécu des choses ensemble. Je lui ai donné des conseils quand il avait 21 ans et il ne m’a pas oublié. Ça prouve que quand des jeunes écoutent des mecs expérimentés, ça peut marcher. Il était d’ailleurs étonné de me voir toujours sans club.

Réalise t-il ce qu’il lui arrive en ce moment ?

Non. D’ailleurs je me suis foutu de sa gueule car j’ai vu qu’il avait acheté un I-Phone. Avant, il avait un petit portable des années 50. Mais c’est le seul changement que j’ai constaté. Il est resté très simple. On ne parle pas d’argent, pas de voiture, juste de sport.

Que vous a-t-il raconté sur son parcours avec les Bleus ?

ll m’a dit qu’il essayait de faire de son mieux, comme quand on était à Caen. Je lui ai dit qu’au vu de sa saison, il méritait d’être titulaire. Vu qu’il dit toujours oui, il m’a répondu oui (rires). Je vous dis, il n’a pas changé. C’est un gentil garçon qui montre son caractère sur le terrain. Sinon, c’est quelqu’un qui ne parle pas beaucoup. Il est très réservé.

Avez-vous récupéré son maillot ?

Oui, c’est même la première chose qu’il a faite quand on s’est vu. On n’avait rien convenu avant. Quand je l’ai vu, il m’a demandé si je voulais quelque chose pour mon gamin et il m’a ramené son maillot.

Avez-vous discuté avec d’autres joueurs de l’équipe de France ?

J’ai juste dit bonjour à Samuel Umtiti. Il a un peu bloqué, m’a regardé longuement et m’a dit « Merde, je te connais, toi ». Je lui ai dit que j’avais coupé mes cheveux. Et là, il sort « Ah oui, José Saez de Valenciennes ! ». C’était marrant. J’ai aussi salué Lucas Digne que j’ai côtoyé quand il jouait à Lille.