Euro 2016: Voilà ce qui nous est passé par la tête en regardant France-Suisse

FOOTBALL L’équipe de France termine première de sa poule après le nul contre con voisin helvète (0-0)…

Julien Laloye

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André-Pierre Gignac en action contre la Suisse
André-Pierre Gignac en action contre la Suisse — Frank Augstein/AP/SIPA

A Lille,

C’est notre petit jeu préféré après chaque gros match. Tout ce qu’on n’a pas mis dans nos autres papiers finit dans un pot-pourri digne de vos plus belles compilations de chanson française à l’adolescence. Allez, c’est la maison qui offre avant s’aller se coucher.

On est déjà en demi-finale, c’est du tout cuit

Ça doit être la récompense du pays organisateur, parce qu’on ne peut pas dire que la France ait le pire tableau de la compétition. En s’assurant de la première place dans un groupe aussi relevé qu’une étape du Tour la première semaine, l’équipe de France attend sereinement son adversaire, un troisième de poule qui a 99 % de chances d’être aussi redoutable que l’Irlande du Nord, son rival en huitièmes si on s’arrêtait là. Encore mieux, les Bleus joueraient ensuite un deuxième de poule en quart, à l’heure actuelle le vainqueur de Pays-de-Galle-Islande. Dur dur.

On ne pourra pas la jouer ailleurs qu’au Vélodrome, au fait ?

Par contre, avec cette première place de poule, les Bleus ont aussi choisi leur stade jusqu’à la finale (oui parce qu’on va gagner c’est évident). Le formidable outil de Jean-Michel Aulas dimanche prochain, Saint-Denis en quart… et le Vélodrome en demies, dont on peut penser que la pelouse ressemblera alors à une piste de motocross un jour de pluie. Pas les meilleures conditions pour sortir un grand match de foot.

On deviendrait presque solide en défense à force

Alors on s’emballe un peu, sûrement, mais la défense tricolore commencerait presque à nous inspirer confiance. Dans un match où elle a beaucoup subi – les Suisses ont eu le ballon 60 % du temps- la France n’a pas concédé une seule occasion nette, malgré une ou deux frayeurs bien rattrapées par Rami et Koscielny. Les deux compères de la défense centrale commencent à se sentir un peu mieux ensemble, et sans Kanté pour les couvrir, ils n’ont pas pris l’eau en même temps qu’ils ont bien maîtrisé le prometteur Embolo en face. Rami confirme.

« Ça fait longtemps qu’on discute, on savait qu’il y avait beaucoup de chemin à faire tactiquement, on a beaucoup travaillé, même si ça va se corser ensuite. Ce qu’on a amélioré ? L’équilibre la couverture, la communication, c’est dur de s’adapter quand on joue avec un système de jeu différent que celui qu’on pratique en club. Je suis arrivé au dernier moment, il a fallu m’adapter, ça commence à payer ».

Rami va faire une connerie, c’est écrit

Restons avec le Sévillan, qui a fait une Adil Raffarinade, si vous voyez l’idée. Parce que Rami est à la fois un gars qui peut envoyer un centre parfait dans les arrêts de jeu depuis un coin du terrain où il n’a rien à faire, et trois jours après manquer de décapiter un adversaire en tentant un retourné invraisemblable dans la surface adverse. Un attentat qui lui vaut carton jaune et le place sous la menace d’une suspension lors des deux prochains matchs. Lisez d’ailleurs la justification lunaire du bonhomme, elle vaut le détour. Et annonce le pire pour les matchs qui suivent. Le pire étant une titularisation de Mangala, l’homme qui n’a pas vu le jour contre les U19 de l’Aviron Bayonnais.

« Ce carton jaune, je l’ai pris pour l’équipe parce que je ne voulais pas que ça puisse déboucher sur un contre dangereux pour la Suisse. J’ai besoin d’être à 100 % dans mon jeu, et si je ne peux pas me retenir en huitièmes ou en quarts et bien on ira prendre un autre joueur dans la ligne des 23 ».

Nos remplaçants ont du talent

Si on fait le bilan de ce premier tour, Deschamps a élargi son groupe de potentiels titulaires dans une proportion qu’on n’imaginait pas. Le sélectionneur a fait débuter 16 joueurs différents, ce qui est considérable, et ce n’est pas un turnover qui est limité à l’attaque. Contre la Suisse, Cabaye et Sissoko ont prouvé qu’ils étaient mieux que des roues de secours si on voulait bien les considérer pour la suite.

Payet a raté un coup-franc, honte à lui

On jouait les arrêts de jeu, ou pas loin, et tout était en place pour que la France remporter une nouvelle fois son match dans les derniers instants. Coup-franc dans l’axe, un peu décalé sur la gauche, et Dimitri Payet derrière le ballon, lui qui n’a plus raté un coup-franc depuis la construction du tunnel sous la manche. Il n’a pas raté celui-ci non plus, d’ailleurs. C’est juste que Moussa Sissoko s’est retrouvé sur la trajectoire sans le vouloir. Shame on you Moussa.

Deschamps va craquer avant la fin de l’Euro

Ce n’est qu’une impression mais elle est assez largement partagée entre confrères. Deschamps a plus de cernes que nous quand on se sera levé dans trois heures pour reprendre le train pour Paris. Le sélectionneur a l’air épuisé nerveusement, atteint, sans doute, par tous les pépins qui ont émaillé la préparation de son équipe, et conscient que son équipe marche sur un fil depuis le début. Attention au nervous breakdown, Didier…

C’est quoi ce calendrier tout pourri ?

Après avoir enchaîné trois maths en neuf jours, les Bleus vont maintenant se tourner les pouces pendant une longue semaine avant de jouer leur huitième de finale, et si par bonheur tout se passe bien, encore une autre avant de disputer leur quart de finale. Ensuite, tout se précipitera à nouveau jusqu’à la finale. Encore une brillante idée de l’UEFA, sans doute par le même génie qui a pondu les règles de qualifications à la sortie des poules.

Il y a un truc que l’Uefa ne contrôle pas ou bien ?

Beaucoup de choses ont déjà été dites à propos de la mainmise de l’UEFA sur la compétition et la faiblesse de l’Etat organisateur, obligé de se plier à tout un tas de règles impossibles et hors de prix. Mais alors le coup de faire changer la pelouse de force pour amener la tienne depuis je sais pas où, dans un camion frigorifique à la température mal réglée (dixt La Voix du Nord), avec le résultat qu’on a sous les yeux… Chapeau les gars, ne changez rien.

A quand le premier grand match de la compétition ?

L’élargissement de l’Euro à 24, c’est une super idée pour découvrir de nouveaux supporters, mais alors niveau football, c’est l’enfer total. Le nombre de matchs potables depuis quinze jours, à part ceux de l’Espagne ? Ils se comptent sur les doigts d’une main, sans parler DU grand match qui fait décoller le tournoi. Celui-là, on risque de l’attendre longtemps, vu le nombre de petites équipes qui seront encore en live en huitièmes de finale.