Euro 2016: Rien compris à cette histoire de meilleurs troisièmes? On vous explique tout

FOOTBALL Le règlement de l'Euro a été conçu par un sadique...

Romain Baheux

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Cristiano Ronaldo lors du match entre le Portugal et l'Autriche le 18 juin 2016.
Cristiano Ronaldo lors du match entre le Portugal et l'Autriche le 18 juin 2016. — Martin Meissner/AP/SIPA

Avant, l’Euro c’était simple. Seize équipes étaient réparties en quatre groupes de quatre et les deux premiers de chaque poule se qualifiaient pour des quarts de finale préétablis. Exemple : 1er de poule A affronte 2e poule B, et vice-versa. Mais comme c’était trop aisé à comprendre, l’UEFA a décidé de passer à vingt-quatre équipes, de les diviser en six groupes de quatre et de mettre en place des huitièmes de finale.

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Si vous êtes alertes, vous me direz qu’avec l’ancien système de qualification, on aurait alors douze sélections qualifiées, rendant impossible la tenue de quarts de finale. Pour arriver à seize et se faire tranquillement des huitièmes, il faut alors repêcher des troisièmes, mais seulement quatre. Et voilà qu’on arrive à ce fameux concept des MEILLEURS TROISIEMES. Accrochez-vous et lisez bien.

  • Comment on les choisit

On aurait bien départagé tout le monde autour d’une bonne partie de tarot, mais il paraît que ça n’est pas possible. Pour désigner les quatre heureux élus, l’UEFA a fixé cinq critères : tout d’abord le nombre de points obtenus, puis la différence de buts, le nombre de buts inscrits, le fair-play (le nombre de cartons jaunes et rouges reçus) et enfin, le classement UEFA des deux sélections.

Règlement du Championnat d’Europede football de l’UEFA
Règlement du Championnat d’Europede football de l’UEFA - UEFA

Si on arrêtait les poules après deux matchs, l’Irlande du Nord (3 points), la Slovaquie (3 pts), le Portugal (2 pts) et les Tchèques (1 point) fileraient en huitièmes de finale. Ces derniers n’ont fait qu’un nul, comme la Suède et et la Roumanie, mais les Scandinaves ont marqué moins de buts et les Roumains ont pris plus de cartons jaunes.

  • Ils affrontent qui ?

Là aussi, c’est un sacré foutoir. L’UEFA a mis en place un tableau des différents scénarii pour savoir qui affronterait qui en huitième de finale. Première observation, les premiers des groupes E et F sont exclus de ce système et jouent directement les deuxièmes des groupes D et E. Pour le reste, voici les différents cas de figure, liés à l’identité des qualifiés.

On compte ainsi quinze scénarii différents, même si on a des répétitions. Ainsi, si les Bleus finissent premiers de la poule A, ils ont neuf chances sur quinze d’affronter le troisième du groupe C (Allemagne, Pologne, Irlande du Nord, Ukraine) et neuf chances sur dix si le C compte l’un des meilleurs troisièmes. Bref, tout dépend des résultats finaux des poules.

  • Les dérives du système

Déjà, c’est très difficilement compréhensible. Ensuite, l’approche des ultimes matchs est biaisée par le calendrier. Ainsi, les potentiels meilleurs troisièmes du groupe A (Suisse, Roumanie ou Albanie), sur le pont dimanche soir, ne joueront de la même manière que ses homologues du groupe E, qui sauront ce qu’il a à faire mercredi à 21h, et pourront ainsi éventuellement viser un nul. C’est injuste ? Oui.