Euro 2016: Pourquoi Deschamps doit faire tourner contre la Suisse

FOOTBALL Les Bleus sont déjà qualifiés pour les huitièmes de finale…

J.L.

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Gignac, Pogba et Sissoko, tous titulaires contre la Suisse?
Gignac, Pogba et Sissoko, tous titulaires contre la Suisse? — Frank Augstein/AP/SIPA

A Lille,

C’est l’éternel dilemme du dernier match de poule, et cette fois, il est plus difficile d’être catégorique qu’au Brésil. Il y a deux ans, les Bleus étaient déjà assurés de la première place du groupe, et Deschamps avait largement fait tourner face à l’Equateur, ne gardant qu’une toute petite base de titulaires sur le terrain (Lloris, Sakho, Benzema, Pogba). A Lille, l’enjeu est tout autre, puisque la Suisse, en cas de victoire, passerait devant la France et la condamnerait à un tableau beaucoup plus compliqué, avec peut-être l’Allemagne en huitièmes et l’Espagne en quarts.

« Quels critères je vais utiliser pour faire tourner l’effectif, répond le sélectionneur ? Je pourrais faire tourner, ce n’est pas acquis. J’ai un effectif à gérer, 23 joueurs, tous disponibles, je ferai des choix comme sur les deux premiers matchs. Je vais faire une équipe pour qu’on assure cette première place, ce sera l’objectif, forcément. » Comprendre qu’il ne devrait pas y avoir un grand remue-ménage, même si à 20 Minutes, on est pour un turnover assez large. Explications.

Aime Jacquet l’a fait en 98 et on a gagné à la fin (en 2000 aussi)

Ça tient peut-être de la superstition, mais autant de baser sur les compétitions qu’on a déjà remportées pour comparer. En 1998, Jacquet avait mis les coiffeurs contre le Danemark, même si une défaite aurait obligé la France à défier le Nigéria en huitièmes, puis le Brésil en quarts de finale.

La compo des Bleus contre le Danemark en 98.
La compo des Bleus contre le Danemark en 98. - Capture d'écran/Uefa.com

Rebelote deux ans plus tard, aux Pays-Bas, alors que les Bleus doivent au moins faire match nul pour ne pas se faire dépasser par le pays coorganisateur de la compétition.Lemerre change pourtant son onze de départ de A à Z, y compris le gardien, puisque Barthez cède sa place à Lama. Les Bleus s’inclinent, mais ce sont deux remplaçants qui lui donnent la victoire contre l’Italie deux semaines plus tard.

La compo des Bleus contre les Pays-Bas en 2000.
La compo des Bleus contre les Pays-Bas en 2000. - Capture d'écran/uefa.com

 

Certains joueurs sont (peut-être) fatigués

Voici une raison un peu plus prosaïque de répartir les temps de jeu. Face à la Suisse, les Bleus disputeront leur troisième match en neuf jours après une saison déjà harassante pour beaucoup. Est-ce que les cinq jours de récupération entre la Suisse et le huitième de finale du week-end prochain suffiront à régénérer les troupes ? Hugo Lloris a l’air de le penser.

« Ce n’est pas une rencontre pour rien, la première place est en jeu. Il y a un souci de fraîcheur qui peut se poser, peut-être, mais l’objectif numéro un c’est de gagner le match. On a un statut dans ce groupe, il faut répondre aux attentes et terminer premier ».

Certains sont sous la menace d’une suspension 

Sur ce sujet, c’est plus clair. Parmi ceux qui sont a priori assurés d’être dans le onze de départ en phase finale, deux joueurs tricolores risquent d’être suspendus s’ils prennent un jaune contre la Suisse. Olivier Giroud et N’Golo Kanté, qui a en plus concédé « qu’il se sentait un peu fatigué ». Autant ne prendre aucun risque avec eux.

C’est un moyen de ne perdre personne en route

La compétition va rentrer dans les choses sérieuses la semaine prochaine, et renoncer au turnover ce dimanche est une manière pas très finaude de signifier aux remplaçants que leur Euro est déjà terminé, au moins pour la partie terrain. DD a tenu à les caresser dans le sens du poil devant la presse. « Les remplaçants sont à fond, comme ceux qui sont sur le terrain, il n’y a qu’à voir leur joie au moment des buts, elle est aussi forte, si ce n’est plus, que celle de ceux qui jouent ». Ils crieront deux fois plus fort s’ils peuvent eux aussi goûter au bonheur du terrain quelques minutes.

Dans ces conditions, à quoi va ressembler le onze de départ des Bleus contre la Suisse ?

  • Derrière. La seule ligne qui ne devrait pas bouger, parce qu’elle a besoin de parfaire des automatismes tout neufs et parce que le moins convaincant de tous se trouve être le joueur le plus important du groupe : Patrice Evra.
  • Au milieu. Pogba va revenir, et c’est une forme de turnover, puisqu’il n’a pas débuté contre l’Albanie. Cabaye a toutes les chances de remplacer Kanté. Est-ce que DD va pousser le vice jusqu’à faire souffler Matuidi au profit de Sissoko, that is the question…
  • Devant. Griezmann est dans le même cas que Pogba. Il sera titulaire, comme Gignac sans doute, pour éviter une suspension de Giroud. Par contre Payet devrait enchaîner, malgré la jurisprudence Benzema. Au Brésil, le Madrilène n’est pas sorti une minute et il lui a peut-être manqué un peu de fraîcheur pour faire la diff contre les Allemands.