Euro 2016: Mais pourquoi a-t-on des pelouses aussi horribles en France?

FOOTBALL Depuis le match des Bleus au Vélodrome, l'état des terrains de l'Hexagone fait débat...

Marc Nouaux et Jeremy Goujon avec AFP

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Des jardiniers tentent de réparer la pelouse du Stade Vélodrome de Marseille, le 10 juin 2016.
Des jardiniers tentent de réparer la pelouse du Stade Vélodrome de Marseille, le 10 juin 2016. — BORIS HORVAT / AFP

À Bordeaux et Rennes,

Alors, elles sont vraiment pourries nos pelouses, ou pas ? Depuis le début de l’Euro, les terrains du Stade de France, du Vélodrome ou encore du stade Pierre-Mauroy (notamment durant Allemagne-Ukraine, dimanche dernier) sont pointés du doigt par les joueurs qui évoluent dessus. À Bordeaux, on a aussi vu énormément de joueurs glisser.

L'UEFA pensait avoir tout prévu

D’une manière générale, la qualité de ces pelouses pose question. L'UEFA a par exemple interdit les entraînements de veille de match entre l'Islande et la Hongrie, samedi à Marseille. « La pelouse du Stade Vélodrome a été fortement mise à contribution depuis le début du tournoi, malgré les efforts mis en place conjointement par les jardiniers du stade et l'UEFA », a reconnu jeudi l'instance européenne.

Laquelle avait pourtant fixé des critères très exigeants sur l'état des terrains, de longs mois avant l'entame de la compétition. « Un suivi régulier a été mis en place lors de l'année précédant l'épreuve », a insisté l'organisme, évoquant le détachement de « spécialistes auprès des jardiniers des stades afin de leur faire profiter de notre expertise ».

Quand DD charge AC/DC

Parmi les mécontents, Didier Deschamps, le sélectionneur de l'équipe de France, a été le plus virulent après le match des Bleus au Vélodrome, mercredi. « Quand j’ai vu les photos après le concert [de AC/DC, en mai dernier], j’ai eu l’impression d’être sur une autre planète, on n’a pas le droit de faire ça, mais malheureusement c’est arrivé. »

Plus tôt dans la saison, son homologue du PSG, Laurent Blanc, avait critiqué les rectangles verts de Toulouse (« Je n’ai rien contre le Monsieur qui l’a installée, mais ce stade mérite une belle pelouse ») et de Bordeaux (« C’est un très beau stade, mais j’ai un petit bémol sur la pelouse. Elle n’est pas bonne. Elle glisse beaucoup, elle n’accroche pas »).

...ou bénis ?

Pour l’Euro, les deux sociétés dominantes sur le marché des gazons hybrides se partagent les enceintes. D’un côté, la technologie AirFibr et son mélange de sable et fibres, inventée par la société française Natural Grass. Un système adopté par plusieurs des stades précédemment cités (Bordeaux, Toulouse). Mais également par le Parc OL (Lyon) et Geoffroy-Guichard (Saint-Étienne), des lieux où le terrain n'a jamais fait parler de lui pour sa mauvaise qualité.

D’autre part, on retrouve l'ancienne entreprise néerlandaise Desso et son mix entre gazon naturel et synthétique (où l’herbe ressort à deux centimètres du sol), passées sous pavillon bleu-blanc-rouge en octobre 2014 et son rachat par la multinationale Tarkett. Desso GrassMaster, fournisseur plus en réussite au Parc des Princes qu’à Saint-Denis, puisqu’il permet au PSG de collectionner les titres au championnat de France des pelouses de L1 (trois succès d’affilée depuis 2014).

Les Anglais à la rescousse (ou pas)

N'est donc visiblement pas Jonathan Calderwood, le jardinier du Parc, qui veut, même si la surface de jeu du SdF, changée en début d'année, est bichonnée par un autre Britannique, Tony Stones, ancien responsable de la pelouse de Wembley.

Par ailleurs, les différences de coloration au Stade de France ont aussi été pointées du doigt. Elles seraient, selon L'Équipe, dues à « l'emploi d'un produit inadéquat pour enlever les lignes de rugby en mars, à l'issue du Tournoi des Six Nations ».

La pluie également coupable

Et la météo, dans tout ça ? Elle peut être une des causes du mauvais état des terrains, comme nous l’indique Florian Moquait, paysagiste. « Le fait qu’il pleuve beaucoup avec en plus l’arrosage de l’herbe, ça tend clairement à pourrir et à ramollir le terrain. Et avec l’effet des crampons derrière, la pelouse s’en va. L’accumulation des rencontres n’aide pas. Le jardinier n’est pas un magicien non plus. Quand on pose du gazon chez un particulier, il faut attendre entre 10 et 15 jours pour que ce soit stable. »