Euro 2016: Génie ou chanceux, Didier Deschamps? Patron, surtout

FOOTBALL Le sélectionneur des Bleus n'est pas du genre à hésiter au moment de faire des choix forts...

Nicolas Camus
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Didier Deschamps sur son banc lors de France-Albanie, le 15 juin 2016.
Didier Deschamps sur son banc lors de France-Albanie, le 15 juin 2016. — NIVIERE/SIPA

A Marseille,

Ça fait des années qu’on le voit gagner, qu’on se dit qu’il a souvent de la chance mais que bien sûr ce n’est pas que ça. La carrière de Didier Deschamps entraîneur, c’est un peu ce match France-Albanie de mercredi soir (2-0). Des choix forts, un jeu franchement pas folichon, du coaching et la gagne.

Si on rembobine un peu le fil, voilà ce que ça donne :

  • Il commence à Monaco, écarte les stars Simone et Panucci qui prennent trop de place, et trois ans après devient le premier coach français à mener un club de L1 en finale de Ligue des champions
  • Il prend la Juventus, reléguée en Série à cause du scandale des matchs truqués, la fait remonter malgré 9 points de pénalité et claque la porte en fin de saison car il n’a pas assez de pouvoir
  • Il arrive à l’OM, qui n’a rien gagné depuis 17 ans, et remporte six trophées en trois saisons, dont un titre de champion
  • Il devient sélectionneur, et gagne l’Euro à domicile


Ah, pardon, on s’est un peu emballé sur le dernier point. Mais il y a avec Deschamps cette impression qu’on y va tout droit, comme si c’était écrit depuis longtemps. Pour l’instant, ce début d’Euro lui correspond tout à fait. On peut dire qu’il a de la chance ou que c’est un génie, Deschamps est surtout un patron.

Pogba et Griezmann sont les stars de l’équipe ? Mécontent de leur prestation, il les sort en deuxième période du match d’ouverture face à la Roumanie, et les Bleus vont arracher la victoire. Face à l’Albanie, il les fait débuter sur le banc et change de système pour faire de place à l’homme en forme, Dimitri Payet (qu’il a fait revenir en mars alors qu’on pensait les deux un peu fâchés).

« Je change dès qu’il y a quelque chose qui ne me convient pas ou si un joueur est en-dessous », a-t-il simplement expliqué en conférence de presse, mercredi. Sa composition de départ ? « C’était un choix par rapport à un adversaire regroupé. Mais ça nous a créé quelques déséquilibres, on ne travaillait pas tous ensemble à la récupération. J’ai donc corrigé à la mi-temps ». Pragmatique.

Pogba est entré, Griezmann l’a suivi. Les deux ont apporté, avec une mention spéciale pour le second, évidemment. « Il n’était pas content de ne pas débuter, mais il a entré et il a été décisif. Et Paul n’aurait pas fait cette rentrée s’il n’avait pas compris ce que je lui avais expliqué ».


La France n’a pas bien joué, la France a dû s’arracher, mais la France est qualifiée pour les huitièmes de finale après deux matchs et s’est trouvé un mental. Giganc : « On a envie de gagner, tout simplement. On nous inculque la gagne tous les jours, à chaque moment, dans le discours du coach ». il faudra juste un jour, quand il prendra sa retraite peut-être, que DD nous explique pour de vrai ce que c’est, cette fameuse « culture de la gagne ».