Euro 2016: Mais d’où elle sort cette rivalité entre l'Angleterre et le pays de Galles ?

FOOTBALL Les Gallois et les Anglais n’ont pas vraiment l’habitude de se rencontrer au foot…

Marc Nouaux
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Wayne Rooney se faisant tacler par un défenseur gallois lors d'un match Angleterre-Pays de Galles disputé le 6 septembre 2011 à Londres.
Wayne Rooney se faisant tacler par un défenseur gallois lors d'un match Angleterre-Pays de Galles disputé le 6 septembre 2011 à Londres. — IAN KINGTON / AFP

Rivalité ? Quelle rivalité ? Entre Gallois et Anglais, qui vont s’affronter ce jeudi à 15 h, on n’a pas spécialement souvenir de combats intenses au foot. D’ailleurs, les deux équipes n’ont joué que quatre fois l’une contre l’autre depuis 1984, l’Angleterre s’imposant à tous les coups. Pourtant, ces derniers jours,les Gallois ont allumé quelques mèches, à l’image de leur star, Gareth Bale.

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« Je ne dis pas qu’ils n’ont pas de passion et de fierté quand il s’agit de porter le maillot de la sélection, je dis qu’on en a plus qu’eux, a gentiment provoqué l’attaquant du Real Madrid. C’est juste mon opinion, pas un manque de respect. Ils ont de très bons joueurs, un réservoir beaucoup plus large que nous, mais je sens qu’on a comblé l’écart qui nous séparait d’eux. Combien de joueurs anglais je sélectionnerais dans l’équipe du pays de Galles ? Aucun [sourires] »

Son coéquipier, Aaron Ramsey, abonde en son sens. « Comme Gareth, je réponds que je ne prendrai aucun joueur anglais dans mon équipe du pays de Galles. »

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Qualifiés pour le premier euro de leur histoire, les Gallois, victorieux de leur premier match face à la Slovaquie (2-1) ne supportent pas la domination de leur imposant voisin. « La rivalité existe plus au foot qu’au rugby, estime Ricky Davies, un ancien rugbyman gallois ayant joué en France et en… Angleterre. Au rugby, c’est sur le terrain et après, c’est fini. Au foot, c’est plus violent, la rivalité est forte. Si on les bat jeudi, ce sera énorme, on sera qualifié pour la phase finale et on aura réussi un truc qu’on pensait impossible il y a quelques années. »

Les Anglais ont un complexe de supériorité

En Angleterre, il se dit que la rivalité ne serait en fait provoquée que par les Gallois, souffrant d’être dans l’ombre. Les Anglais, eux, ne percevraient pas cet affrontement ainsi mais plus comme une formalité. Sauf que ces dernières années, le resserrement de l’écart provoque une baisse de l’optimisme chez eux.

Interrogé par Ouest France, le professeur d’histoire culturelle de l’université De Montfort de Leicester, Robert Cole, a aussi tenu à minimiser la notion d’équipes rivales. « Une grande partie de l’identité nationale galloise est liée au rugby. C’est différent avec le football, je ne pense pas qu’il y ait vraiment de mauvais sentiments ici. Le pays de Galles est, bien sûr, beaucoup plus petit et historiquement beaucoup plus pauvre. Mais les deux pays ont aussi été rattachés pendant longtemps »

A l’image des JO de Londres, en 2012, où l’équipe de Grande-Bretagne avait réuni des joueurs gallois comme Giggs ou Bellamy avec les Anglais. Et aussi en ce mois de juin puisqu’en tribunes,face à la menace russe, les supporters gallois les plus virulents ont décidé de soutenir leurs homologues anglais.

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« C’est un bien pour un mal, résume Davies. Ils ne vont pas se taper dessus lors du match pays de Galles - Angleterre, ils veulent s’associer pour se battre contre les Russes. J’espère que ça n’ira pas trop loin car on a laissé une très bonne image à Bordeaux avec une super ambiance et là, j’ai peur qu’il y ait une minorité qui aille faire n’importe quoi à Lille. » Vous avez dit rivaux ?