Euro 2016: «Discret», «souriant», mais aussi «une machine»... Kanté, la vraie star des Bleus

FOOTBALL Le petit milieu de terrain s'est très vite imposé comme un élément essentiel des Bleus...

Nicolas Camus

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N'Golo Kanté lors du match d'ouverture de l'Euro 2016 France-Roumanie, le 10 juin au Stade de France.
N'Golo Kanté lors du match d'ouverture de l'Euro 2016 France-Roumanie, le 10 juin au Stade de France. — JMP/Shutterstock/SIPA

A Marseille,

Il y a Dimitri Payet, bien sûr, qui plane au-dessus de tout le monde depuis qu’il a remis les pieds en équipe de France, en mars. Mais juste derrière, l’autre point de repère des Bleus depuis quelques semaines, c’est un petit bonhomme de 1,69m qui vient tout juste de débarquer. N’Golo Kanté, cinq sélections et seulement trois saisons au plus haut niveau, a profité du forfait de Lassana Diarra pour s’imposer comme l’un des hommes de base du onze de Deschamps.

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La meilleure preuve, ce sont les débats qui nourrissent le quotidien des Bleus depuis le match d’ouverture face à la Roumanie. A Clairefontaine, dans les salles de rédaction ou au bar, vous trouverez toujours des gens pour mettre en cause l’influence de Pogba, l’apport offensif de Matuidi, le vrai niveau de nos latéraux et la charrette de Giroud (même s’il plante à tour de bras, oui). Kanté ? Il fait l’unanimité. Déjà. « Il fallait sortir un milieu. Je n’y ai même pas pensé une seule seconde pour N’Golo Kanté, vous savez très bien pourquoi, vous l’avez vu comme moi », disait d’ailleurs DD en souriant dans les couloirs du Stade de France, vendredi.

Et oui, il ne fallait pas se frotter à N'Golo Kanté.
Et oui, il ne fallait pas se frotter à N'Golo Kanté. - Michael Sohn/AP/SIPA

Qui l’eut cru il y a trois mois quand il fêtait sa première sélection aux Pays-Bas, et encore plus il y a un an alors qu’il achevait sa deuxième saison en L1 ? Et bien ceux qui ont joué avec lui.

« Pour les gens qui ne le connaissent pas, oui ça peut paraître bluffant ce qu’il fait. Pour nous qui l’avons côtoyé, c’est normal. Il sait casser les lignes, il va à 2000 à l’heure, il sait faire les transitions de balle quand il faut. Et puis il passe son temps à gratter des ballons grâce à son physique. Je me souviens, l’été dernier, il a fait une grosse partie de la préparation avec nous avant d’être transféré à Leicester. Il faisait le ramadan et était capable de s’enquiller quand même deux entraînements par jour sans broncher. C’est une machine, le genre de joueur que tout le monde recherche ».

Voilà ce que nous raconte Alaeddine Yahia, qui a vu le phénomène de près à Caen la saison dernière. Des éloges comme ça, il y en a plein, partout. Claude Makelele, pas le dernier récupérateur venu, l’a adoubé. Arsène Wenger, qui doit regretter chaque jour un peu plus son hésitation au moment de le prendre l’été dernier, est également sous le charme. « Il y a quelques gars comme ça dans le foot, quand tu les vois en 3e division, ils ne te paraissent pas spéciaux, mais plus le niveau monte, plus ils sont à l’aise », dit le coach d’Arsenal, qui officie sur beIN Sports pendant cet Euro.

C’est peut-être ça le plus admirable chez N’Golo Kanté. Passé de la PH (7e division, en Ligue régionale) à un titre de champion d’Angleterre avec Leicester en six ans, il a franchi les étapes comme si de rien n’était. Et tout ça n’a pas fait bouger le bonhomme d’un iota. « Mentalement, il est frais, pas formaté. Et il est d’une gentillesse… c’est fou. Le premier qui se prend la tête avec lui, il est pas né, assure Yahia. Ce n’est pas possible de ne pas s’entendre avec lui. »

Quand on évoque l’homme, ce refrain revient sans cesse. « Discret », « souriant », voilà les qualificatifs employés. « Il est naturel, surtout, je dirais. Il ne joue pas un rôle », ajoute son ex-partenaire caennais, avec qui il faisait régulièrement des allers-retours en voiture entre la Normandie et leur département d’origine, le 92. Cela s’est vu au Stade de France, face à la Russie, le 29 mars. Kanté avait fêté sa première titularisation chez les Bleus par un but, le soir de ses 25 ans. Forcément, ça fait beaucoup d’émotions. Que lui laisse rejaillir sans problème.

Face à l’Albanie, mercredi, il se dit que Deschamps pourrait changer de système en passant à deux récupérateurs, derrière une ligne de trois offensifs. Que ce soit le cas ou pas, Kanté en sera. Et si c’est vraiment le cas - les deux milieux -, attention les yeux. « N’Golo est énorme ? Et encore, il ne joue pas à son poste. Fais le jouer un peu plus haut, et là ça va envoyer », promet Yahia. Ok, on est prêt.