Euro 2016: «En Islande, on peut jouer au foot dehors l’été et en intérieur l’hiver»

FOOTBALL On passe au crible tous les clichés sur cette nation, qui débute le premier Euro de son histoire, ce mardi, à 21 h, contre le Portugal, à Saint-Etienne...

David Phelippeau
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L'équipe d'Islande à l'entraînement.
L'équipe d'Islande à l'entraînement. — ODD ANDERSEN / AFP

Capitale de l’Islande ? « Euh… Helsinki… Non, Reykjavik ! » Avouez-le, hormis le nom de la capitale, les volcans (et encore vous êtes incapables d’en citer un !) et la chanteuse Björk, vous êtes bien démunis quand on évoque cet état insulaire de l’océan atlantique nord. Ce mardi soir (21 h), à Saint-Etienne, face au Portugal, les « Bleus » d’Islande jouent pour la première fois de leur histoire une rencontre comptant pour l’ Euro. Pour l’occasion, dans un français impeccable, Ari Allansson, directeur du festival de musique d’Air d’Islande, commente clichés et questions sur son pays. L’Islande pour les nuls, c’est maintenant.

>> Mais, pourquoi 22 des 23 joueurs islandais retenus pour l’Euro ont un nom qui se termine en « sson » ?

« En Islande, on n’a pas de nom de famille. Moi, par exemple, je m’appelle Allansson car mon père s’appelle Allan. Donc je suis le fils d’Allan. Par ailleurs, si j’avais un fils en Islande, il s’appellerait Arasson (et non Arisson selon la grammaire) et si j’avais une fille, ça serait Aradottir (comme daugther en anglais). »

>> Et sérieusement, on joue vraiment au foot au Pôle nord ? Si oui, avec des après-ski ?

« Il fait un peu froid, c’est vrai. Mais au milieu des années 2000, l’Etat a doté le pays de grandes salles de sports avec des pelouses artificielles et même de la vraie herbe. Les joueurs, qualifiés pour l’Euro, font partie de cette génération qui a pu profiter de ces infrastructures. En Islande, on peut jouer au foot dehors l’été et en intérieur l’hiver. »

>> Ça vaut quoi vraiment la Pepsi-deild karla (D1 islandaise), sachant qu’aucun joueur de la sélection ne joue dans ce championnat ?

« Tous les bons joueurs islandais partent à l’étranger. La Ligue en Islande n’est pas superforte, elle est semi-professionnelle. Les jeunes, qui montrent un peu de talent, partent dans un autre pays nordique, en Belgique, aux Pays-Bas etc... En Islande, on suit presque plus la Ligue anglaise que celle de notre pays. »

Les footballeurs islandais ne sont peut-être pas très bons avec le ballon, mais au niveau imagination, c’est quelque chose…

>> « Strákarnir okkar » (nos garçons), c’est le nom donné aux joueurs de votre sélection. C’est pas un peu ringard ?

« C’est un nom très affectueux. Ça veut dire qu’ils sont toujours dans nos cœurs. Ça pourrait très bien être : nos fils. »

>> Quand on pense Islande, on pense Björk. Ça vous agace ?

« Ah non, elle est formidable. Il y a pire que Björk comme ambassadeur d’un pays. Souvent, en France, quand je me présente à des gens, je leur dis que je viens du pays de Björk. Il y a un groupe de musique de rock qui assez connu aussi. C’est Sigur Ros. Ce n’est pas le même style de musique que Björk, mais c’est aussi innovant. »

>> Et sinon, c’est qui la star islandaise de l’Euro ?

« C’est Gylfi Sigurdsson, un milieu de terrain qui joue à Swansea. Buteur, mais très bon sur coups de pied arrêtés. A suivre. Il y a aussi Gudjohnsen, qui a évolué à Chelsea. Il a 37 ans, mais ça reste un joueur de talent. »

Le milieu de terrain islandais (n°10) Gylfi Sigdursson.
Le milieu de terrain islandais (n°10) Gylfi Sigdursson. - ODD ANDERSEN / AFP