Euro 2016: On a trouvé l'homme qui guidait les supporters irlandais dans tous les bons bars de Paris

FOOTBALL Oliver, un Irlandais expatrié à Paris depuis 14 ans, s'est transformé en guide pour ses compatriotes à l'occasion de l'Euro...

Nicolas Camus

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Les supporters irlandais lors de l'Euro 2012.
Les supporters irlandais lors de l'Euro 2012. — DIMITAR DILKOFF / AFP

Comme un air du tournoi des VI Nations… Ce week-end, un bon millier de supporters irlandais va débarquer à Paris, avant le premier match de l’Euro pour Robbie Keane et sa bande au Stade de France, lundi, face à la Suède. Et si vous vous attendez à voir déambuler dans les rues de la capitale des bonhommes tout en vert un peu bourrés qui ne savent pas où ils vont, et bien vous avez tort. Enfin, pour la dernière partie de la phrase en tout cas. Car pour préparer cette escapade parisienne, les Boys in Green ont pu compter sur un GO très bien renseigné.

Oliver Farry - c’est lui le gentil organisateur - est un Irlandais de 40 ans, expatrié à Paris depuis 14 années maintenant. « Je suis arrivé juste avant le Mondial 2002, raconte-t-il. C’était trois jours après la Saint-Patrick ! Il y a des marqueurs, comme ça, dont on se souvient bien. » Journaliste, traducteur, écrivain à ses heures, il est surtout un grand fan de foot « depuis toujours ». Inscrit sur quelques forums de supporters, c’est tout naturellement qu’il s’est transformé en guide pour ses compatriotes soucieux de leur voyage en France.

L'homme invisible est apparemment un grand fan de l'Irlande.
L'homme invisible est apparemment un grand fan de l'Irlande. - ODD ANDERSEN / AFP

Au premier rang des demandes, les musées. Non, on déconne. Les pubs, donc… Où peut-on boire une bonne pinte pour pas trop chère dans la capitale française ? Le haut du 11e arrondissement, le 10e, Montmartre, les Halles, la place de Clichy… Vous avez une question, Oliver a la réponse. Et il se permet même de glisser quelques idées de visites culturelles sympas, au cas où.

C'est où qu'on peut boire des pintes?
C'est où qu'on peut boire des pintes? - wwww.ybig.ie
Ca va là c'est assez détaillé comme réponse?
Ca va là c'est assez détaillé comme réponse? - www.ybig.ie

« J’essaie toujours de répondre sur-mesure, et de varier les quartiers », explique-t-il. « Je garde quand même quelques secrets pour moi, je veux pas non plus attirer tous les fans irlandais dans ma rue. Ils sont sympas mais un peu envahissants », ajoute-t-il en rigolant. Lui vit à Ménilmontant. Son Euro, il le passera avec une trentaine d’amis, au stade (il a des places pour ce premier match et le troisième, à Lille, face à l’Italie) ou au Stolly’s, un petit bar dont l’un des gérants est Irlandais.

Sur les forums, Oliver a affaire à deux types de supporter. L’aguerri, qui a l’habitude des déplacements dans toute l’Europe pour soutenir la sélection, et « le blanc-bec de 19-20 ans qui pose des questions débiles, comme s’il faut son passeport pour venir en France ». « Ceux-là, ils ne sont pas très exigeants, ils veulent juste savoir s’il y a des supermarchés pour acheter des packs ». Heureusement pour lui, la grande majorité fait partie de la première catégorie. Et c’est plutôt sympa de conserver avec eux.

T'inquiète, Oliver est là pour toi.
T'inquiète, Oliver est là pour toi. - www.ybig.ie

Il faut juste les rassurer sur le fait que tous les bars ne vendent pas la pinte à 9 euros et, surtout, sur les transports. « Ça, c’est le pire. Certains ont eu de très mauvaises expériences ici, ils se sont fait avoir en prenant des pass dont ils n’avaient pas du tout besoin et ont payé des fortunes », explique Oliver. Avecles grèves et les inondations des dernières semaines, l’inquiétude est encore plus forte. « De là-bas, la France est perçue comme un pays pas fiable à ce niveau. Les Irlandais pensent que plus rien ne fonctionne. Je leur dis de ne pas paniquer ».

En résumé, Oliver est comme le Guide du Routard, mais en mieux. Un des saints patrons de l’Irlande, avec Patrick. Mais pourquoi fait-il tout ça, au fait ? « Je veux que tout le monde s’amuse, sans gaspiller trop d’argent, répond-il. Et que les gens apprécient Paris ». Car lui adore cet endroit… qu’il s’apprête à quitter. Début juillet, il part s’installer à Hong Kong pour rejoindre sa petite amie. « Cet Euro, et tous ces conseils que je peux donner sur la vie parisienne, c’est un peu ma chanson du cygne ». Ah tiens, c’est joli aussi dit comme ça.