Euro 2016: A Marseille, les supporters anglais ont passé la soirée entre lacrymo, «Don’t take me home» et interpellations

FOOTBALL Ca monte en tension jour après jour entre Anglais et... Anglais à Marseille...

C.L.
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Les supporters anglais à Marseille le 10 juin 2016
Les supporters anglais à Marseille le 10 juin 2016 — CL

A Marseille

Ça fait bizarre à dire comme ça, mais franchement grosso modo, c’était plutôt bon enfant. Bon enfant version les éboueurs de Marseille vont maudire tout ce qui parle anglais ce premier week-end d'Euro 2016. Et bon enfant version n’amenez surtout pas vos enfants sur le Vieux-Port samedi soir (!).

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Efficace, la lacrymo

Pendant que la fan-zone se remplissait doucement à 18h vers le Prado, les pubs du Vieux-Port étaient squattés depuis l’après-midi. Pour atteindre le climax vers 19h. De là, pendant cinq heures, s’est déroulé un scénario qui a tourné en boucle : Chants > Lancer de bouteilles + petites bagarres > gaz lacrymogène > Chants. Les forces de l’ordre, tendues comme pas possible par un combo terrorisme, hooligans et réminiscence d’Angleterre-Tunisie 98, ont manifestement reçu une consigne claire : « Les gars, s’ils commencent à se chauffer, c’est lacrymo direct, vous réfléchissez pas ».

Lacrymo, acte II
Lacrymo, acte II - CL

Et il faut dire qu’ils ont bien choisi leurs armes parce que les Anglais ne sont pas trop coutumiers. Canon à eau, oui. Lacrymo, houla, ils rigolent pas ici. Sept supporters ont été interpellés au passage, après deux déjà arrêtés jeudi soir.

80 % d’Anglais

Tout ce qui nous a fait dire que les supporters Anglais sont des êtres humains particulièrement étonnants :

Chute à l'arrière

- On a vu un mec tomber violemment d’un panneau de signalisation sur le dos, cigarette à la bouche et marque de crème solaire pas étalé sur les épaules. Il s’est fait acclamer par la foule.

- La même chanson gueulée pendant 30 minutes montre en main avec la même intensité

- Cette capacité à chanter tous ensemble, se prendre des lacrymos, puis rechanter tous ensemble plus loin

C'est la plus belle chose que j'ai vu de ma vie

- Ce gars refait qui achetait des pin’s avec le drapeau anglais à un vendeur à la sauvette

 

 

 

 

Tu te foutrais pas un peu de notre gueule?

- Cet autre gars qui fout le bordel puis se réfugie devant les policiers parce qu’il fait « une crise d’asthme »

 

 

 

Pour bien vous représenter le site vendredi soir, il faut imaginer un Quai de rive neuve, fraichement repavé, fermé à la circulation par des cordons de CRS et jonché de débris de verre, de papier toilette et de verres Carlsberg en plastique.

C'est clair, non?
C'est clair, non? - CL

Surtout, il faut visualiser un Vieux-Port rempli d’Anglais. 80 % à vue de nez, pour 10 % de locaux, 5 % de Russes et le reste non-identifié.

On a trouvé des Russes, mais la version inoffensive
On a trouvé des Russes, mais la version inoffensive - CL

(Il y a des chances que la mayonnaise tourne samedi soir car les Russes ne sont visiblement pas tous arrivés. Ils doivent être 12.000 au Stade contre 20.000 Anglais)

Ensuite, le spectacle était essentiellement constitué de grosses grappes de supporters torses nus, chantant en boucle des chants d’Outre-Manche.

« Pleaaaaase don’t take me home »

Parmi eux, Don’t take me home, sans doute le plus hurlé vendredi et le plus sympa aussi (ils n’étaient pas d’humeur pour un émouvant You’ll never walk alone). C’est un chant des fans de Newcastle, qui dit :

On rigole, on rigole
On rigole, on rigole - CL

« Don’t take me home

please, don’t take me home,

I just don’t wanna go to work.

I wanna stay here

and drink all ya beer,

please don’t please take me home »


En français :

« Ne me ramenez pas à la maison

Svp ne me ramenez pas à la maison

Je ne veux pas aller travailler

Je veux rester ici

Et boire toute la bière

Svp ne me ramenez pas à la maison »

Pour boire toute la bière, c’est assez bien engagé. Pour ne pas rentrer à la maison, les neuf interpellés pourraient aussi voir leur rêve se réaliser.