Euro 2016: Les conseils des Ultras de l’OM aux «Irrésistibles Français» pour chauffer le Vélodrome

FOOTBALL Deux trois conseils de pros du tifo aux petits nouveaux...

C.L.

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Des supporters de l'Equipe de France le 30 mai à Nantes
Des supporters de l'Equipe de France le 30 mai à Nantes — LOIC VENANCE / AFP

De notre envoyée spéciale à Marseille

Commando Ultra 84. South Winners 87. A Marseille, les supporters accolent la date de création de leur groupe à leur nom. C’est que ça fait 30 ans que les abonnés des virages foutent le feu au Vélodrome. Chez les « Irrésistibles Français » (que nous appellerons « IF »), le 2010 passerait sans doute un peu moins bien. Comme les nouveaux supporters des Bleus débarquent sur le boulevard Michelet le 15 juin, pour affronter l'Albanie dans ce deuxième match de l' Euro 2016, voilà deux trois conseils de pros du tifo aux petits nouveaux.

Avant toute chose, des félicitations générales :

« Il manquait clairement une entité comme eux, applaudit Lino, le South Winner, pour mettre un peu d’ambiance dans les matchs si mornes de l’Equipe de France. » D’autant que les IF s’inscrivent l’air de rien dans la tradition ultra. « Un groupe divers, de tous horizons, de toutes les couleurs, beaucoup de jeunes, où la seule condition est l’amour du maillot Bleu », se félicite Malek, « l’OM gravé dans le cœur » et adhérent IF depuis 2014.

Voilà pour les mamours. Maintenant, les recommandations :

La tenue : Astérix et Obélix, c’est un gros non

Des supporters de l'Equipe de France, à Nantes, le 30 mai 2016
Des supporters de l'Equipe de France, à Nantes, le 30 mai 2016 - L.Venance

Bon, normalement, ce n’est pas trop le genre des IF. « Les supporters des Bleus sont vus habituellement comme des "beaufs", des Clément d’Antibes ou des gens qui se déguisent en Asterix et Obelix, déplore Lino. Les IF ont changé un peu cette image. » Mais la tentation du coq sur la tête n’est jamais loin pour un novice. Chico conseille la simplicité : « maillot de l’équipe de France, la base, et aussi les écharpes ! Car un mur d’écharpes dans une tribune, c’est fabuleux ».

Les chants : un peu d’imagination, les gars

Le reproche qui est souvent fait aux IF, c’est de piquer leurs chants ailleurs. Le clapping à Lens ou à Lyon, le reste un peu partout. « On critique énormément les supporters Marseillais, mais on nous prend comme exemple dans les chants, c’est plutôt drôle », se gargarise Jérémy, abonné au virage sud du Vélodrome. « C’est comme ça qu’est l’esprit ultras, contredit Lino. Les Marseillais ont aussi pris beaucoup de chants aux Italiens, souvent précurseurs. »

Lors de France-Russie, les IF ont même tenté un « Dale Cavese », vieil hymne du SS Cavese, un club de D3 italienne des environs de Naples. Eux-mêmes l’auraient importé d’Argentine, de Boca Juniors, dit la légende. C’est typiquement un chant ultra, repris par les Marseillais comme les supporters de l’Ajax ou de Besiktas.

L’idée est donc là mais la plupart du temps, on tourne un peu en rond : « Allez les Bleus, c’est un peu dépassé » du goût de Chico, ancien membre du commando Ultra. « Il faut des tambours et des sifflets pour mettre la pression aux adversaires quand ils arrivent aux 18 mètres ou sur les coup de pied arrêtés. » On est à un cheveu du « Oh hisse enc* », au dégagement. Le tout, c’est ne pas « se contenter du minimum », enjoint Jérémy, de « personnaliser ».

Les tifos : Ne portez pas la scoumoune

Là, on touche un point sensible. Interdiction formelle de faire fabriquer son tifo par une boîte extérieure. « C’est eux où des sociétés d’animations qui l’ont mis en place ? », soupçonne Jérémy quand on lui montre le tifo géant hissé pour France-Russie. Non, c’est « 9 mois de travail, 250 heures de confection », selon Fabien Bonnel, leader des IF. Bon, « pour un début, c’est plutôt correct », reprend-il. Mais « trop simpliste et trop téléphoné », pour Chico. Surtout, « ils vont porter la scoumoune [la poisse], avec leur trophée déjà étendu ».

Son conseil : privilégier les bâches. « Ça montre de suite la ferveur derrière l’équipe. C’est beaucoup plus beau à l’œil et tout le monde est dessous à la faire trembler. » Dans tous les cas, persévérez. Il faut en faire « le plus souvent possible, c’est toujours agréable à regarder ».

Et la ola, on a droit ou pas ?

Là, il y a schisme. Ce n’est pas demain qu’on verra une ola au Vélodrome, quand l’OM joue. Et Malek y ait fermement opposé chez les Bleus aussi. « Dans la "culture IF", la ola doit être exceptionnelle et très rare, en finale de l’Euro après avoir planté un 3-0 par exemple, ce que j’espère. Malheureusement, elle est trop souvent lancée pour rien. Je me souviens d’un match où nous perdions contre le Brésil en 2015 et il y avait la ola, c’était n’importe quoi. » Chico, lui, la tolère, tant que c’est un match de l’équipe nationale. « En Coupe du Monde ou en Euro, c’est plus festif. En championnat, ça fait dépassé, relou, c’est mauvais pour l’image du club ». Pour celle de la France, passe encore.