Turquie: Le patron de Trabzonspor séquestre un arbitre, finalement libéré par un coup de fil d'Erdogan

FOOTBALL Tout peut arrivé dans le championnat de Turquie...

A.M. avec AFP

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Le président Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse le 22 octobre 2015 à Ankara
Le président Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse le 22 octobre 2015 à Ankara — ADEM ALTAN AFP

Le président du club de football turc de Trabzonspor (D1) n'a pas hésité à séquestrer pendant plusieurs heures les arbitres d'un match de championnat, furieux qu'ils n'aient pas sifflé un penalty en faveur de son équipe, a rapporté vendredi la presse turque. L'incident s'est produit mercredi soir, à l'issue de la rencontre entre Trabzonspor et Gaziantep Spor, qui s'est conclue sur un nul 2 à 2.

Reprochant à l'arbitre de ne pas avoir accordé un penalty à son équipe en fin de rencontre, le patron du club local, Ibrahim Haciosmanoglu, alors à Istanbul, a exigé de son encadrement qu'il retienne l'homme en noir jusqu'à son arrivée sur place. «L'arbitre ne sort pas du stade tant que je ne suis pas là», a-t-il ordonné selon la presse.

Le coup de fil d'Erdogan qui libère l'arbitre

L'arbitre, Cagatay Sahan, ses juges de touche et le représentant de la fédération turque de football (TFF) ont été bloqués dans leur vestiaire pendant quatre heures, avant d'être relâchés sur un coup du fil de président Recep Tayyip Erdogan au président en colère. «Ne provoquons pas un scandale devant la Turquie et le monde», a personnellement demandé M. Erdogan, cité par la presse, à M. Haciosmanoglu.

Le dirigeant, connu pour ses manières fortes, a alors libéré les officiels, qui ont pu quitter le stade sous escorte policière. L'incident a suscité l'indignation générale en Turquie. Le quotidien à grand tirage Hürriyet a ainsi proclamé vendredi sur sa première page «notre football est mort». La TFF a lancé une enquête disciplinaire sur l'affaire et un procès pourrait être intenté sur la base du code pénal punissant toute forme de séquestration.