PSG-OM : On a imaginé le scénario d’une victoire marseillaise au Parc des Princes

FOOTBALL Habib Beye, l’ancien défenseur olympien, nous a donné un coup de main…

J.L.

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Romain Alessandrini lors du Classico PSG-OM, le 9 novembre 2014, au Parc des Princes.
Romain Alessandrini lors du Classico PSG-OM, le 9 novembre 2014, au Parc des Princes. — FRANCK FIFE / AFP

A l’échelle de l’existence de l’humanité, la dernière victoire de l’OM au Parc des Princes, en février 2010, n’est pas si lointaine. Pourtant, cinq ans après, rien que d’oser croire à pareil exploit ressemble à une pensée interdite. Il y a désormais un monde entre les deux équipes : à la maison, le PSG reste sur cinq victoires de rang sans encaisser de buts. Cette série peut-elle s’arrêter dimanche ? On a tenté de monter le scénario fou d’un hold-up olympien en compagnie du consultant canal Habib Beye, qui sera sur le plateau du CFC dimanche.

Conseil n°1 : Prendre un but rapidos, résister avec de la chance et égaliser à la fin

Si l’on met de côté la C1, le PSG n’a pas laissé une miette au Parc. Depuis le début de la saison passée, cinq équipes seulement ont réussi à gratter le nul (Bordeaux, 2-2 Caen, 2-2 Monaco, 1-1 Lyon, 1-1 Montpellier, 0-0). Et presque à chaque fois, elles ont suivi le même modus operandi. Prendre un but rapidement (Bordeaux était mené 2-1 à la mi-temps, Lyon 1-0, Caen 2-0 et Monaco 1-0), survivre avec de la chance aux occasions parisiennes, et profiter d’une certaine fatigue physique pour revenir dans les dix dernières minutes. L’OM sait ce qu’il lui reste à faire.

L’avis de Beye : « Je ne sais pas si c’est une bonne option. Bordeaux ne serait jamais revenu sans less erreurs de Trapp. Et contre Caen, Paris avait fini à 9 à cause des blessures… Compter sur le fait que le PSG ouvre le score et se laisse endormir, c’est oublier la signification du classico. Il y a une pression naturelle qui empêche la démobilisation, même si les Parisiens sont bien meilleurs. Evidemment, l’OM peut être mené 1-0 tout le long et égaliser sur corner à la 85e. Mais pour réussir ça, il faut être une équipe qui marche bien. Le Angers du moment, par exemple, pourrait tenter ce genre de pari ; Mais j’ai bien peur que si le PSG marque rapidement dimanche, ça finisse par un gros carton ».

Conseil numéro 2 : Garer le bus devant les cages de Mandanda

La solution de facilité quand on est largement inférieur à son adversaire. Miser sur le fameux esprit coupe du 32e de finale de Coupe de France, « Onze derrière et bonne chance à tous, Dieu reconnaître les siens ». Le souci, c’est qu’on manque d’exemples parlants pour étayer cette hypothèse. La dernière équipe à avoir tenté ça au Parc sans se faire rouster ? De mémoire Ajaccio il y a deux ans, avec un « Memo » Ochoa en état de grâce.

L’avis de Beye : « L’OM n’a pas la capacité de venir chercher le PSG haut chez lui, comme il l’a fait avec Bielsa la saison dernière. Marseille avait dominé pendant 30 minutes, mais il aurait fallu marquer. Et encore à l’époque, Marseille avait des joueurs comme Payet ou Gignac qui sont capables d’éliminer en un contre un. Là, je ne vois pas Cabella ou Alessandrini jouer comme ça. Mais en même temps tu ne peux pas trop subir le rapport de force, il y a trop d’écart entre les deux équipes et de duels déséquilibrés. Au milieu, Diarra et Lucas Silva ont une science tactique qui peut apporter, mais De Ceglie contre Di Maria, ça va être un massacre, par exemple.

Conseil number 3 : Jouer dur et pourrir le match

Une idée qui doit être menée de concert avec la précédente naturellement. Après tout, un classico ou un derby se gagne sur l’engagement. Alors à défaut d’être compétitif avec le ballon, l’OM peut essayer de l’être quand il ne l’a pas en jouant sur l’intimidation. Manque quand même pour l’instant l’allumage par presse interposée, tel un Bernard Lama de la grande époque côté parisien : « Les Marseillais sont des voyous. Je suis bien placé pour le dire puisque j’en côtoie en équipe de France ». Si Michel nous lit, plutôt que de critiquer ses joueurs…

L’avis de Beye : « Vous avez vu comment ça cartonne cette saison ? Si jamais l’OM veut jouer dur, l’équipe va finir à dix, et à dix contre le PSG, c’est impossible. D’ailleurs, regardez ils ont choisi cette stratégie sur Valbuena contre Lyon et si l’OL n’explose pas sans qu’on sache pourquoi en revenant de l’interruption, l’OM perd le match logiquement. Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas mettre de l’agressivité, bien sûr, mais le PSG est trop sûr de lui pour tomber dans ce piège-là. Si jamais le match doit prendre cette direction, je pense que Laurent Blanc saura leur dire de ne pas tomber dans le panneau ».

Conseil number 4 : Envoyer les minots au feu

Ils n’ont pas leur monument « Aux grands joueurs, la patrie reconnaissante » sur le vieux Port mais ça finira bien par arriver. En mars 2006 ; les minots de la CFA marseillaise, tous inconnus, tiennent le match nul à Paris et sont célébrés comme des héros de guerre à leur retour. Sans aller jusque-là, Michel peut tenter un énorme coup de bluff en mettant son équipe B sur le terrain. Embêter le PSG plus d’un quart d’heure avec Bouna Sarra, Anguissa, Nkoudou, Omrani, Sparagna et Andonian, ça aurait de la gueule.

L’avis de Beye : « Je n’ai rien contre mais ce n’est pas la même équipe du PSG en face (rires). Evidemment, Michel peut choisir de miser sur un onze remodelé pour tenter de surprendre l’adversaire, mais déjà que les Parisiens vont jouer ce match sans aucune pression en terme de points, si en plus l’OM n’aligne pas les meilleurs joueurs, ils vont se dire "Déjà l’an passé on leur a mis deux alors qu’ils avaient une grosse équipe, là ça va être encore plus simple". S’ils peuvent leur mettre une raclée pour affirmer leur suprématie en France, ils ne vont pas se gêner ».

Conseil number 5 : Inviter Clara Morgane au stade (ou Salma Hayek)

Ah fameuse la légende de Clara Morgane en guêpière dans les couloirs du vel’…pour ceux qui se souviennent, on avait enquêté pour démêler le vrai du faux sans se retrouver plus avancés sur la présence – ou non, de l’ex-hardeuse à Marseille un soir de victoire olympienne (1-0). Ce qu’on sait en revanche, c’est que la dernière fois que Salma Hayek est allé voir le Stade Rennais de monsieur au stade, cela s’était fini par une victoire bretonne 2-1 au Parc, et à neuf contre onze.

L’avis de Beye : « C’est vrai que Clara ça avait bien marché, j’étais de ce match d’ailleurs. Qui on pourrait mettre comme actrice pour les déconcentrer, je ne sais pas… On pourrait rappeler Clara Morgane cela dit. Ah elle est enceinte ? Bon ça marchera peut-être un peu moins alors (sourires). Plus sérieusement, c’est l’OM qui sera en milieu hostile. Les résultats ne sont pas bons, les supporters ont décidé de ne pas venir, ils viennent de perdre contre un promu chez eux… l’ambiance n’est pas vraiment propice à la performance. J’ai beau réfléchir à tous les scénarios positifs dans ma tête, je ne vois pas comment l’OM peut gagner au Parc des Princes ».