Ligue 1: Comment Hatem Ben Arfa s’est refait une santé dans les futsals franciliens

FOOTBALL L’actuel co-meilleur buteur de L1 a passé sa longue période d’inactivité à s’entraîner sur des petits terrains à 5 contre 5…

Julien Laloye

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Hatem Ben Arfa lors d'un match d'urban foot en février dernier
Hatem Ben Arfa lors d'un match d'urban foot en février dernier — Julien Ricotta

En y repensant, c’est une photo cruelle pour les trajectoires des uns et des autres. Mais pas dans le sens que l’on imaginait. Le 26 février dernier, pendant que Monaco réalisait un exploit mémorable à l’Emirates, un cliché un peu flou montrait un Ben Arfa bedonnant en train de taper la balle dans un urbanfoot bien connu de l’est parisien. Six mois plus tard, l’ASM fait peine à voir et le meneur de jeu niçois dispute à Cavani le titre provisoire de meilleur buteur de L1. Son but à Saint-Etienne, d’ailleurs, a tout du futsal, et si cela colle au style du bonhomme, il faut aussi y voir une forme d’hommage à la préparation invisible de Ben Arfa.

Entre deux séances de cinéma et un stage de remise à niveau physique en Tunisie début juin, le gaucher le plus soyeux du championnat (Nabil, on ne t’oublie pas), a en effet choisi le foot à cinq pour retrouver le rythme avant de signer pour de bon à Nice à la fin de la saison dernière. Au passage, ne pas se fier aux petites vidéos qui circulent sur Youtube, où on le voit trottiner mollement au milieu d’une équipe de bras cassés du côté de Nanterre. Les images datent du printemps 2013, et c’était surtout un petit coup de pub pour le nouveau business de Jean-Alain Boumsong : « Pas mal de pros sont venus jouer, raconte le gérant. Il y a eu Pires, Dacourt, Thuram même Jean-Alain joue de temps en temps. Hatem est venu une fois pour une démonstration pendant la trêve estivale, mais c’était tranquille sur le terrain ».

Rien à voir avec les matchs au couteau livrés à Ivry. Une dizaine en tout, dont la moitié très rapprochée au mois de mai dernier. « Il venait avec une bande d’amis le mercredi et le dimanche à 20h/21h, explique Marouane, qui prenait les réservations. Une fois, ils ont voulu jouer contre une grosse équipe de futsal, connue dans le milieu de l’urban. Il y avait notamment trois types qui jouent d’habitude avec le champion du monde de foot freestyle (Gautier Fayolle, avec qui on avait fait ce papier sur Pogba, ndlr). Hatem et ses amis ont perdu bien comme il faut, neuf buts d’écart je crois. Ça ne lui a pas plu et il a souhaité faire une petite compétition contre les mêmes mecs. Ils ont dû se rencontrer 4 ou 5 fois en tout ».

 

Antoine, joueur d’urban occasionnel, s’est trouvé là au bon moment. Comme tous les chanceux du soir, il s’est approché de la rambarde pour voir Ben Arfa de plus près : « Ça jouait à bloc, il y avait trois remplaçants de chaque côté. Je peux vous dire qu’Hatem prenait ça très au sérieux. Bon, c’était encore les vacances, hein, il avait un peu de bidoche, dans le maillot noir de Nice, il a l’air plus fit. Tu sentais le niveau, mais il n’était pas si au-dessus que ça par rapport à de très bons amateurs. ». Marouane confirme : « Il jouait attaquant mais il ne traversait pas le terrain, ça jouait simple. Son truc, c’est qu’il ne ratait pas une occasion devant le but. Physiquement ? Il n’était pas gros, c’est faux. Et je peux vous dire qu’il défendait. Il a pris le meilleur mec en face en individuel et il ne le lâchait pas » Ben Arfa qui joue simple et qui défend. Cette fois, il a peut-être vraiment changé le bougre.