VIDEO. Pep Guardiola part en campagne pour l'indépendance de la Catalogne

FOOTBALL Le technicien du Bayern veut une sélection catalane...

R.B. avec AFP

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Pep Guardiola sur le banc du Bayern Munich le 29 août 2015.
Pep Guardiola sur le banc du Bayern Munich le 29 août 2015. — Matthias Schrader/AP/SIPA

L'entraîneur du Bayern Munich Pep Guardiola plaide pour une Catalogne indépendante de l'Espagne, également dans le domaine du sport, en défendant une sélection catalane de football, dans un entretien publié mardi.

Guardiola a compté 47 sélections avec l'équipe nationale espagnole, lorsqu'il était joueur du FC Barcelone (1990-2001). Puis il a porté ce club au sommet de l'Europe en tant qu'entraîneur, collectionnant les victoires de 2008 à 2012, avec un jeu particulier de passes courtes.

«S'il avait existé un État catalan, j'aurais joué avec la Catalogne parce que je suis né à Santpedor», localité de 7.000 habitants à 70 km au nord de Barcelone, a-t-il affirmé dans un entretien diffusé par Guanyarem, un regroupement de sportifs en faveur de l'indépendance de la Catalogne.

«Mais à ce moment-là, ce n'était pas viable», a-t-il dit. «La sélection (espagnole) me convoquait et j'étais ravi de défendre mon jeu du mieux possible, pour mes coéquipiers et évidemment pour la sélection espagnole.»

Guardiola, âgé de 44 ans, a toujours exprimé clairement son soutien au mouvement indépendantiste croissant au cours des dernières années en Catalogne, région du nord-est de l'Espagne qui compte 7,5 millions d'habitants et crée environ 20% de la richesse nationale.

Pour les élections régionales du 27 septembre centrées sur la question de l'indépendance, il a récemment accepté de figurer en dernière place symbolique sur la liste indépendantiste unitaire «Junts pel Sí» (Ensemble pour le oui). Dirigée par l'ancien député européen écolo-communiste Raül Romeva, cette liste rassemble le parti conservateur du président de l'exécutif catalan, Artur Mas (centre-droit), des formations de gauche et des mouvements citoyens en faveur de la sécession.

«Nous voudrions gérer nous-mêmes nos ressources» et construire «un pays socialement plus stable et plus prospère pour tous», a plaidé Guardiola.

Il applique au projet indépendantiste sa philosophie sportive: «le sport t'apprend à respecter l'adversaire et les opinions de l'autre (...); que tu dois te lever encore et encore, être très tranquille dans la victoire et te rebeller dans la défaite».

Si la Catalogne devenait indépendante, se verrait-il sélectionneur national? «Je ne me suis pas posé la question», a-t-il répondu. «Aujourd'hui je suis entraîneur, je ne sais pas ce que je voudrai d'ici quatre, cinq ou six ans ou l'année qui vient. Je ne sais pas. Si cela doit arriver, cela arrivera, et si cela n'arrive pas, c'est que d'autres peuvent le faire, je ne m'en fais pas pour ça.»