Mondial 2015: «Le foot féminin est parfois encore pris de haut», regrette Laura Georges

INTERVIEW La défenseur du PSG et les autres Bleues débutent la compétition contre l’Angleterre ce mardi au Canada…

Propos recueillis par Romain Baheux

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Laura Georges (deuxième à partir de la gauche) lors de l'hymne national avant France-Russie le 22 mai 2015.
Laura Georges (deuxième à partir de la gauche) lors de l'hymne national avant France-Russie le 22 mai 2015. — Coudert/Sportsvision/SIPA

Il y a quatre ans, la France s’emballait pour les performances des Bleues, demi-finaliste de sa Coupe du monde un an après le fiasco sud-africain des garçons. Déjà du voyage en Allemagne, la défenseur du PSG Laura Georges s’apprête à disputer au Canada son troisième Mondial avec l’équipe de France, qui ouvre les hostilités mardi (19 h) contre l’Angleterre. Une compétition où les filles de Philippe Bergeroo doivent briller pour continuer à développer leur discipline.

Quatre ans après sa quatrième place, que vise l’équipe de France dans ce Mondial ?

Pour nous, l’objectif est de ramener quelque chose. Clairement, on veut mettre une ligne à notre palmarès en finissant sur le podium de l’épreuve. Ça serait déjà bien, vu la concurrence. Sur le papier, les Etats-Unis et l’Allemagne sont les deux équipes qui se détachent. C’est ce qu’il se fait de mieux actuellement.

Pensez-vous que l’enthousiasme autour de votre équipe est retombé entre ces deux Mondiaux ?

En 2011, l’engouement avait été énorme, avec beaucoup de retombées autour de notre parcours. On arrivait un an après Knysna et la Coupe du monde des Bleus, on avait permis aux gens de voir autre chose. Les gens se sont attachés à notre équipe. Entre-temps, les hommes sont revenus sur le devant de la scène avec de meilleures performances. On parle énormément de nous quand on a des résultats dans une compétition et après, ça retombe assez vite. C’est l’un des maux du football féminin, l’élan se brise rapidement.

Vous avez fini quatrième au Mondial et aux JO de 2012 et échoué en quart de finale de l’Euro. Le grand public aurait besoin d’un titre…

Les gens nous voient arriver à ces différents stades de la compétition et on sent qu’ils en voudraient davantage. C’est dans la nature humaine. On en demande plus aux Bleues et j’estime que cette attente est légitime.

81 % des Français ont une bonne image du football féminin

Avez-vous le sentiment que le football féminin est encore méprisé ?

Oui, j'ai parfois l'impression que l'on nous prend de haut. Mais ce sentiment, je ne le perçois pas dans notre public. Il y a de plus en plus de monde à nos entraînements et les gens qui viennent voir nos matchs sont vraiment là pour nous encourager. On le sent plus dans nos contacts avec la sphère dirigeante. Sur certains échanges, on sent que c’est compliqué.

C’est-à-dire ?

C’est difficile de faire bouger certaines choses, voilà tout.

Philippe Bergeroo va vivre sa première grande compétition à la tête des Bleues. Qu’est-ce qui le différencie de Bruno Bini ?

Ce sont deux styles différents. Pour moi, Philippe a travaillé dans la continuité de ce qui avait été entrepris. Il n’y a pas eu de révolution à son arrivée, même s’il a forcément intégré de nouvelles joueuses à notre groupe.

Le groupe est composé de dix joueuses de l’OL et de sept du PSG. Comment se vit la cohabitation, alors que vous êtes rivales durant toute la saison ?

Il faut savoir faire la part des choses. Il faut oublier ce qui peut se passer durant la saison avec nos clubs et se concentrer sur les Bleues. Moi, je ne pense plus au PSG, mais seulement à l’équipe de France. Je ne vois pas les choses autrement dans une sélection nationale.