Fifa: Sepp Blatter va s’accrocher à son siège et risque de le garder

FOOTBALL Le président de la Fifa brigue ce vendredi un 5e mandat, au milieu des affaires de corruption…

Antoine Maes

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Sepp Blatter, le président de la Fifa, le 28 mai 2015 à Zurich.
Sepp Blatter, le président de la Fifa, le 28 mai 2015 à Zurich. — FABRICE COFFRINI / AFP

Tout a commencé par une histoire de gros sous, et tout pourrait se finir par des comptes d’épicier. Depuis mercredi matin et la razzia anticorruption des autorités américaines et suisses, Sepp Blatter comptabilise en effet ses soutiens. Peu importe pour lui que David Cameron ou François Hollande aient plus ou moins clairement appelé à son départ : ils ne votent pas au 25e congrès de la Fifa chargé de se choisir un nouveau patron entre le Suisse de 79 ans et son rival, le Jordanien Ali Bin al Hussein (39 ans).

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Le boss de la Fifa avait refusé de reporter le scrutin mercredi. Jeudi, c’est son départ qu’il a balayé d’un revers de la main. « Trop tard », a-t-il répondu à Michel Platini, qui était venu lui réclamer poliment de débarrasser le plancher. Secoué de toute part, mais pas entendu et encore moins accusé par la justice, Blatter est toujours le favori à sa propre succession. Mais l’hypothèse de sa défaite prend doucement corps, ce qui est déjà un sacré pas en avant. Peut-il perdre ? « Avant les événements de cette semaine, peut-être pas, mais maintenant avec ce qui s’est passé, je pense que oui », croit savoir Platini.

L’équation est simple : il y a 209 votants (un par pays membre), il suffit donc de rallier 105 bulletins, à moins que Blatter ne réalise l’exploit de ramasser plus des 2/3 des votes au 1er tour. L’UEFA, par la voix de Platini, a réclamé à ses 53 membres un soutien sans faille au Prince Ali. L’Afrique, où la CAF pèse 54 voix, a « réitéré son soutien à M. Blatter tout en laissant libres ses membres de leur vote ». En Asie, l’AFC (43 voix) penche aussi du côté du Suisse, même si l’Australie s’en est officiellement désolidarisée. Les 35 voix de la Concacaf, dont le président a été arrêté par la justice américaine, sont acquises à Blatter. La Conmebol (10 voix, Amérique du sud) et l’OFC (11 voix, Océanie) seraient plutôt divisées.

Platini : « Là-bas ils ont tous peur de tout »

La voix la plus forte à pousser au renversement du président Blatter est donc celle de Michel Platini, qui a admis jeudi qu’il allait « encore passer du temps à parler à des gens ». A l’UEFA on sait d’ailleurs d’où vient la loyauté à la Fifa : « Là-bas ils ont tous peur de tout. Peut-être parce qu’ils n’ont rien et que la Fifa les fait vivre. Si tu leur enlèves un projet Goal, ils n’ont rien », a même lancé Michel Platini, qui s’est longtemps tâté avant de refuser le combat pour la présidence suprême.

 

Sepp Blatter a donc ouvert le congrès de la Fifa presque comme si de rien n’était, ce jeudi soir. Il a d’abord rappelé qu’il ne pouvait pas « surveiller tout le monde ». Avant d’assurer que c’était bien lui le meilleur moyen de sortir l’instance du bourbier dans lequel elle s’enfonce. « Le foot mérite tellement plus. Nous devons répondre. Nous avons l’opportunité de commencer un vote qui sera un début pour reconstruire la confiance. Nous l’avons perdue. Nous devons la regagner, à travers les décisions que nous prendrons et nos comportements ».