Pollution: Au Parc des Princes, les joueurs du PSG respirent-ils un air plus pollué qu’ailleurs?

FOOTBALL Alors que les Parisiens affrontent Saint-Etienne mercredi…

Antoine Maes

— 

Une vue aérienne du Parc des Princes, en décembre 2013.
Une vue aérienne du Parc des Princes, en décembre 2013. — XAVIER FRANCOLON/SIPAc

On est encore très loin d’entendre Laurent Blanc crier ses consignes avec un masque sur la bouche. Ou de voir Zlatan Ibrahimovic jouer avec un linge humide sur le nez. Mais alors que la capitale traverse mercredi et jeudi un épisode de pollution notable, les joueurs du PSG et les sportifs en général vont souffrir. Airparif, qui mesure la qualité de l’air dans la capitale, dispose d’ailleurs d’une station automatique à moins d’un kilomètre à vol d’oiseau du stade. Mercredi à 14h, elle indiquait un taux de 71 microgrammes de particules PM 10 par mètre cube.

Des relevés inquiétants mais qui sont tout de même à relativiser. «La station Auteuil est vraiment à proximité du trafic, donc ça ne veut pas dire que c’est ce qu’on mesurerait si on faisait une analyse à côté du Parc des Princes», remarque Frédéric Mahé, prévisionniste chez Airparif. Les relevés de pollution dans le rond central du stade sont sans doute plus proches de ce que les spécialistes appellent des «stations de fond», «comme la station Suzanne-Lenglen dans le 15e ou celle du parvis de la Défense. Ça donne l’ambiance loin de tout trafic», reprend Frédéric Mahé. Dans le cas précis de la station Auteuil, la pollution est qualifiée de «moyenne», et elle passerait à élevée en dépassant 75 PM10 par mètre cube.

Mais l’ouest parisien, qui concentre aussi le stade Jean-Bouin du Stade Français, Rolland Garros et le Bois de Boulogne où s’exercent beaucoup de joggeurs, n’en reste pas moins particulièrement affecté. «Quand on est en anticyclone comme c’est souvent le cas en début de printemps et en début d’automne, on a typiquement des vents de nord-est qui entraînent le panache de l’agglomération plutôt vers l’ouest», explique Frédéric Mahé.

«Le seuil d’alerte est à 80 et a priori on en est loin»

Et la situation ne s’arrange pas du tout en soirée. «Le seuil d’alerte est à 80 et a priori on en est loin, prévient Frédéric Mahé. Mais le matin, les niveaux montent très haut, du fait de l’inversion de température. On était à 90 sur ce secteur. Dans la journée on va descendre à des valeurs beaucoup plus faibles: les polluants se dispersent sur une verticale qui fait 1,5km, il y a un volume de dilution plus élevé. Mais le soir, on a de nouveau un trou d’air qui se forme, et donc des polluants qui sont plaqués au sol».

En région parisienne, l’enceinte la moins bien placée en terme de pollution n’est sans doute pas le Parc des Princes. Car la plupart du temps en Île de France, le vent souffle du sud-ouest, la zone est très urbanisée et traversée par l’A1. Dans le secteur, «notre station automatique est d’ailleurs juste en face du Stade de France», remarque Frédéric Mahé. Ça tombe bien, le PSG y joue samedi en finale de la Coupe de la Ligue.