Coupe de France: «Il faut être prêt à souffrir», prévient le Stéphanois Fabien Lemoine

FOOTBALL Le milieu de l'ASSE a accordé une interview exclusive à «20 Minutes» avant de défier le PSG ce mercredi (21h) en demi-finale de Coupe de France...

Propos recueillis par Jérémy Laugier

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Fabien Lemoine va retrouver Zlatan Ibrahimovic et le PSG ce mercredi.
Fabien Lemoine va retrouver Zlatan Ibrahimovic et le PSG ce mercredi. — JEFF PACHOUD / AFP

«Nous n’avons quand même pas été vernis par le tirage au sort», souligne encore Fabien Lemoine, avant de retrouver le PSG ce mercredi (21h) au Parc des Princes en demi-finale de Coupe de France. Connu pour son franc-parler, le milieu de l'ASSE s'est longuement confié à 20 Minutes. Pas vraiment fan de Thiago Motta, l'ancien Rennais de 28 ans incite ses partenaires à «prendre des risques» pour ce choc.  

Qu'avez-vous pensé des Parisiens lors de leur succès (2-3) à Marseille?

Ils sont meilleurs depuis quelques mois. Ils ont démarré doucement dimanche. Mais une fois qu’ils ont accéléré… S’ils jouaient vraiment tous leurs matchs avec le pressing et l’intensité qu'ils ont montrés lors des 25 premières minutes de la deuxième période, ils ne se prendraient pas la tête à regarder le classement de la Ligue 1. Le championnat serait plié depuis longtemps.

Avez-vous vu les blessures de David Luiz et Thiago Motta d'un bon œil avant cette demi-finale de Coupe de France?

Oui, forcément, on ne va pas cracher dessus. Ce sont des titulaires indispensables qui ne joueront pas contre nous. Mais j’ai envie de voir Paris au complet face à Barcelone. Il n’y a pas n’importe qui sur le banc non plus et ces mecs auront la dalle.

Dans votre zone de jeu, appréciez-vous davantage le profil de Motta, Verratti ou Matuidi?

Je préfère Verratti car c’est un mec de passes. Je le regarde avec un œil particulier et je suis assez fan. Dans son registre, Matuidi est aussi un phénomène. Quand les trois sont alignés, Paris est une machine.

Y avait-il une dimension inéluctable dans vos deux courtes défaites (0-1) en janvier dernier face au PSG?

En championnat, dans la gestion et la qualité du jeu, il n’y avait pas photo. On a pris un but sur un penalty contestable mais on n’a fait que défendre. Nous étions impuissants. Par contre, en Coupe de la Ligue, on les avait embêtés et on n’avait rien à se reprocher.

Quel enseignement principal avez-vous tiré de ces deux derniers affrontements?

Mentalement, il faut être prêt à souffrir. On sait très bien que les Parisiens vont avoir le ballon, plus encore chez eux. Il faut se préparer psychologiquement à courir, courir, courir. Les matchs de coupe sont parfois plus débridés. Je pense qu’ils veulent vraiment gagner toutes les compétitions nationales pour être le rouleau compresseur du championnat.

Après le revers en Coupe de la Ligue, vous aviez mis en avant «la ruse et la malice» du PSG. Cela sera-t-il un paramètre clé dans cette demi-finale?

Je ne sais pas si ça peut se jouer là-dessus. Mais ce jour-là, il s’est passé certaines choses que nous n’aurions pas eu idée de faire...

A quoi faites-vous référence?

Je n'en dirai pas plus mais il s'agissait de gestes qui passent vraiment inaperçus. Après ça, on commence à insulter l'adversaire, sauf qu'il est sûr de son football. Le PSG est largement au-dessus de nous et ça peut nous faire perdre un peu le fil.

Ces gestes concernent-ils surtout Thiago Motta, qui sera forfait mercredi?

Disons que côté vice, c’est le numéro un (sourire). Ça fait partie de son jeu et de ses qualités. S’il a fait une telle carrière, c’est qu’il n’a pas que ça. C’est un très grand joueur mais il y a ce côté-là qui énerve un peu et qui le transcende.

Avez-vous eu la sensation, entre 2012 et 2013 (quatre matchs d'affilée sans défaite) d’être la bête noire du PSG?

Non, il y a eu des faits de jeu comme l’expulsion (de Zlatan Ibrahimovic) dans notre succès au Parc (1-2 en novembre 2012). Les Parisiens ne nous attendaient peut-être pas à ce niveau-là et ils ont un peu joué en dilettante. A ce moment-là, on arrivait quand même à produire du jeu face au PSG. Cela n’a jamais été le cas cette saison hormis en Coupe de la Ligue où on les a un peu bougés. Là-bas, on s’est fait violer (sic, 5-0 le 31 août dernier)! Chez nous, on n’a pas vu le jour non plus (0-1). Si on ne fait que défendre, qu’on arrose et qu’on ne produit rien, on perdra. Peut-être seulement 1-0 mais on perdra. Le pourcentage de chances de l’emporter sera plus élevé en osant et en prenant des risques.

Pensez-vous que cette histoire de bête noire a pu énerver l'équipe parisienne?

Oui, car même nous, ça nous énervait un peu. On savait très bien qu’un jour on allait se faire défoncer! On ne s’est jamais pris pour la bête noire du PSG. Il y a des facteurs chance, des choses qui ont fait que ces jours-là, on arrivait à les emmerder. Mais depuis, c’est terminé (sourire).

Craignez-vous de revenir au Parc des Princes, pour la première fois depuis ce fameux 5-0?

Non, tout le monde est passé à autre chose. On avait fait un match catastrophique, avec des erreurs qu’on n’a pas refaites depuis. Attention, ça peut faire le même tarif mercredi mais on ne va pas à Paris en craignant d’en prendre cinq. A nous de nous transcender pour accéder au Stade de France…

La semaine prochaine sera marquée par le derby à Gerland. Les supporters stéphanois l'évoquent-ils déjà?

Oui, les gens commencent à en parler. Mais nous disputerons un match très important face à Nantes (dimanche à 14h) afin de rester dans le Top 5 de la Ligue 1. On aura largement le temps de penser à ça après. On sait qu’ici, les derbies sont les deux matchs de l’année. A choisir, je préfère gagner mercredi à Paris que le derby...