Les «clashicos» du Classico (5/5): Le jour où Hatem Ben Arfa a refusé de participer au OM-PSG de 2008

FOOTBALL Toute la semaine, «20 Minutes» revient sur les matchs souvent tendus entre l’OM et le PSG…

Nicolas Camus

— 

Hatem Ben Arfa, sous les couleurs de Marseille, sort du terrain après avoir reçu un carton rouge, le 18 mars 2010.
Hatem Ben Arfa, sous les couleurs de Marseille, sort du terrain après avoir reçu un carton rouge, le 18 mars 2010. — LIONEL CIRONNEAU/AP/SIPA

Avant de devenir le Classico, c’était déjà le match le plus chaud de Ligue 1. Alors que se profile un OM-PSG décisif dans la course au titre dimanche soir, 20 Minutes revient sur les scènes de légende ayant émaillé les rencontres entre les deux équipes. Bagarres, coups fourrés, gestes techniques fous et polémiques, le Classico a souvent débordé du simple terrain.

Cinquième épisode: La bouderie de Hatem Ben Arfa (26 octobre 2008, 10e journée de Ligue 1)

Hatem Ben Arfa dans toute sa splendeur. Recruté par l’OM à l’entame de la saison 2008-2009, l’ex-futur grand prodige du foot français, pendant deux mois, ravive la flamme qui fait battre le cœur de ses plus fervents admirateurs. En effet, jusque la mi-octobre, tout se passe bien. L’OM ne perd pas, du moins en championnat, empile les buts (4 buts contre Rennes et Auxerre, 3 contre Valenciennes), prend son abonnement sur le podium et HBA, qui régale en position de numéro 10, y contribue grandement (4 buts).

C’est dans ce contexte que le PSG déboule au Vélodrome pour la 10e journée, le 26 octobre. L’OM ne doit faire qu’une bouchée de son rival, poussif 9e de L1. L’occasion semble parfaite pour que Ben Arfa devienne vraiment le nouveau chouchou des supporters… Sauf qu’Eric Gerets le laisse sur le banc. Et ça, ça ne passe pas. A la 70e minute, alors que le score est de 2-2, le coach belge veut le faire entrer à la place de Kaboré pour tenter de faire la différence sur la fin de match. Mais Hatem n’a pas envie. Il boude, refuse d'entrer, et c'est finalement Mamadou Samassa qui s'y colle.

Evidemment, la scène ne passe pas inaperçue. Pour ne rien arranger, l’OM encaisse deux buts dans le dernier quart d’heure. Au lendemain de cette vilaine première défaite en championnat, le mistral souffle fort à la Commanderie. Devant la presse, Eric Gerets, 20 ans de carrière comme joueur, 10 comme entraîneur, explique qu’il n’en revient pas - «c’est la première fois de ma vie que je vois ça» - mais qu’il a réussi à garder son calme - «J'ai fait belle figure dans l'entretien. Il y a quelques années, on aurait eu des blessures des deux côtés!». Et puis le moment de grâce, comme seul Ben Arfa peut en offrir. L’attaquant interrompt la conférence de son coach et s’excuse. Franck Ribéry en claquettes sur le plateau de Téléfoot lors du Mondial 2010 n’a rien inventé.

D’autant que Ben Arfa, l’art de l’embrouille, il la maîtrise depuis très longtemps.

«Ses excuses ont été très bien acceptées par le groupe et le capitaine, Lorik Cana. Il sait qu'il a fait une "connerie", mais elle vient d'un compétiteur et je préfère cela à un joueur qui s'en fout. Hatem a 20 ans, il a le droit à l'erreur, ce n'est pas dramatique», dira ensuite José Anigo. Pas dramatique, sauf qu’ensuite Ben Arfa ne marquera que deux buts en sept mois cette saison-là et, un an plus tard, après un violent clash avec Deschamps, il partira en Angleterre. Là-bas, il se fera casser la jambe par De Jong, inscrira des buts dont seuls lui et Messi sont capables et se fera jeter de Hull City parce qu’il ne courait pas assez sur le terrain. Un bon résumé de sa carrière, en somme.

Retrouvez nos précédents «clashicos» du Clasico

Episode 1: La bataille des Leroy, en 2000

Episode 2: Le festival du génie Ronaldinho, en 2003

Episode 3: Amoniaque et Clara Morgane en petite tenue, en 2005

Episode 4: Pandémie et guérilla, ambiance de fin du monde, en 2009