Monaco-Arsenal: Fumeur, sanguin, et anti-marseillais, bienvenue chez le Wenger de l’époque monégasque

FOOTBALL L'actuel manager d'Arsenal a passé huit ans sur le banc monégasque, entre 1987 et 1994...

J.L.
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Arsène Wenger sur le banc monégasque, le 30 janvier 1994.
Arsène Wenger sur le banc monégasque, le 30 janvier 1994. — COLIN MAX/SIPA

Les plus jeunes associent la carrière d’Arsène Wenger à celle d’Arsenal. Ils oublient que le manager des Gunners a durablement marqué la Ligue 1 et le football français sur le banc de l’AS Monaco, qu’il aura entraîné pendant sept longues années entre 1987 et 1994, avec titre de champion et finale de Coupe d’Europe à la clé. Retour sur le Wenger de l’époque, un peu plus jeune, et un peu plus funky aussi.

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Il clopait comme un malade

Arsène l’ascète, et son heure et quart de sport tous les matins à 6h, Arsène et son allure de gentleman londonien, qui s’habille chez les meilleurs tailleurs de Savile Row. Les deux images d’Epinal sont bien loin du Wenger monégasque, quand celui-ci clopait sans vergogne aux côtés de Jean Petit, dans une vidéo mémorable. «C’est Jean-Marc Guillou qui m’a contaminé dans les nuits de discussion de foot, expliquait l’intéressé sur Bein Sports récemment. Je me souviens d’une époque où on ne pouvait pas se voir après les matchs dans le bus à cause de la fumée». Ce qui n’empêchait pas Wenger de donner quelques leçons de diététiques à des joueurs parfois déboussolés.  

Il détestait l’OM

Le sujet est encore une plaie ouverte dans le staff de l’époque, et on le devine chez Arsène Wenger. Champion de France en 88, l’ASM d’Arsène termine ensuite soit troisième, soit deuxième, à chaque fois derrière l’OM. Une réalité mal digérée par le jeune entraîneur. Une anecdote, racontée par Emmanuel Petit dans son livre à propos d’un Monaco-Marseille largement perdu par l’ASM en 92 (0-3), résume tout. «Arsène me passe les buts au ralenti et finit par me demander: A quoi penses-tu quand tu vois ça? J’ai fini par lui dire que nous avions commis des erreurs de débutant, ce qui n’est pas dans nos habitudes. Il me dit "maintenant tu peux y aller, c’est la confirmation de ce que je pense également. Nous sommes plusieurs à penser que certains de nos joueurs ont été achetés par Marseille"

 

Il incarnait déjà la lose en Coupe d’Europe

Le statut Facebook «compliqué» entre Wenger et la Coupe d’Europe n’a pas commencé à Arsenal. Car le manager des Gunners a également joué une finale avec Monaco. Plombée, cette fois-là, par la catastrophe de Furiani. «Je me souviens surtout de la nuit précédant la finale, se souvient Arsène. C’était la nuit de la hantise à cause de la catastrophe de Furiani. On ne s’est pas couchés. C’était catastrophique. On avait Jean-Luc Ettori, qui était corse, dans les buts. On était tous consternés à l’hôtel. On avait essayé de décaler la finale auprès de l’UEFA mais ça n’avait pas marché.» Complètement hors-sujet, Monaco est fessé par le Werder Brême à Lisbonne (2-0).

Il était colérique sur le banc de touche

Si Wenger a acquis en Angleterre la placidité et le flegme propre aux Britanniques en (presque) toutes circonstances, l’entraîneur d’Arsenal était encore tout feu tout flamme à Monaco. Il n’hésitait pas à s’en prendre régulièrement aux arbitres et à ses joueurs, raconte Glenn Hoddle à Skysports. «Il pouvait se montrer violent dans ses causeries à la mi-temps. Quand on parle aux joueurs d’Arsenal, on a l’impression qu’il est toujours calme, mais moi je l’ai vu faire voler quelques verres en éclats dans le vestiaire. Sur le banc, il était toujours debout, prêt à se précipiter sur l’arbitre. C’est parce qu’il était plus jeune, j’imagine».  Même si cela ne se voit pas lors de sa première interview ever en anglais, après un déplacement à Swansea en 91.