Ligue des champions: «Arsène Wenger a révolutionné Monaco» se souvient Manuel Amoros

FOOTBALL Le défenseur aux 82 sélections en équipe de France était là quand le jeune Wenger est arrivé en Principauté…

B.V.

— 

Arsène Wenger sur le banc de Monaco, en 1990
Arsène Wenger sur le banc de Monaco, en 1990 — FABLET/SIPA

Lorsqu’il arrive à Monaco à l’été 1987, Arsène Wenger n’est qu’un jeune entraîneur de 38 ans tout juste relégué avec Nancy. Fumeur, sanguin, il n’était pas alors le placide manager qui se trimballe sur le banc d’Arsenal depuis plus de quinze ans, et qui va retrouver son ancien club mardi soir en Ligue des champions. Mais il avait déjà ses idées sur le métier, raconte l’ancien latéral Manuel Amoros, joueur de Monaco de 1980 à 1989.

Quand il arrive à Monaco avec son statut de relégué avec Nancy, comment l’accueillez-vous?

Normalement, on n’a pas fait trop attention à savoir d’où il venait et ce qu’il avait fait avant. Si le président Campora l’avait pris à l’époque, c’est parce qu’il avait les qualités pour entraîner l’AS Monaco. On ne s’est pas trop posé de questions.  

Quel est le premier effet qu’il vous a fait?

Même s’il est passé par Cannes, c’est un alsacien, il peut sembler un peu froid  comme ça, un peu distant. Mais dès les premières semaines, on s’est mis a beaucoup dialogué. Il s’est appuyé sur quelques anciens pour qu’on s’entraide. On a tout de suite senti qu’il amenait une nouvelle vision du football. Il avait déjà des idées nettes sur comment il voulait que son équipe et que le club évolue. Les entraînements étaient différents.Iil a instauré les mises au vert, il nous a appris à manger équilibré. A l’époque, ce n’était pas évident.

Il était en avance sur son temps?

Oui c'est vrai, c’était un entraîneur moderne. Il avait réfléchi plus tôt à ce qu'il voulait faire, à ce rôle de manager général. Quelque part, c’est lui qui l’a importé en France. Sur et en dehors du terrain, c’est lui qui faisait pratiquement tout, il avait les pleins pouvoirs et il adorait ça. Dans tous les aspects, il a révolutionné le club. Ça a rapidement payé, on a été champion dès la première saison.

C’était un plaisir de jouer au foot sous ses ordres?

Oui car il avait vraiment des séances d’entraînement attrayantes pour les joueurs. C’était plus basé sur la tactique, la manière de faire progresser son équipe et de la faire jouer vers l’avant. L’objectif était de prendre des risques tout en ayant une certaine sécurité. Tout le monde était attentif pour réussir ce qu’il pouvait proposer.

On connaît l’Arsène Wenger placide du banc de touche d’Arsenal. L’était-il déjà à Monaco?

Sur le banc, il était plus sanguin que maintenant. Aux entraînements aussi il était plus virulent. Il aimait la perfection, les choses bien faites. Si on faisait mal un exercice, on l’entendait crier. Il s’est sans doute assagi en prenant de l’âge (rires).

Wenger a toujours été un entraîneur très formateur avec les jeunes. Est-ce que son premier réflexe  a été de se tourner vers le centre de formation?

Pas la première année. Je pense qu’il avait besoin de faire un état des lieux dans le groupe, de voir les forces en présence. Après au bout d'un an ça a été plus facile de s'organiser et d'essayer d'avoir plus de jeunes. Dès qu’il pouvait en lancer un, il le faisait. Il adorait ça.