PSG: Comment aider Cavani à redevenir un grand buteur?

FOOTBALL L’attaquant uruguayen traverse une période très compliquée…

B.V.

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Cavani pas d'accord avec les choix de Laurent Blanc, le 30 janvier 2015 au Parc des Princes.
Cavani pas d'accord avec les choix de Laurent Blanc, le 30 janvier 2015 au Parc des Princes. — JEFFROY GUY/SIPA

«Comment je vais aider Cavani? En le mettant titulaire et en faisant en sorte qu'il marque des buts. Ça peut paraître paradoxal aujourd'hui, mais je suis persuadé qu'il va être de nouveau efficace». Laurent Blanc a déjà sa méthode pour remettre d’aplomb son attaquant uruguayen, en panne d’efficacité depuis plusieurs semaines (mois? années?) avant le huitième de finale de Coupe de France face à Nantes. Au cas où, 20minutes propose au coach parisien quelques idées pour refaire de Cavani le sublime buteur qu’il était à Naples.

Faire de la psychologie positive

«Un joueur qui doute, il va se mettre à forcer, à surjouer, et il faut le rassurer», présente Dominique Lucas, coach mental pour sportifs de haut niveau. L’idée, c’est donc de faire du «renforcement positif», c'est-à-dire «être capable de lui faire venir à l’esprit des images, des sensations, des émotions de tout ce qu’il a réussi avant», poursuit-il. En le mettant devant ses best-of de buts sur Youtube, par exemple? «Pourquoi pas, ou en l’allongeant sur un tapis, relaxé, presque en s’abandonnant mentalement. Il faut que ça fasse revivre quelque chose qui vient de l’intérieur chez lui. Quand vous passez ‘I Will Survive’ aux champions du monde 1998, ça leur fait encore des frissons aujourd’hui. C’est ça qu’il faut retrouver.»

Lui demander de défendre un peu moins

Il y a un an, interrogé par 20minutes, l’ancien attaquant Steve Marlet – et toute la Ligue 1 avec - était éberlué «par le potentiel athlétique hors du commun de Cavani, capable de faire des courses de 50 mètres dans les deux sens» pour redevenir défendre puis se retrouver devant le but adverse. Le problème, c’est que cette générosité ne l’empêchait alors pas de garder sa lucidité devant le but. Aujourd’hui, elle cache surtout une indigence offensive préoccupante et sauve ses matchs du vide. Sans doute serait-il plus efficace devant le but s’il dépensait moins d’énergie à tacler dans tous les sens?

Ne pas se réfugier dans le travail

C’est le reflexe N°1 du footballeur en cas de mauvaise passe: «il faut continuer à travailler». Certes, mais rien ne sert d’y réfugier. «Comme tout le monde, j’ai essayé de mettre un attaquant qui ne réussissait pas devant le but après l’entraînement et je demandais au gardien d’en laisser passer quelques-uns, explique Dominique Lucas. Mais ça ne donnait pas de résultat car j’essayais de résoudre un problème mental par un problème technique qu’il n’avait pas.» Il propose plutôt un travail précis sur les occasions ratées, pour «ne pas le laisser sur une mauvaise dernière impression». «Pourquoi pas, le plus vite possible après un match, revenir sur la pelouse quand tout le monde est parti et rejouer certaines occasions, le remettre en situation, voir son ressenti, comprendre pourquoi elles ne sont pas rentrées. Il faut faire en sorte qu’il sente que si la même action se représente à l’avenir, il marquera.»

Tenter de le mettre (un peu) sur le banc

C’est une idée que Laurent Blanc a totalement exclu: «Le but est de ne pas perdre un joueur qu’on va garder jusqu’à la fin de la saison. Il faut le mettre titulaire pour qu’il marque, même si ça peut paraître incohérent. Aidons-le!». Pourtant, son prédécesseur Vahid Halilodzic n’aurait pas hésité, lui, comme il l’expliquait dans les colonnes de l’Equipe. «Quand un joueur n'est pas bien, on le sort, pourquoi ce serait un problème? Pour moi, ce serait normal de donner une chance aux autres. Laurent Blanc pourrait en profiter pour avoir une discussion profonde, sincère, avec Cavani». Et lui permettre de se ressourcer au calme.

Lui redonner confiance en ses partenaires

«Pour qu’un joueur ne se sente pas nul, il faut aussi que ses partenaires lui envoient des signaux positifs, explique Dominique Lucas. Il doit reprendre confiance en lui-même mais aussi en eux.» Y compris Laurent Blanc, qui ne l’avait pas loupé après la victoire face à Rennes («Je lui ai dit que je l'avais trouvé insuffisant»). Le coach mental assure que c’est une question d’attitudes. «Ne pas se tenir la tête entre les mains quand il rate une occasion, venir lui taper sur l’épaule et l’encourager, préconise-t-il. Et même s’il a marqué un but facile à l’entraînement, il faut le féliciter.»