Tour de France: Valentin Midey, l’homme qui battait toujours Thibaut Pinot chez les jeunes

CYCLISME On a retrouvé l’ancien rival du grimpeur français en catégories inférieures…

Julien Laloye

— 

Valentin Midey, en tête, avec dans sa roue Thibaut Pinot, en 2005.
Valentin Midey, en tête, avec dans sa roue Thibaut Pinot, en 2005. — Valentin Midey

Il n’a pas les watts de Froome, le port altier de Contador, le punch de Quintana ou le panache de Nibali. En revanche, Valentin Midey peut gérer votre compte en banque comme personne en plus de mettre la misère à Thibaut Pinot sur commande. Cet employé du Crédit Mutuel du Besançon ne se souvient pas avoir perdu beaucoup de courses contre la meilleure chance française de victoire sur le Tour de France. « Entre 10 et 18 ans, on a couru ensemble tous les week-ends dans la région. L’un contre l’autre d’abord, puis dans la même équipe ensuite. Il essayait de me lâcher, hein, mais il était déjà sec, et j’étais meilleur sprinteur que lui, donc j’avais un petit avantage, c’est vrai que je le battais pas mal ».

>> Lire aussi : Pourquoi c’est le Tour le plus dingue depuis longtemps

Valentin est un garçon modeste : Pinot, qui se faisait systématiquement sauter au finish, est encore traumatisé rien qu’à entendre le nom Midey, comme il le raconte dans l’excellente interview accordée à Pédale. « Putain. Midey. Alors il devient quoi ? C‘était ma bête noire, celui-là. J’en avais deux en minimes et en cadet. Midey en Franche-Comté et Bouhanni en Lorraine. Je faisais toujours deuxième derrière Midey. Il était plus rapide que moi au sprint, alors il se collait à ma roue et comme les bosses devaient faire 500 mètres, impossible de le décrocher ». « C’était le problème des courses à l’époque des écoles de vélos, rigole Valentin. On faisait ça sur des petits tours de circuit, donc les organisateurs ne pouvaient pas mettre des côtes de 5 kilomètres ».

« Un type cool qui n’était pas à fond sur le vélo »

Mais le gars-qui-fait-toujours-deuxième-derrière-Midey n’est pas un mauvais perdant, même si, sans le vouloir vraiment, il devient un supporter d’Abraham Olano, « un type qui fait toujours deuxième ou troisième », comme lui (Pédale toujours). A cet âge-là, Thibaut Pinot préfère encore jouer au foot avec les potes. « Il lui arrivait de s’énerver un peu parfois, mais c’était un type cool, avec son casque toujours de travers, qui n’était pas à fond sur le vélo. Bouhanni, que je connais aussi, était bien plus impliqué ». Le leader de la FDJ change de dimension en débarquant chez les juniors. Lui et Midey, désormais équipiers à l’Amicale cycliste bisontine, continuent de se tirer la bourre - « On n’était pas du genre à se laisser gagner chacun son tour, comme dans certains clubs, hien » - mais Pinot profite des premiers cols pour étaler son potentiel.

« Ca s’est passé au moment où il a arrêté ses études pour se consacrer définitivement au vélo. Son frère venait d’avoir un pépin de santé (Ndlr : Julien Pinot, devenu entraîneur à la FDJ), et Thibaut avait roulé tout l’hiver. Ce n’était plus le même ». On est en 2007, et Pinot engrange le tour de Guadeloupe et le Tour d’Ardèche d’emblée. Midey ne le reverra plus, sans en nourrir de regrets particuliers. « Ca me fait plaisir de le voir là. Autant, avec certains, je ne dirais pas ça, mais Thibaut c’est un super type, avec qui je ne me suis jamais engueulé en dix ans. Sa première victoire dans le Tour, c’était quelque chose ». A l’époque, Valentin flambait encore dans la « Saône Jolie », une belle course régionale. Depuis, il a arrêté le vélo. Pinot, lui, a arrêté de supporter Olano.