Coupe du monde de rugby : Eddie Jones se plaint d’avoir été espionné à l’entraînement (et se farcit les journalistes néo-zélandais)

RUGBY A quatre jours de la demi-finale contre les All Blacks, le sélectionneur anglais a encore fait son show en conférence de presse

N.C.

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Eddie Jones, le sélectionneur de l'Angleterre, est un sacré personnage.
Eddie Jones, le sélectionneur de l'Angleterre, est un sacré personnage. — Christophe Ena/AP/SIPA

Eddie Jones est en forme. A quatre jours de la demi-finale de la Coupe du monde contre les All Blacks, le sélectionneur de l'Angleterre a donné à manger à tout le monde en conférence de presse, ce mardi. D’abord, il s’est plaint d’avoir repéré une personne en train de filmer l’entraînement de son équipe depuis un bâtiment qui donnait sur le terrain.

« Clairement, quelqu’un filmait depuis l’immeuble d’en face », a-t-il déclaré, alors que seuls les journalistes accrédités peuvent assister aux entraînements pendant la compétition et que l’espace qui leur est ouverte est strictement réglementée. L’Australien a ensuite pris soin d’afficher un air détaché. « Je m’en fiche, ça ne change pas grand-chose. Vous pouvez regarder n’importe quelle équipe sur YouTube. Il n’y a absolument aucun intérêt à faire ce genre de chose » a-t-il fait savoir.

Après cette mise en bouche, Jones a enchaîné avec son habituel show, fait de bons mots et de petites piques pour les journalistes. Il a assuré que son équipe n’avait aucune pression pour le match de samedi, appuyant son propos par un rapide sondage dans l’assistance. De fait, aucun journaliste présent n’a levé la main quand il a demandé qui voyait son équipe l’emporter à Yokohama face aux Néo-Zélandais.

Au contraire, tout le monde attend les All Blacks, qui seront en plus soutenus par « 120 millions de Japonais, car c’est leur seconde équipe », a-t-il dit. « Ils [les Blacks] doivent se demander comment ils vont gagner leur troisième Coupe du monde, ça met une certaine pression » a poursuivi Jones, passé maître dans l’art des « mind games », les luttes d’influence pour mettre la pression sur l’adversaire – ou un arbitre – avant une rencontre.

Quand il été demandé à l’Australien s’il tenait ces propos dans le but qu’ils soient lus par les All Blacks, ce dernier a répondu : « Quelqu’un devra leur demander, parce que les médias néo-zélandais ne le feront pas. Ce sont des supporters avec un clavier. » Boum. Les médias anglais, eux, ne sont pas comme ça. « Non, il y a une semaine, j’allais me faire virer » en cas d’élimination face à l’Australie, a-t-il rappelé avant de partir. Et dire que Bernard Laporte était tenté de lui donner les clés du XV de France après la Coupe du monde… On aurait bien rigolé.