XV de France: Ce que l'on retient de la liste de Brunel pour le Mondial au Japon

RUGBY La liste de Jacques Brunel a réservé son lot de bonnes et mauvaises surprises

William Pereira

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Jacques Brunel a donné sa liste pour la Coupe du monde 2019 au siège de la Société Générale
Jacques Brunel a donné sa liste pour la Coupe du monde 2019 au siège de la Société Générale — affia/UK Sports Pics/SIPA
  • Jacques Brunel a donné sa liste pour la Coupe du monde 2019 au Japon.
  • Entre les absents, les jeunes et les surprises, on fait le point.

De l’appel du 18 juin 2019, on retiendra qu’il claquait un peu plus que celui de 1940. C’est au siège de la Société Générale, dans un de ces gratte-ciel imposants qui font le charme de La Défense, que Jacques Brunel a donné sa liste de 31 + six suppléants qui prépareront la Coupe du monde au Japon pour laquelle « on ne part pas favoris », a jugé bon de rappeler Bernard Laporte en préambule.

Ils auront deux mois de préparation et trois matchs amicaux pour « rattraper leur retard sur les autres nations », dixit le sélectionneur. En attendant de voir nos Français se transformer en monstres de cardio et fins spécialistes des transitions rapides, on se contentera de décrypter cette liste largement remaniée par rapport au dernier VI Nations.

Bastareaud et Parra out

LA grosse info de la journée. Certes attendue, la mise à l’écart de Mathieu Bastareaud et Morgan Parra reste un choix fort de Brunel. On rappelle que le premier était, il n’y a pas si longtemps encore, le bras droit du capitaine Guilhem Guirado. C’était aussi la caution expérience et vie de groupe du XV de France. Mais plombé par un tournoi décevant, l’excellente saison de Guitoune et le virage technique opéré par le staff de Brunel (voir plus bas), il est donc prié de rester chez lui. Parra fait quant à lui les frais de sa blessure à la cheville et « des talents » à disposition. Le sélectionneur affirme sans trop se mouiller que sans ce pied récalcitrant, « Morgan aurait été dans les choix disponibles. »

La jeunesse au pouvoir

Avant l’annonce de la liste, Bernard Laporte a tenu à avoir un mot pour les moins de 20 ans, qualifiés pour la finale du Mondial après leur succès contre l’Afrique du Sud. Prémonitoire. Quelques minutes plus tard, Brunel ferait la part belle à la jeunesse dans son groupe de 31+6. Symbole de ce lifting générationnel, le Toulonnais Emerick Setiano, un « jeune, qui s’est montré dans un club pas facile, qui a montré de la présence, du caractère. Le profil des joueurs qu’on a retenu s’est fait en fonction de l’ambition qu’on veut de mettre en place un jeu de mouvement, de déplacement, il correspond à cette ligne-là. » Idem pour le Toulousain Mauvaka venu braquer une place dans la liste au gré d’une saison improbable. Reste qu’on ne gagne pas un Mondial avec une équipe de U25, même si la question de l’inexpérience ne semble pas inquiéter outre mesure le boss : « à chaque ligne il y a un joueur qui a un peu d’expérience. Il y a un bon équilibre. » On demande à voir.

Fabien Galthié n’a (officiellement) pas eu son mot à dire

On aura entendu tout et son contraire sur l’impact de Fabien Galthié et Laurent Labit, fraîchement débarqués dans l’équipe technique, sur le virage à 90° opéré en dernière minute par Jacques Brunel, lequel affirme avoir été maître de ses décisions. « Je dois vous avouer que Fabien comme Laurent sont arrivés très dernièrement, aucun des deux n’a souhaité peser sur les décisions parce que Fabien me disait qu’il ne connaissait pas suffisamment les joueurs du groupe ». Il n’empêche que tout ceci va un peu à l’encontre de ce qu’on a pu lire ces derniers jours sur les diverses réunions entre les deux hommes à Monaco puis à Marcoussis.

Raka avec Huget à l’aile, Thomas sacrifié

Il y a un an, la sélection de Raka n’aurait souffert d’aucune contestation. Mais le puissant ailier de l’ASM, capable de faire de grosses différences n’est pas celui qu’on a connu avant sa blessure au poignet en fin d’année. Aujourd’hui, sa convocation aux côtés d’Huget (qui vit sur son doublé en finale contre l’ASM) à l’aile relève donc de la demi-surprise, et se fait au détriment de Teddy Thomas, même pas appelé pour être suppléant. Brunel explique : « Raka a des qualités au-dessus de la moyenne, il le montre depuis deux ans. On aurait pu mettre Teddy Thomas dans les suppléants mais on a préféré mettre un poste d’arrière car Thomas n’est pas assez polyvalent pour couvrir ces poste. »

Du bricolage à l’ouverture

« Le seul garçon qui joue régulièrement à l’ouverture, c’est Camille Lopez. On doit tenir compte de cette particularité. » Pas besoin d’être un fin spécialiste pour comprendre que Brunel semble aussi embêté que nous à l’idée de devoir bricoler avec Antoine Dupont – dont on se souvient quand même de la masterclass en 10 contre le Racing - et un Romain Ntamack dont le temps de jeu a fondu comme neige au soleil après la hype de début d’année. « C’est le problème du rugby français », se lamente le sélectionneur. Si seulement c’était le seul…