Coupe du monde de rugby: Soulagé d’en finir, Saint-André souhaite «bonne chance» à Guy Novès

RUGBY Le sélectionneur est apparu comme libéré par le scénario catastrophique de ce quart de finale perdu par la Nouvelle-Zélande...

Julien Laloye
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PSA n'a pas mené les Bleus au titre promis.
PSA n'a pas mené les Bleus au titre promis. — Christophe Ena/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Cardiff,

On ne savait pas qu’une si grande désillusion pouvait libérer un homme à ce point. C’est dur à croire, mais prendre 60 pions devant le monde entier face aux Blacks nous a rendu le vrai PSA, celui d’avant, un rigolard à la voix assurée, tellement loin des conférences de presse chevrotantes et des yeux larmoyants des dernières années. Pour résumer, l’homme était presque content que la vérité sur l’état du XV de France ait éclaté au grand jour. 62-13, ça laisse peu de place au débat sur le choix des hommes ou celui de plan de jeu, en bref, ce n’est pas qu’une histoire de sélectionneur, même si on parle de celui qui possède le pire bilan depuis des siècles.

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Saint-André a donc pu lâcher tout ce qu’il avait sur le coeur sur son sujet favori, l’organisation du rugby français. « On avance chaque année à 10km/h, d’autres pays avancent à 20, on ne peut pas dans notre sport jouer onze mois sur douze et 40 matchs par an. Quand on voit les Gallois ou les Irlandais, qui jouent 25 matchs par an, qui ont trois intersaisons, qui sont optimisés… Ce n’est pas avec trois mois de préparation en quatre ans qu’on pouvait espérer gagner ce match ». On lui glisse que c’est peut-être aussi une histoire de génération. On a bien vu toute la semaine que ce groupe n’avait la moelle de ses prédécesseurs, en dehors d’un Fofana ou d’un Maestri. « Ce n’est pas un problème de génération. On a des joueurs qui ont du potentiel mais bon… Je suis sûr que ceux qui sont là ont beaucoup appris et qu’ils feront les victoires françaises ».

Le tout balancé en souriant, comme une fois qu’on sort de la dernière épreuve du bac. Peu importe que ce soit réussi, le tout c’est que ce soit fini. PSA, qui a même plaisanté avec certains journalistes qu’il connaît bien avant de partir, en avait donc pas mal rien à fiche de son rôle dans le désastre. « Je prends ma part de responsabilités par rapport à ces défaites-là. A partir du moment où tu perds tu dois mieux faire, tu dois trouver des solutions, mais je voulais quand même remercier mon staff et les joueurs qui on travaillé comme des fous. J’ai pris énormément de plaisir depuis le 5 juillet avec eux ». A cet instant, on sent le bonhomme sincère. Il est juste heureux de quitter un job qui l’a déprimé pendant quatre ans. Son « Bonne chance » à Guy Novès pour finir avait tout du cadeau empoisonné : dans la bouche de PSA, cela voulait plutôt dire « refuse pendant qu’il en est encore temps.