Coupe du monde de rugby: On a imaginé le scénario miraculeux d’une victoire contre les Blacks

RUGBY Une manière de s’autopersuader avant le quart de finale entre la France et la Nouvelle-Zélande…

Julien Laloye
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L'équipe de France de rugby avant son match contre l'Irlande, le 11 octobre 2015 à Cardiff.
L'équipe de France de rugby avant son match contre l'Irlande, le 11 octobre 2015 à Cardiff. — DAMIEN MEYER / AFP

De notre envoyé spécial à Cardiff,

1999, 2007, et maintenant 2015. Comme tous les huit ans, l’équipe de France va battre la Nouvelle-Zélande en Coupe du monde samedi à Cardiff, c’est écrit. Comment ? 20 minutes vous raconte l’exploit presque minute par minute. Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas quand vous jouerez les supporters de la 25e heure.

Samedi 10h : La balade de la rébellion

Après un petit-déjeuner copieux au Celtic Manor, le XV de France sort se dégourdir les jambes pour la traditionnelle promenade d’avant-match. Philippe Saint-André propose à ses joueurs de rejoindre le centre-ville de Newport, ces derniers refusent et préfèrent fait le tour du terrain de golf « parce que Newport c’est loin ». La rébellion tant attendue est en marche. « Les Bleus ne veulent plus voir leur staff en peinture, cette fois c’est sûr », titre un hebdomadaire de référence sur son site internet.

 

INFO OBS. Saint-André écarté, les Bleus en autogestion http://t.co/qsFMmP9Y5X pic.twitter.com/ykLSfl6VS0
— L’Obs (@LeNouvelObs) October 15, 2015

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11h30 : Le touché qui rassure tout le monde

Juste avant de finir leur promenade, les Bleus croisent un groupe de rugbymen collégiens en plein entraînement et leur proposent un petit jeu de « touché » (on touche à la place de plaquer) avant le repas. Impeccables dans les rucks face à la redoutable 2e ligne adverse (John « the beast », 12 ans, et Dave « big muscles », 13 ans), Les Français déroulent leur rugby, la preuve, ballon parvient même jusqu’à l’aile de Dulin. Tout le monde rentre à l’hôtel avec le plein de confiance.

13h30 : Un œil sur le match de 2007 pour l’inspiration

Le staff organise une petite session vidéo sur la victoire de 2007 pour tenter de reproduire le miracle. Certains montrent une vraie curiosité, comme Fofana : « J’avais jamais vu ce match. On a déjà battu les Blacks en Coupe du monde ? Dingue ! ». Mais la session tourne mal quand on arrive au dégagement de Michalak qui tombe dans les bras d’un adversaire… à l’entrée des 22 mètres. Grosse gêne dans la salle, où chacun regarde ses tongs/chaussette. Finalement, Lagisquet dissipe le malaise en mettant le DVD « 300 : la naissance d’un empire », dont le premier opus avait inspiré l’équipe de 2007. La vue d’Eva Green à moitié nue met tout le monde d’accord.



18h30 : Arrivée au Millenium qui n’a d’yeux que pour les Bleus

L’équipe de France entre sur la pelouse sous une énorme ovation qui surprend tout le monde. L’explication et pourtant simple. Les Gallois viennent d’être éliminés par l’Afrique du Sud et les Bleus jouent en rouge. CQFD

19h55 : Les Blacks obligés de refaire le haka

Les Bleus, qui ont choisi de prier en cercle sur la pelouse en fermant les yeux très fort, ne regardent pas les Blacks au moment de haka. Cela tombe bien, celui-ci doit être répété trois fois. Mc Caw était hors-jeu sur les deux premières.



5e minute : La France n’a pas encore encaissé de points

L’impact sur les premiers plaquages est rude. Le jeu est même interrompu plusieurs minutes après une charge dévastatrice de Louis Picamoles sur un ramasseur de balle. Ce dernier pourra en vouloir à sa maman, qui lui a donné une parka noire pour aller au stade. Heureusement, le jeune garçon est plus résistant que Jonathan Sexton.

10e minute : La France n’a toujours pas encaissé de points

Papé a tout de même sauvé le coup en mettant son plexus en opposition alors que Conrad Smith allait aplatir. O’Brien apprécie devant sa télé.

16e minute : Encore un essai tout fait raté par les Blacks

En bout de ligne, Ben, l’autre Smith, fait tomber le ballon dans l’en-but comme un Dominici de la grande époque. Les Bleus ne sortent plus de leurs 22 mètres.

21e minute : Spedding dans ses oeuvres

Les Blacks sont sanctionnés pour un nettoyage trop agressif. A 57 mètres à droite, Spedding tente la pénalité. Ça passe. 3-0

25e minute : Spedding dans ses œuvres bis

La mêlée française prend le dessus et obtient une pénalité aux 62m un peu à gauche. Spedding la tente. Il est un poil court, mais l’ambition et le french flair sont au rendez-vous.

28e minute : Premier essai des Blacks

Les Bleus tentent de se faire trois passes de suite. C’est au moins deux de trop, et Savea ne se gêne pas pour intercepter et filer entre les perches. 7-3

36e minute : Spedding…

Sur un ballon de récupération jouable à hauteur des 60 mètres, le ballon arrive à Spedding, qui tente un drop impossible. Parra lui passe une soufflante monstrueuse.

Mi-temps. La France est dans le coup

Philippe Saint-André est interdit d’entrée dans le vestiaire tricolore et se voit retirer son accréditation. Une consigne de Serge Blanco, qui assure en personne la causerie avant la reprise. Parra, déjà de retour, sur le terrain engueule Nigel Owens pour son léger retard. L’aboyeur est bien là.



47e minute : Carton jaune pour Le Roux

Le troisième ligne du Racing arrache involontairement la tignasse de Ma’a Nonu sur un plaquage un tout petit peu trop haut. Il est exclu pour dix minutes et n’a d’autre choix que de quitter le terrain avec le scalp de sa victime dans la main droite. La peur commence à se lire dans les regards des Blacks.

55e minute : Carter enquille les points

En infériorité numérique, les Français souffrent. Carter passe deux pénalités faciles. 13-3. Devenu coach par intérim, Parra décide lui-même de se placer à l’ouverture pour changer la donne. Kockott rentre au centre, Bastareaud en troisième ligne, et Nyanga à l’aile. En face, on commence à paniquer sérieusement.

63e minute : Le contre-éclair des Bleus

Le tournant du match. Acculés, les Bleus récupèrent un ballon grâce au travail de Bastagros dans les rucks. Michalak veut dégager mais son coup de pied est tellement court qu’il arrive sur Nyanga, qui donne pour Kockott au soutien. 13-10. Saint-André exulte depuis The Yard, un pub pas loin du Millenium.



68e minute : Pascal…

Faute bête de Papé qui coûte 3 points à un moment en crucial. Le gros nounours du Stade Français rentre en pleurant aux vestiaires après avoir été sermonné par Parra. 16-10 pour les Blacks.

71e : McCaw gravement blessé

Tout juste revenu du frigo, l’équarrisseur du Cap Bernard Le Roux assassine Mc Caw à la sortie d’un regroupement. Le capitaine des Blacks est évacué sur civière. Debout, le stade ovationne Le Roux, malheureusement expulsé. La France va finir à 14.

80e : Un contre pour l’éternité

Dernière minute et dernier ballon pour la France dans ses 22 mètres. Les Bleus tentent leur première combinaison de l’ère PSA devant une défense néo-zélandaise médusée. Un discret croche-patte de Parra sur Nigel Owens permet à Bastareaud de passer à vide pour laisser le trou à Fofana, qui sprinte 80 mètres balles en main jusqu’à l’essai. Michalak s’avance pour tenter la transformation de la gagne, mais Parra le pousse sans ménagement vers la touche. C’est lui qui donne la victoire aux Bleus, 17-16.



23h05 : PSA ne rentre pas

Euphorique, Serge Blanco reprend une part de gâteau en tribune. Saint-André tente, lui, de revenir au stade. Il est éconduit par les vigiles.

23h10 : Parra se nomme entraîneur

Morgan Parra prend la parole en conférence de presse. « Ce soir c’est la victoire de tout un groupe. Enfin surtout la mienne ». Le Clermontois annonce qu’il prend les rênes de l’équipe jusqu’à la fin du mondial. « Il ne s’agira pas d’autogestion, mais bien d’une dictature ». Guy Novès n’aura pas trop de mal à se fondre dans le rôle.