Mondiaux de Londres: «Un podium? Je prends», un an après Rio, Lavillenie est lucide sur ses chances

ATHLETISME Devenu papa, le perchiste français a surmonté l'échec de Rio et se montre apaisé avant la finale mardi soir...

M.C.-V.

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Renaud Lavillenie à Londres le 6 août 2017.
Renaud Lavillenie à Londres le 6 août 2017. — Matthias Schrader/AP/SIPA

Qualifié pour la finale du saut à la perche avec un saut à 5,70m (à suivre mardi à partir de 20h30), Renaud Lavillenie est l’une des plus grandes chances de médaille française lors des Mondiaux de Londres. Un an après l’échec des Jeux olympiques de Rio, le perchiste s’est entretenu avec le journal L’Equipe. Il est visiblement devenu un autre homme.

  • L’affaire Owens l’a meurtri

Le Français a très mal vécu sa médaille d’argent brésilienne. Copieusement conspué lors de la cérémonie protocolaire, Lavillenie avait fondu en larmes, avant de déclarer devant des journalistes : « En 1936, la foule était contre Jesse Owens. On n’avait pas vu ça depuis. » Aujourd’hui, Lavillenie parle d'« histoire considérable ». « Quand tu t’en prends plein la gueule alors que personne ne comprend ce que tu veux dire, tu n’as plus d’autre choix que de te taire. […] Plutôt que la franchise qui me caractérisait, j’ai appris à devenir plus diplomate », explique-t-il.

  • La parentalité le fait relativiser

L’athlète a su rebondir grâce à une heureuse nouvelle : la naissance d’une petite fille en juillet dernier. Cet événement lui a permis de comprendre « qu’il y a d’autres choses plus importantes dans la vie que sauter à la perche ». Au moment de plonger les mains dans la magnésie, Lavillenie pensera certainement à sa progéniture. « Il y a quelqu’un de plus derrière moi que je n’ai pas envie de décevoir. »

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  • Il dit être « redevenu » performant

Jamais titré en Championnat du monde, Lavillenie n’en fait pourtant pas une fixette. S’il peut « jouer le podium », ça serait une finale réussie. Le Français se dit « lucide », après avoir vécu un hiver en doudoune plutôt qu’en short de compét' (il était blessé à une jambe). « J’ai vite compris que l’hiver 2017 serait compliqué. Il me manque quatre mois de perche de décembre à avril », reconnaît-il. Lavillenie vise même une barre à 5,95m dans le stade olympique de Londres, là où il avait obtenu la médaille d’or au JO il y a cinq ans. Un bon présage ?