Mondiaux d’athlétisme: Lavillenie le maudit n’est toujours pas champion du monde

PERCHE Le Français termine en bronze…

B.V.

— 

Renaud Lavillenie battu aux Mondiaux de Pékin, en août 2015
Renaud Lavillenie battu aux Mondiaux de Pékin, en août 2015 — Wong Maye-E/AP/SIPA

Carambarre, encore raté. Pardonnez-nous le jeu de mot (Caramba - > barre - > perche - > humour) un peu forcé, mais on l’a un peu mauvaise. Sûrement pas autant que Renaud Lavillenie lui-même, mais disons qu’on compatit Patron incontesté du saut à la perche depuis plus de cinq ans, champion olympique, le Français s’est encore une fois vautré aux Mondiaux. Comme en 2009 (3e), en 2011 (3e), et en 2013 (2e). Cette fois-ci, il termine troisième mais à son échelle, cette médaille n’a que le goût de l’échec.

(Le palmarès de Renaud Lavillenie depuis 2009. En rouge, les Mondiaux)

Et on a un peu de mal à l’expliquer, à vrai dire. Lui aussi, d’ailleurs. « Il y a un peu d’incompréhension, mon échauffement se passe bien, ma première barre est bonne, ça me met en confiance. Même le premier échec à 5,90 m ne m’inquiète pas. Mais je fais quasiment trois fois le même saut, alors que la perche que j’ai choisie est la même que celle que je prends habituellement », bredouille-t-il après coup. On résume : après un premier saut très facilement réussi à 5,80m, Lavillenie semble intouchable. Mais il se dérègle et rate ses trois suivants à 5,90m, donnant l’impression de passer en hauteur mais pas en profondeur. Le Canadien Barber (1e) et l’Allemand Holzdeppe (2e), eux, passent cette marque. Suffisant pour battre le Français.


Lavillenie échoue à 5,90m, il ne sera pas… par francetvsport

Forcément rageant, quand on sait que Lavillenie est passé lors de neuf compétitions différentes au-dessus des 5,90m cette saison. Mais ce n’était pas les Mondiaux. Fait-il un blocage psychologique devant le seul titre qu’il lui manque ? « Honnêtement non, ça ne m’a pas trotté dans la tête, évacue-t-il. J’étais bien dans la tête, je n’ai pas eu de coup de stress ou de pression. Mais la perche, ça ne s’écrit pas toujours comme on le souhaite, et il faut savoir l’accepter. »

Mais en attendant, la France, trois fois championne olympique depuis 1984, ne tient toujours pas son premier champion du monde de saut à la perche.