Le mercato, la menace fantôme

Romain Canuti

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Rod Fanni aimerait que l'effectif de l'Olympique de Marseille reste intact jusqu'à la fin de l'année.
Rod Fanni aimerait que l'effectif de l'Olympique de Marseille reste intact jusqu'à la fin de l'année. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

A Marseille, personne n'a oublié le coup d'Ahmed Hossam Mido en 2004. Parti se refaire une santé à Merano, l'Egyptien devait être l'attaquant de l'équipe de José Anigo. Il est finalement parti à Rome le dernier jour du mercato, laissant un effectif sans véritable pointe.
Cette saison, l'OM pourrait subir le même scénario. Et même si les départs ne concernent pas le poste d'attaquant, quoi qu'il ne faut jurer de rien, la situation est d'autant plus rageante qu'après trois journées, le club est en tête du championnat. Il y a donc peut-être un coup à jouer avec ce groupe. Rod Fanni est même à deux doigts de lancer un appel à ses dirigeants, de leur demander de repousser les impératifs financiers à l'année prochaine. Mais la raison l'emporte. De toute façon, pour l'arrière droit, le groupe survivra à un ou deux départs : « C'est vrai qu'il y a beaucoup d'incertitudes, autour des joueurs, du club. Mais sur le terrain ça ne se voit pas parce qu'on joue le jeu à fond, on ne se pose pas plus de questions que ça. Par exemple, moi je n'essaie pas de savoir ce qu'il va se passer pour X ou Y. On joue au jour le jour, on ne calcule pas, on essaie surtout de se racheter par rapport à la saison passée. » A la fin du match à Montpellier, le défenseur désormais indiscutable glisse même dans un sourire : « Si ça se trouve, ceux qui devaient partir vont peut-être avoir envie de rester. » Une vision évidemment un brin simpliste. Car l'OM n'est pas pris en otage par les désirs de Premier League de certains membres de son effectif, mais bien par la volonté de l'actionnaire de réduire coûte que coûte la masse salariale.

L'équilibre pourrait être fragile
Stéphane Mbia pourrait ainsi rallier l'Angleterre avant samedi, tout comme Loïc Rémy ou l'un des frères Ayew. Pour les remplacer, Elie Baup a martelé que sa priorité était un défenseur central. Le marché sud-américain est passé au peigne fin, mais si des solutions peu onéreuses sont trouvées, un arrière gauche et un milieu axial pourraient débarquer. Et tant pis pour certains, à l'image de Kaboré, qui prennent goût à la titularisation. « La concurrence, ici, c'est normal, relativise le Burkinabé. Mais l'équipe est bien en place… »