Londres 2012: Ce qu'il faut retenir des Jeux olympiques

JO Ils ont assuré, ils ont surpris, ils ont fait les Jeux de Londres...

Antoine Maes
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Usain Bolt à l'arrivée du 4x100m, le 11  août 2012, à Londres.
Usain Bolt à l'arrivée du 4x100m, le 11  août 2012, à Londres. — OLIVIER MORIN / AFP

De notre envoyé spécial à Londres

L’image: Difficile de n’en retenir qu’une seule. On s’est donc facilité la tâche en en prenant trois. La première, c’est Felix Sanchez en pleurs sur le podium pour son titre sur 400m/haies. A 40 ans, le Dominicain revient au sommet, huit après son 1er sacre, à Athènes. Un peu plus jeune, mais déjà à la retraite, Michael Phelps a profité des JO de Londres pour devenir l’athlète le plus médaillé de tous les temps (24). Le voir regarder son trophée frappé du terme «The Greatest» a été assez émouvant. Enfin, la presse anglaise s’est déchaînée pour supporter Bradley Wiggins. Le matin de son sacre sur contre-la-montre, le Sun proposait de découper des rouflaquettes dorées sur sa Une. Le lendemain, le Times montrait le dernier vainqueur du Tour de France avec ce titre: «Voilà ce que ses rivaux voient en course».

La  lose: Double champion olympique sur 5.000 et 10.000m, Kenenisa n’a  ramené aucune médaille de son séjour londonien, éclipsé par Mo Farah.  Sur le 110m haies, le Chinois Liu Xang, pour la 2e fois  de suite, est passé totalement au travers de son épreuve. Cette fois,  il n’y est pas vraiment pour grand-chose: il s’est rompu le tendon  d’Achille sur la première haie de sa première série. Grosse crise sur  les tatamis pour le Japon. Les Nippons n’ont ramené qu’un seul titre  (pour 7 médailles) des tatamis britanniques. Un scandale pour eux.

Les  patrons: Dans le sillage d’Usain Bolt, la Jamaïque a ravagé les podiums  du sprint. Doublé sur le 100m, triplé sur le 200m, médaille d’or et  record du monde sur le 4x100m. Et avec ça un goût du spectacle qui a  enflammé le stade olympique. Le public britannique n’a pas eu besoin  d’échauffement pour pousser Mo Farah vers un doublé 5.000m/10.000m  splendide. Quant à David Rudisha, à seulement 23 ans, il a fait du 800m  la plus longue des disciplines du sprint. Enfin, à la piscine, Michael  Phelps a fait ses adieux à la natation en devenant l’athlète le plus  titré de tous les temps (24 médailles).

Le  rêve envolé: Toujours sur la piste, l’Américain Tyson Gay était dévasté  après avoir échoué dans sa quête d’un podium sur le 100m. On en a moins  parlé, Mais Roger Federer ne repart de Wimbledon qu’avec de l’argent,  battu en finale par le local Andy Murray. Le Suisse ne sera probablement  jamais champion olympique en simple. Enfin, Mark Cavendish, dans une  course pour lui, n’a pas remporté l’épreuve. Marquée de près, l’équipe  britannique a dû se résoudre à laisser Vinokourov ramener l’or.

La  phrase: «Je suis une légende vivante». L’auteur? Usain Bolt,  évidemment. C’était la star incontestée de ces JO. Par ses performances  sur la piste d’abord, où il a signé son 2e triplé  100m-200m-relais4x100 après Pékin. En dehors aussi, pour sa «coolitude»  absolu, sa façon de faire le show avec le public et son art de faire de  ses conférences de presse de vrais one-man-show.

Les  révélations: Visiblement, il fait bon être adolescent pour ramener de  l’or de la natation. Titrée sur le 200m et le 400m et quatre nages, la  Chinoise Shiwen Ye n’a que 16 ans. Et son dernier 50m sur le 200m était  plus rapide que celui de Ryan Lochte, la star américaine. Plus jeune  encor,  la Lituanienne Ruta Meilutyte, championne olympique du 100m  brasse.

L’escroquerie:  Les Britanniques ont explosé leur record, avec 64 médailles, dont 29  d’or. Une performance exceptionnelle, aidée de temps en temps par des  décisions d’arbitrage étranges. La dernière? Le plongeur Tom Dailey qui a  droit à un 2e essai parce qu’il est  «ébloui par les flashs». Pour Sebastian Coe, le président du Comité  d’organisation, ce n’est pas aussi simple. «Toutes les conditions  étaient réunies. Des entraîneurs de classe mondiale, un grand pool de  talents, et un niveau de financement prévisible. On ne peut pas obtenir  l’excellence à tarif réduit».

La  perf: Les Etats-Unis, battus au tableau des médailles il y a quatre  ans, ont remis les choses à l’endroit, avec 103 breloques dont 45 d’or.  Longtemps au contact, la Chine a dû s’incliner. Le CIO, qui ne tient pas  officiellement de classement des médailles, pourrait peut être décider  d’en mettre un en place pour Rio. Cette année, on n’en a pas vraiment  besoin.