Ligue1: Lorient connaît la recette pour battre le PSG

Julien Laloye

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Le Lorientais Kevin Monnet-Paquet face aux Parisiens Sakho et Nenê, au Parc des Princes, le 06 août 2011.
Le Lorientais Kevin Monnet-Paquet face aux Parisiens Sakho et Nenê, au Parc des Princes, le 06 août 2011. — ALBAN PIERRE/SIPA

Lorient qui vient visiter la capitale en été, c’est l’assurance d’un plan qui se déroule sans accroc. L’équipe de Christian Gourcuff s’est déplacée quatre fois au Parc des Princes au mois d’août depuis 1998. A chaque fois, les Bretons sont repartis vainqueurs, dont la dernière, en 2011. C’était déjà le Paris des Qataris, et ça n’avait rien changé l’affaire. Pascal Camadini et Guillaume Moullec, deux ex-Lorientais ayant participé un jour au casse du Parc, donnent la solution clé en mains d’un nouveau succès breton en terre parisienne samedi lors de la première journée de L1.

Faire abstraction des stars adverses

Si le PSG a pris une autre dimension, les stars de l’équipe de 2012 ne sont pas beaucoup plus impressionnantes que celles d’avant. Pascal Camadini, titulaire lors de la victoire lorientaise en 1998 (1-2), se souvient d’avoir croisé sur le terrain Simone, Okocha, ou encore Wörns, des noms clinquants pour l’époque. «L’écart de talent individuel est peut-être un peu supérieur aujourd’hui, mais il ne faut pas avoir peur. Avec Christian Gourcuff, on ne se fixe pas sur l’adversaire. Ca aide à relativiser». Guillaume Moullec, présent lors des victoires de 2006 et 2007 (2-3 et 1-3 en faveur de Lorient), avait affronté Pauleta, Rothen ou Kalou. Sans que cela ne l’émeuve le moins du monde. «Paris a un gros effectif à chaque début de saison. Mais nous on venait de monter et on voulait prouver qu’on avait le niveau. On était tous à 110% et s’il y avait de l’appréhension, elle était positive».

Miser sur le différentiel de préparation physique

Le PSG et Lorient ne sont pas préparés pour les mêmes échéances. Carlo Ancelotti veut que ses joueurs atteignent leur pic de forme pour la Ligue des champions, alors que les Bretons vont démarrer le championnat déjà à bloc. Bref c’est le bon moment pour Lorient de défier le PSG. «A choisir, il vaut mieux les jouer maintenant explique Camadini. A cette période de l’année, les grosses équipes ne sont pas prêtes, elles ne jouent qu’avec le talent, avant de rajouter le physique à l’automne.» Cela peut se payer en fin de match, quand les organismes commencent à fatiguer, confirme Moullec: «La consigne, ce sera certainement de serrer les rangs d’abord puis espérer un relâchement dans le dernier quart d’heure.»

Jouer avec les états d’âme du public

A Paris encore plus qu’ailleurs, le public peut vite se retourner contre son équipe en cas de rencontre mal goupillée. Une donnée que doivent prendre en compte les Bretons, assure Moullec. «En 2006 on vient gagner avec un doublé se Fabrice Fiorèse; C’était son retour au Parc des Princes. L’ambiance était très tendue, cela avait généré une sorte de solidarité autour de lui et certainement eu un impact sur le résultat.» Pascal Camadini se souvient lui de supporters plutôt calmes jusqu’aux dernières minutes, quand Lorient a pris l’avantage. «Le début de saison parisien était un peu galère, sur la fin de match, ça a commencé à «gueuler» un peu et on ne sentait pas les joueurs hyper-sereins.»

Attendre le pêché d’arrogance adverse

Lors des quatre succès bretons au Parc, le PSG a mené trois reprises au score à la mi-temps avant de se faire rejoindre puis dépasser. La faute à une certains suffisance, selon Moullec. «On était des inconnus pour eux, ils nous avaient pris un peu de haut et on en avait profité sur la fin» assure celui qui défend maintenant les couleurs de Clermont. Pour Camadini, ce sentiment de supériorité doit encore être plus répandu dans les rangs parisiens cette saison qu’il y a quelques années. «Franchement, Ibra et les joueurs étrangers, Lorient ils s’en foutent (sic). Ils ne seront pas à fond de la première à la dernière minute. Ils joueront uniquement sur le talent, ça peut passer». Mais ça peut aussi casser. Comme tous les ans, finalement.