Londres 2012: Comment les proches d'Estanguet ont vécu sa victoire

JO / CANOE En tribunes aussi, le clan du Français a gagné haut la main...

Romain Scotto, à Londres

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Les proches de Tony Estanguet, lors du titre de champion olympique de canoë du Français, le 31 juillet 2012 à Londres.
Les proches de Tony Estanguet, lors du titre de champion olympique de canoë du Français, le 31 juillet 2012 à Londres. — R.Scotto/20minutes

De notre envoyé spécial à Londres,

A plus de 900km de Pau, la «Lee valley» avait des airs de sud-ouest délocalisé mardi après-midi. C’est dans ce lieu un brin marécageux à une heure de train de Londres que les proches de Tony Estanguet se sont réunis pour encourager celui qui a décroché son troisième titre olympique. Une quinzaine de supporters privilégiés, dont sa femme Laetitia, sa maman, l’un de ses frères aînés et des amis de fac. Dans la tribune métallique qui borde le bassin, ils n’ont cessé de hurler et de faire résonner leurs sifflets lors du passage du Français.

«On encourage comme des fous, sauf au départ, parce qu’il n’aime pas trop ça. Mais une fois que c’est passé, on peut s’égosiller», indique Olivier, un ami rencontré à Toulouse lors de sa formation en Staps et avec qui il fait parfois du parapente. «Vous savez quoi? La première fois qu’il a essayé, il s’est posé dans les arbres et on a passé l’après-midi à décoincer la voile…» Avec son béret et son maquillage tricolore, ce prof de sport n’est pas le dernier à donner de la voix.

Des sifflets qui énervent le vigile

Pour l’occasion, la petite troupe a volontairement ressorti du placard les déguisements d’Athènes. Les T-shirts, chapeaux et drapeaux de Pékin (où Estanguet avait été éliminé en demi-finale) sont cette fois restés au placard. «Mon T-shirt sent encore l’odeur d’Athènes», se marre Mélanie, une amie de la femme de Tony, très fière de ses boucles d’oreilles en plumes bleu-blanc-rouge.

A chaque grande compétition du céiste, elle n’hésite pas à poser sa RTT pour faire le déplacement. Peu importe le prix du billet, qui avoisine les 100 euros. «J’ai dit à Laetitia que je ne voulais rien savoir. Je voulais être là!» Idem pour Safia, dont le palpitant est monté très haut pendant l’épreuve. «Il n’y a pas un défibrillateur? J’ai le cœur qui bat beaucoup trop vite là!» Comme tous les membres du clan, elle s’est époumonée dans des sifflets, au point d’agacer un vigile du CIO particulièrement rougeot. «Il n’a plus d’aspirine, c’est pour ça», lance un copain du champion.

Sa femme: «A chaque fois, je me mets dans sa peau»

Derrière, une Allemande se plaint de ne rien voir et demande à tout le monde de se rasseoir. Peine perdue. Un titre olympique vaut bien plus que le confort d’une fan.  Jusqu’au dernier passage, toute la troupe croise les doigts. Avant l’explosion finale. Certains pleurent, d’autres sautent sur place. Laetitia, elle, multiplie les embrassades. «J’étais stressée comme jamais parce qu’à chaque fois, je me mets dans sa peau. Etre en groupe ça aide», savoure celle dont le maquillage coule de plus en plus entre les pleurs et l’arrivée de l’orage. Dans la soirée, c’est un liquide à bulles qui coulera à flots.