Londres 2012: Ye Shiwen, la Chinoise qui nage aussi vite que les hommes

JO / NATATION A 16 ans, elle vise un doublé olympique controversé et retentissant...

Antoine Maes

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La nageuse chinoise Shiwen Ye, le 30 juin 2012, à Londres.
La nageuse chinoise Shiwen Ye, le 30 juin 2012, à Londres. — CHRISTOPHE SIMON / AFP

De notre envoyé spécial à Londres,

Si elle s’est mise à la natation, c’est parce que son institutrice avait remarqué ses grandes mains.  Ye Shiwen n’avait alors que six ans. Dix ans plus tard, la Chinoise sortie de nulle part ou presque, déjà sacrée sur 400m quatre nages (où elle a pulvérisé le record du monde d’une seconde), est l’immense favorite du 200m quatre nages, dont la finale se déroule mardi.

Plus que son doublé annoncé, plus même que son record du monde sur 400m, c’est un temps assez incroyable qui a marqué les esprits. Ye Shiwen a nagé son dernier 50m plus rapidement que… Ryan Lochte, la star de l’Aquatic Center. «Si elle avait été là avec moi, elle m’aurait peut-être battu», a lâché l’Américain, qui oublie volontairement qu’il a quand même «gagné» les sept premiers 50m. 

Des réminiscences de l’ex-Allemagne de l’Est 

Forcément, c’est encore plus suspect aux yeux du monde quand il s’agit d’une nageuse chinoise. «Soupçonner quelqu’un immédiatement d’avoir fait quelque chose parce que cette personne a réalisé une performance extraordinaire est triste pour le sport olympique», prévient Arne Ljunqvist, le président de la commission médicale du CIO. 

N’empêche, les performances ahurissantes de la Chinoise ont ravivé les tensions avec les Etats-Unis, pas ravis de se faire voler la vedette. La patron des coachs US de natation, John Leonard, a d’ailleurs commencé à allumer la mèche dans Le Guardian. «Dans notre sport, à chaque fois que nous voyons quelque chose ‘’d’incroyable’’, l’histoire nous montre tôt ou tard qu’il y avait quelque chose à voir avec le dopage. Ses 100 derniers mètres sont une réminiscence de quelques anciens nageurs de l’ex-Allemagne de l’Est». Pour vous faire une idée vous-même, rendez-vous mardi à 20h43 pour voir la dernière merveille chinoise à l’œuvre.