Londres 2012: Camille Muffat, programmée pour gagner

Romain Scotto, à Londres

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La nageuse française Camille Muffat, lors de sa victoire aux Jeux olympiques de Londres, le 30 juillet 2012 sur l'épreuve du 400m nage libre.
La nageuse française Camille Muffat, lors de sa victoire aux Jeux olympiques de Londres, le 30 juillet 2012 sur l'épreuve du 400m nage libre. — J.Silva/REUTERS

De notre envoyé spécial à Londres,

Il en faut vraiment beaucoup à Fabrice Pellerin pour sauter de joie. Après la course et la victoire de sa nageuse, le coach niçois n’a pas fait d’énormes vagues. Il est resté coi, savourant intérieurement la performance de sa championne, avant que deux autres de ses nageurs ne se parent d’or sur le relais un peu plus tard. «Je me suis un peu retenu après le 400m. En fait j’ai vécu un orgasme tantrique», indique le mystique coach de Muffat.

Au moment de toucher le mur d’arrivée, la deuxième Française sacrée aux Jeux après Laure Manaudou (déjà sur 400m), n’a pas non plus explosé de joie. Simplement parce que sa personnalité ne s’y prête pas. «Déjà, à la base, elle est assez pudique. Vous la verrez rarement balancer le string après une belle victoire», enchaîne Pellerin. Peut-être parce qu’elle avait intégré ce sacre depuis des mois.

Assiduité, rigueur, travail, implication

A raison de 15km d’entraînement par jour, du lundi au dimanche inclus au côté de Yannick Agnel, la Niçoise était programmée pour s’imposer à Londres. Son coach préfère le terme «préparée», pour ne pas paraître trop prétentieux et mettre en avant le travail de son élève. Cette médaille d’or, «c’est le résultat de son assiduité. Elle était appliquée. Elle a annoncé la couleur avant de venir. Elle a tout mis sur la table. Il y avait la construction de l’inéluctable. Et c’était de gagner.» Comme elle l’avait déjà fait au niveau mondial sur 200m en petit bassin à Dubaï en 2010 avant de rafler le bronze aux Mondiaux de Shanghaï sur 200 et 400m.

Toujours avec la même méthode. Assiduité, rigueur, travail, implication sont les premiers mots qui viennent dans la bouche de ceux qui tentent de présenter «la Muffe». Une jeune femme qui s’est dévouée pour atteindre son rêve, répétant souvent qu’elle tombe comme une masse en rentrant chez elle le soir. «Je ne vois jamais la fin des films», ricane-t-elle parfois. Dans ces cas là, le mieux, c’est encore de réécrire l’histoire.